La BCE freine les stablecoins en euros : un risque pour les banques ?

Euro numérique au point mort. Réunis informellement à Nicosie ce vendredi, les ministres des finances européens ont entendu deux sons de cloche radicalement opposés sur les stablecoins en euros. D’un côté, le think tank Bruegel plaide pour assouplir les règles et laisser l’Europe jouer dans la cour des grands. De l’autre, Christine Lagarde et la BCE ont opposé une fin de non-recevoir nette. Résultat : le statu quo, pendant que le dollar numérique avance.

Les points clés de cet article :

  • Les ministres des finances européens ont été confrontés à des opinions divergentes concernant les stablecoins en euros, avec un statu quo inquiétant alors que le dollar numérique progresse.
  • Le think tank Bruegel a proposé des mesures ambitieuses pour renforcer les stablecoins en euros, mais Christine Lagarde et la BCE ont rejeté ces idées par crainte d’une fragilisation du système bancaire.

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Ce que Bruegel proposait : libérer le stablecoin européen

Le scénario présenté par les économistes de Bruegel, Lucrezia Reichlin, Bo Sangers et Jeromin Zettelmeyer, était ambitieux. Pour contrer la domination écrasante des stablecoins adossés au dollar, ils proposaient d’assouplir les exigences de liquidité imposées aux émetteurs de crypto dans le cadre du règlement MiCA, et d’aller encore plus loin : donner aux émetteurs de stablecoins un accès au refinancement de la BCE, un privilège jusqu’ici réservé aux banques régulées.

L’argument de fond est solide. Les stablecoins en euros ne représentent aujourd’hui que 0,3 % de l’offre mondiale, le plus grand d’entre eux, l’EURC de Circle, pointant seulement à la 20e place mondiale. À titre de comparaison, l’offre globale de stablecoins a progressé d’un tiers l’an dernier pour atteindre 300 milliards de dollars, selon les données Artemis citées par Bruegel. L’Europe génère pourtant 38 % des transactions mondiales de stablecoins au dernier trimestre 2025, mais en dollars, pas en euros.

Le risque pointé par Bruegel est celui de la « dollarisation numérique » : une Europe qui utilise massivement des stablecoins dollar, sans jamais développer sa propre infrastructure. Une dépendance monétaire de fait, par défaut de régulation.

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Pourquoi la BCE a dit non

Lagarde et les banquiers centraux présents ont balayé la proposition sans ménagement, selon un article de Reuters sur la réunion de Nicosie. Leur argument central : quand un utilisateur achète un stablecoin, son argent quitte le bilan bancaire pour aller chez l’émetteur.

À grande échelle, ce mouvement fragilise les dépôts bancaires, renchérit le coût du financement et réduit mécaniquement la capacité des banques à prêter. Ce qui revient à affaiblir le principal canal de transmission de la politique monétaire de la BCE.

Plusieurs banquiers centraux ont aussi ouvertement rejeté l’idée de transformer la BCE en prêteur en dernier ressort pour des sociétés de stablecoins, une ligne rouge institutionnelle difficile à franchir.

Lagarde avait déjà exprimé sa préférence ce mois-ci pour une alternative : les dépôts bancaires tokenisés, qui combineraient la sécurité des comptes traditionnels avec la rapidité et la programmabilité de la blockchain, sans déplacer les dépôts hors du système bancaire.

MiCA vs GENIUS Act : l’Europe déjà en retard ?

Le contexte réglementaire international complique la position européenne. Le règlement MiCA, en vigueur depuis 2024, impose aux émetteurs de stablecoins de détenir une large part de leurs réserves en dépôts bancaires et actifs liquides, des contraintes significatives. Aux États-Unis, le GENIUS Act adopté en 2025 a délibérément choisi des exigences plus légères, conçues pour soutenir le rôle mondial du dollar via des tokens régulés adossés au billet vert.

L’écart réglementaire est donc réel, et il joue en faveur de Washington.

Cependant, du côté européen, un consortium de 37 banques réunies sous le projet Qivalis prévoit tout de même de lancer un stablecoin en euros dans le courant de l’année, dans le cadre actuel de MiCA. Une initiative à suivre, même si son périmètre reste modeste face aux géants du dollar. L’euro numérique, lui, reste prévu pour 2029 au plus tôt, une éternité à l’échelle des marchés crypto.

L’Europe détient 38 % des transactions mondiales de stablecoins. Elle en émet 0,3 %. Ce chiffre résume à lui seul le paradoxe européen : une masse d’utilisateurs, zéro souveraineté monétaire numérique. La BCE a peut-être raison sur les risques. Mais pendant qu’elle dit non, le dollar numérique dit oui, et il avance.

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