Jurisprudence FTX. Au Royaume-Uni, la Financial Conduct Authority (FCA), l’autorité de supervision des marchés financiers, vient de hausser le ton face à la Premier League (le championnat professionnel de première division) et à plusieurs clubs de football. En cause : la multiplication des partenariats noués avec des sociétés crypto dépourvues d’agrément, susceptibles d’entraîner poursuites judiciaires, soupçons de blanchiment et dégâts d’image.
- La FCA au Royaume-Uni a sévèrement averti la Premier League et plusieurs clubs quant aux partenariats avec des sociétés crypto non agréées.
- Les clubs pourraient être impliqués dans des scandales de blanchiment d’argent et subir des dégâts d’image si les sponsors crypto s’effondrent.
La FCA siffle la fin de la récréation pour les sponsors crypto
D’après le Financial Times, la FCA a directement alerté les clubs britanniques sur la nature de certains accords de sponsoring signés ces derniers mois. Plusieurs entreprises crypto opèrent ainsi sur le sol britannique sans disposer du fameux agrément exigé par le régulateur, condition pourtant indispensable à toute promotion de produits financiers auprès du grand public.
La logique du gendarme financier est simple : en affichant un logo sur un maillot ou autour d’une pelouse, un club ne se contente pas d’encaisser un chèque, il participe activement à la promotion du produit. Les clubs concernés s’exposent donc à être considérés comme complices d’une communication financière illicite, avec à la clé d’éventuelles sanctions au titre du Financial Promotions Regime, le cadre qui encadre la publicité des produits financiers outre-Manche.
Au-delà du volet juridique, la FCA pointe un risque plus diffus mais tout aussi sensible : le blanchiment d’argent. Une société crypto non régulée peut utiliser un contrat de sponsoring comme vitrine de respectabilité, voire comme courroie de transmission pour des flux d’origine douteuse. Le sport professionnel, avec ses volumes financiers considérables et sa visibilité mondiale, offre un terrain de jeu particulièrement convoité pour ce type de montages.

Blanchiment, image écornée : Un risque à plusieurs étages
S’ajoute à cela le risque réputationnel. Un sponsor qui s’effondre, un scandale d’escroquerie ou la révélation d’un schéma frauduleux peuvent durablement abîmer l’image d’un club et la confiance de ses supporters. Le précédent FTX, dont les partenariats sportifs avaient explosé en vol fin 2022 en entraînant dans leur sillage plusieurs franchises majeures, reste dans toutes les mémoires.
Pour limiter la casse, le régulateur britannique invite désormais les clubs à muscler leurs procédures de vérification avant toute signature : contrôle de l’agrément, vérification des bénéficiaires effectifs, conformité de la communication promotionnelle. Une diligence raisonnable que beaucoup pratiquaient jusqu’ici de manière inégale.
Si l’avertissement britannique se veut pédagogique, il s’inscrit dans un mouvement de fond. Depuis l’entrée en vigueur du règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets), les autorités du continent multiplient les rappels à l’ordre concernant la publicité crypto, et le Royaume-Uni a aligné son régime sur des exigences proches dès octobre 2023. Les clubs qui s’étaient habitués à des contrats généreux signés avec des plateformes exotiques découvrent désormais le revers de la médaille.
Le sponsoring crypto restera, mais à des conditions plus strictes. Les acteurs régulés, plus rares et souvent plus prudents sur leurs budgets marketing, auront moins de mal à s’imposer comme partenaires de référence, tandis que les sociétés opaques – ou simplement non régulées – verront leur accès au sport professionnel britannique se refermer. Pour la Premier League, dont la dépendance aux revenus de sponsoring continue de croître saison après saison, l’arbitrage promet d’être délicat.
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