Un homme qui incarnait la stabilité des banques centrales s’éteint au moment où une partie du monde cherche à s’en passer. Alan Greenspan, président de la Réserve fédérale américaine de 1987 à 2006, est décédé cette semaine, le 22 juin 2026 à l’âge de 100 ans des complications d’une maladie de Parkinson. Pendant près de vingt ans, il a incarné une certaine idée de la politique monétaire : celle d’une ère de croissance stable et d’inflation maîtrisée, que l’on a appelée la « Grande Modération ». Son décès intervient à un moment où une partie croissante des investisseurs et des citoyens remettent en question le modèle même des banques centrales, et regardent vers le Bitcoin comme alternative.
- Alan Greenspan, ancien président emblématique de la Réserve fédérale américaine, est décédé à 100 ans, laissant derrière lui un héritage controversé.
- Son décès survient alors que le monde financier s’interroge sur le modèle des banques centrales en faveur d’alternatives comme le Bitcoin.
La Grande Modération : triomphe et illusions
Sous la présidence de Greenspan, les États-Unis ont connu une longue période de croissance économique, de faible inflation et de stabilité financière apparente. La Fed est intervenue de manière décisive lors de crises (krach de 1987, LTCM, etc.), ce qui lui a valu le surnom de « Maestro ».
Pourtant, cette période a aussi été marquée par l’accumulation de déséquilibres : bulle internet, puis bulle immobilière. Greenspan lui-même a reconnu plus tard une « faille » dans sa vision des marchés autorégulateurs, notamment après la crise de 2008, cette même crise qui a donné l’impulsion de la création de Bitcoin à Satoshi Nakamoto.
La Grande Modération n’était donc pas seulement une période de stabilité : c’était aussi une période où les risques étaient sous-estimés et où la création monétaire abondante préparait les crises futures.

Le Bitcoin face à l’héritage des banques centrales
Le Bitcoin est né en 2009, directement en réaction à la crise financière de 2008 et aux politiques de quantitative easing qui ont suivi. Sa proposition de valeur repose précisément sur ce que Greenspan et les banques centrales ont incarné : une monnaie décorrélée des décisions discrétionnaires d’une institution centrale.
Alors que Greenspan défendait une politique monétaire active pour lisser les cycles économiques, le Bitcoin propose un système monétaire prévisible, avec une offre fixe et des règles immuables.
La mort de Greenspan symbolise donc la fin d’une époque. L’homme qui a dirigé la Fed pendant la période la plus faste de l’après-guerre s’éteint au moment où de plus en plus d’investisseurs institutionnels et d’États commencent à considérer sérieusement le Bitcoin comme une réserve de valeur alternative.
Une transition encore inachevée
Pour autant, le Bitcoin n’a pas encore supplanté le système existant. La plupart des économies restent ancrées dans le modèle des banques centrales et des monnaies fiat. Les ETF Bitcoin et l’adoption par certaines entreprises ou États restent marginaux par rapport à la taille des marchés traditionnels.
La disparition de Greenspan invite cependant à une réflexion plus large : la stabilité apparente des décennies 1990-2000 reposait sur des fondations fragiles. Le Bitcoin, avec ses propres volatilités et ses défis d’adoption, propose une réponse radicale à ces fragilités.
L’article Alan Greenspan est mort : que reste-t-il de l’ère de la « Grande Modération » à l’heure du Bitcoin ? est apparu en premier sur Journal du Coin.
