Akash Network (AKT) : le vétéran du cloud décentralisé qui mise tout sur le GPU et l’IA – Analyse Fondamentale

Akash est l’un des plus anciens projets de cloud décentralisé encore actifs aujourd’hui. Lancé sur Cosmos en 2018, il s’est repositionné sur le marché du GPU et de l’IA en 2023, dans le sillage de l’explosion de la demande compute. Le 23 mars 2026, le réseau a activé un nouveau mécanisme économique, qui change la manière dont la valeur est captée par le token. Phase de transformation réussie ou pari hasardeux dans un secteur en compression ? Penchons-nous sur les éléments clés du projet pour y voir plus clair.

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    Histoire d’Akash, équipe et investisseurs

    L’histoire d’Akash commence en 2015 avec la création d’Overclock Labs, une société américaine fondée par Greg Osuri et Adam Bozanich. Les deux fondateurs viennent du monde de l’infrastructure cloud et partent d’un constat simple. Le marché du cloud computing est dominé par trois géants — AWS, Google Cloud et Microsoft Azure — qui imposent leurs prix et leurs conditions. En parallèle, des millions de serveurs à travers le monde restent largement sous-utilisés. L’idée d’Akash est de connecter cette capacité dormante à des utilisateurs qui en ont besoin, le tout coordonné par une blockchain pour éliminer le besoin d’un intermédiaire centralisé.

    Le projet est souvent présenté comme « le Airbnb du cloud computing ». Une analogie qui parle au plus grand nombre, et qui résume l’ambition de départ : transformer la capacité informatique inutilisée en marché ouvert, accessible sans KYC, sans engagement long terme, et à des prix significativement inférieurs à ceux des hyperscalers.

    Le mainnet d’Akash est lancé en septembre 2020 sur l’écosystème Cosmos. Le choix de Cosmos n’est pas anodin : il offre l’interopérabilité via le protocole IBC, une gouvernance on-chain mature, et une communauté tech particulièrement active. Akash se positionne dès le départ comme un projet d’infrastructure sérieux, pas comme un meme coin spéculatif.

    L’évolution majeure intervient en septembre 2023, lorsque Akash devient l’un des premiers protocoles décentralisés à offrir des GPU à la demande — les fameuses cartes Nvidia H100, A100 et autres RTX qui sont au cœur de la course à l’IA. Cette pivot stratégique est rendu possible par l’explosion de la demande compute liée à l’IA générative et par la libération massive de GPU post-transition d’Ethereum vers le proof-of-stake.

    Côté financement, Akash se distingue par sa frugalité. Le projet n’a levé qu’environ 4,1 millions de dollars historiquement — un montant ridiculement bas comparé aux dizaines de millions levés par certains de ses concurrents directs. Cette capital-efficiency est en réalité un atout : elle a forcé l’équipe à construire un produit viable avec des moyens limités, et elle réduit la pression vendeuse des early investors sur le token.

    Côté validation institutionnelle, Grayscale, l’un des plus gros gestionnaires d’actifs crypto au monde, a inclus AKT dans son « Top 20 High Potential Assets » pendant trois trimestres consécutifs en 2025. C’est un signal important pour les investisseurs traditionnels qui regardent le secteur avec prudence.

    La gouvernance du projet est particulièrement active : au moment de cette analyse, 143 propositions ont été soumises et 119 ont été adoptées par la communauté. C’est l’une des gouvernances les plus dynamiques de l’écosystème Cosmos, et elle structure réellement les évolutions techniques et économiques du protocole.

    Logo d’Akash – Source : X

    Comment fonctionne le réseau

    Le fonctionnement d’Akash repose sur un mécanisme assez différent de la plupart des concurrents : le système d’enchère inversée (reverse auction).

    Pour comprendre la différence, prenons un cas concret. Sur AWS ou Google Cloud, le prix d’une heure de GPU est fixé par le fournisseur. L’utilisateur prend ou laisse. Sur Akash, c’est l’utilisateur qui publie ses besoins, et ce sont les fournisseurs de GPU qui se mettent en concurrence pour proposer le meilleur prix. Concrètement, voici comment cela se passe.

    Un développeur AI veut louer un GPU H100 pendant quelques heures pour faire tourner un modèle d’inférence. Il rédige un fichier appelé SDL (Stack Definition Language), qui décrit techniquement ses besoins, type de GPU, quantité de RAM, durée, région géographique souhaitée, etc. Ce fichier est publié on-chain. Les providers (les opérateurs de GPU connectés au réseau) consultent les demandes ouvertes et proposent leurs prix. Le développeur choisit l’offre qui lui convient le mieux, pas forcément la moins chère, mais celle qui combine prix, réputation et caractéristiques techniques. Le déploiement se fait alors automatiquement via des containers Docker, dans une logique proche de Kubernetes que les développeurs DevOps connaissent bien. Le règlement se fait en AKT ou en USDC, directement on-chain.

    Cette approche présente plusieurs avantages. Le marché est transparent par nature — tout est on-chain et vérifiable via le dashboard public stats.akash.network. Il est aussi élastique — n’importe quel propriétaire de hardware peut rejoindre le réseau en tant que provider, sans accord commercial préalable. Et il est généraliste — Akash ne se cantonne pas au rendu 3D ou à l’inférence IA. N’importe quel workload conteneurisé tourne dessus.

    Cette généralité est à la fois une force et une faiblesse. Une force, parce qu’elle ouvre Akash à des cas d’usage variés. Une faiblesse, parce qu’elle empêche de construire une marque verticale forte du type Render Network sur le rendu 3D. Les cas d’usage documentés incluent Envision Labs, NodeShift, ou encore Venice.ai — un front-end LLM décentralisé qui s’appuie sur Akash pour son backend compute.

    L’autre grande caractéristique distinctive d’Akash est sa transparence radicale. Contrairement à la plupart des concurrents qui communiquent à coup de chiffres auto-déclarés et invérifiables, tout sur Akash est on-chain et lisible publiquement. Le nombre de GPU disponibles, le nombre de leases actifs, le prix moyen, l’identité des providers actifs, le revenu journalier total — tout est consultable en temps réel sur le dashboard officiel. Pour un investisseur ou un analyste, c’est un atout considérable. C’est aussi, on le verra plus loin, ce qui permet d’évaluer honnêtement l’état actuel du réseau, sans devoir se contenter de communiqués marketing.

    Qu’est ce que Akash cache sous son capot ?

    Tokenomics, écosystème et roadmap

    Allocation et un atout rare

    Le total supply d’AKT est plafonné à 388 millions de tokens. Au moment de cette analyse, le prix du token tourne autour de 0,55 dollar, ce qui place la capitalisation du projet aux alentours de 105 millions de dollars. Comme la plupart des tokens du secteur GPU DePIN, AKT a subi un drawdown très important depuis son sommet de mars 2024, autour de 7,30 dollars — soit une chute d’environ 95 %.

    Mais Akash dispose d’un atout structurel rare dans son secteur : le vesting genesis est complété à 100 %. Selon Tokenomist, plus aucun unlock n’est programmé. C’est important à souligner, parce que trois des quatre leaders du GPU DePIN (Aethir, io.net, Render) font face à une dilution structurelle massive sur les douze prochains mois. Akash, lui, ne subit plus que l’inflation codée du protocole. Pour un investisseur qui souhaite éviter la pression vendeuse mécanique liée aux unlocks, c’est un argument à prendre au sérieux.

    L’inflation codée d’Akash plafonne à 8 % par an, soit environ 23,2 millions d’AKT émis chaque année. Cette inflation rémunère les validateurs Cosmos, alimente le community pool (qui a déjà distribué plus de 7 millions d’AKT en 2025 pour soutenir des projets de l’écosystème), et finance des incitations diverses.

    Le grand virage du 23 mars 2026 : le BME

    C’est ici qu’intervient la transformation majeure récente. Avant le 23 mars 2026, Akash fonctionnait avec un simple take rate de 1 à 2 % sur chaque transaction. Concrètement, lorsqu’un développeur payait son provider en USDC, le protocole prélevait quelques centimes au passage. Le problème, c’est que cette mécanique ne renvoyait pas grand-chose au token AKT lui-même. La valeur captée par le réseau ne remontait pas aux holders. C’est ce qui a poussé la communauté à voter une refonte structurelle.

    Depuis le 23 mars 2026 et l’adoption de la Proposal #318 (version 2.0.0), Akash dispose désormais de son propre mécanisme de Burn-and-Mint Equilibrium (BME). Le principe : chaque dollar de compute payé sur le réseau déclenche un achat puis un burn d’AKT sur le marché ouvert. Plus le réseau est utilisé, plus d’AKT sont retirés de la circulation. C’est élégant, et cela aligne enfin la valeur du token sur l’activité économique réelle du protocole.

    Sur le papier. En pratique, il faut regarder les chiffres.

    Au rythme actuel, le daily compute spend sur Akash tourne autour de 2 670 dollars par jour. À ce niveau, le burn généré représente environ 1,77 million d’AKT par an. Or l’inflation codée du protocole, on l’a vu, émet environ 23,2 millions d’AKT par an. Autrement dit, le burn compense actuellement environ 7,6 % de l’inflation. Pour que le système bascule en territoire déflationniste — c’est-à-dire pour que les burns dépassent les émissions — il faudrait que l’activité économique du réseau soit multipliée par environ 13.

    C’est un objectif ambitieux. Et c’est précisément ce qui rend l’observation des prochains mois passionnante.

    Le contexte qu’il ne faut pas occulter

    Pour être tout à fait honnête avec le lecteur, il faut mentionner que le BME démarre dans un contexte de contraction opérationnelle du réseau. Sur les six derniers mois, le daily compute spend a baissé d’environ 72 %. La capacité GPU déployée est passée d’environ 702 cartes à 186. Le nombre de providers actifs est descendu autour de 54. Ces chiffres sont issus du dashboard public d’Akash et sont donc vérifiables par n’importe qui.

    Plusieurs explications cohabitent. La compression des prix du cloud centralisé sur 2025 a réduit l’avantage compétitif d’Akash sur certains workloads. Le bear market du token a réduit la rentabilité des opérateurs payés en AKT. La concurrence intra-DePIN s’est durcie avec la montée d’io.net et d’Aethir. Et le réseau est en transition technique vers son nouveau modèle économique, ce qui crée mécaniquement une période d’incertitude pour les providers.

    Sur la distribution des holders, les données on-chain montrent une concentration significative. Selon CertiK, le Major Holding Ratio atteint 62,81 % — c’est-à-dire que les principaux holders contrôlent près des deux tiers de la supply en circulation. Les top 10 holders détiennent ensemble environ 57 % du token. Cette concentration n’est pas exceptionnelle dans le secteur, mais elle mérite d’être connue avant toute décision d’investissement.

    La roadmap qui s’annonce

    Plusieurs chantiers structurants sont en cours. Le plus immédiat est l’observation du BME en conditions réelles : les 60 à 90 prochains jours diront si le mécanisme parvient à attirer suffisamment d’usage pour atteindre des seuils significatifs. Au-delà, deux annonces majeures structurent l’horizon 2026.

    D’abord, le plan Starcluster : Akash a annoncé un projet de levée Regulation D de 75 millions de dollars destinée à financer l’acquisition d’environ 7 200 GPU GB200 — la dernière génération Nvidia. Si l’opération est exécutée, elle pourrait significativement modifier l’échelle du réseau et marquer un tournant.

    Ensuite, et c’est probablement le sujet le plus délicat, le projet AEP-79 prévoit une potentielle migration de chaîne d’Akash vers un autre Layer 1, avec une cible Q4 2026. La destination n’est pas officiellement confirmée — Solana est spéculé dans la communauté mais aucune annonce officielle n’a été faite. C’est un chantier sans précédent dans le DePIN : migrer une marketplace active avec des workloads en production d’une chaîne à une autre est un exercice complexe et risqué. Le succès pourrait débloquer un écosystème plus large et plus liquide ; l’échec pourrait fragmenter la communauté et perturber le service.

    Qu’est ce qu’Akash ? – Source : Blog Officiel

    Akash, le veteran DePin

    Akash Network est un cas particulièrement intéressant à observer dans le paysage GPU DePIN. C’est probablement le projet le plus transparent du secteur — tout y est vérifiable on-chain, sans relais marketing intermédiaire. C’est aussi l’un des seuls dont le vesting genesis est intégralement complété, ce qui élimine la pression dilutive structurelle qui pèse sur la majorité de ses concurrents. Et c’est enfin l’un des plus anciens projets DePIN encore actifs, avec une équipe stable, une communauté Cosmos engagée et une gouvernance qui fonctionne réellement.

    En face, il faut être lucide. Le BME vient à peine d’être activé et démarre dans un contexte de contraction du réseau. Pour que le mécanisme prouve sa valeur, l’activité doit nettement réaccélérer. La migration de chaîne AEP-79 est un chantier sans précédent dans le DePIN — son issue conditionnera fortement la trajectoire du projet à moyen terme. Et la concurrence, qu’elle vienne du DePIN (Render, Aethir, io.net) ou des centralisés (CoreWeave, Lambda Labs, Together AI), reste extrêmement agressive.

    Ce qui fait d’Akash un cas particulier, c’est que tous les leviers de transformation sont activés en même temps : nouveau modèle économique, possible migration de chaîne, levée Starcluster pour acquérir du hardware de pointe, gouvernance qui pousse les changements. Cela crée un volume d’incertitude inhabituel — mais aussi un potentiel de bascule réelle si plusieurs de ces chantiers aboutissent dans la même fenêtre de temps.

    Côté investisseur, les six à douze prochains mois apporteront des réponses claires, dans un sens comme dans l’autre. Les indicateurs à suivre prioritairement : le daily compute spend (sortir des 2 670 dollars actuels et monter durablement au-dessus des 8 000 dollars serait un signal positif fort), le nombre de providers actifs (rebond depuis les 54 actuels), l’arrivée concrète des GPU Starcluster, et bien sûr l’avancement et la destination de la migration de chaîne AEP-79.

    Notre avis : Akash est un projet à garder très sérieusement sous le radar. Il combine probablement le meilleur profil de transparence et de propreté tokenomique du segment GPU DePIN, mais il traverse une zone de turbulences réelles dont l’issue ne fait pas consensus aujourd’hui. Le verdict définitif se jouera dans l’année qui vient. En attendant, c’est un dossier que l’investisseur méthodique a tout intérêt à comprendre en profondeur avant que le marché ne tranche dans un sens ou dans l’autre.

    À surveiller. Pas à acheter sur un mouvement de cours.

    Cette chronique synthétise les conclusions de nos recherches publiées sur cryptodeep.io.

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