Il y a quatre ans, la Banque de Russie réclamait une interdiction totale du Bitcoin. Aujourd’hui, c’est Sberbank, premier établissement bancaire du pays, qui prépare son propre portefeuille crypto. Le genre de retournement qui, ailleurs, ferait sourire. En Russie, il s’explique surtout par la nécessité : sanctionnée, coupée d’une partie du système financier mondial, Moscou a fini par voir dans la crypto moins un danger qu’un outil.
- Sberbank, la première banque russe, a préparé un portefeuille crypto, signe d’un retournement intrigant après l’interdiction totale réclamée par la Banque de Russie il y a quatre ans.
- Ce développement, calé sur la loi « On Digital Currency and Digital Rights » attendue pour septembre 2026, ouvre la voie à des services de conservation d’actifs numériques, bien que l’utilisation des cryptoactifs comme moyen de paiement reste interdite en Russie.
Un lancement calé sur le calendrier du Kremlin
Sberbank prévoit de déployer, d’ici décembre 2026, un portefeuille crypto et un service de conservation de cryptomonnaies, directement intégrés dans ses applications Sberbank Online et SberInvestments. Le tout est suspendu à un texte précis : la loi « On Digital Currency and Digital Rights », dont l’entrée en vigueur est attendue le 1er septembre 2026.
Cette loi range les cryptoactifs dans la catégorie des instruments financiers et des « droits numériques », autorise leur trading et leur conservation par des entités agréées, mais maintient une ligne rouge : impossible de payer sa baguette en Bitcoin, l’usage comme moyen de paiement reste interdit sur le territoire russe.
Kirill Tsarev, premier vice-président du directoire de Sberbank, ne cache pas que la banque attendait ce feu vert :
« À mesure que la réglementation se précise, nous préparerons un service pour nos clients. Ce sera essentiellement un portefeuille crypto, que nous déploierons d’abord dans Sberbank Online et SberInvestments »

Sberbank ne sera pas seule sur le coup
Le détail qui change tout ? Sberbank n’ouvre pas la marche en terrain vierge. VTB et T-Bank, deux autres poids lourds bancaires russes, planchent eux aussi sur leurs propres dépositaires numériques une fois la loi en vigueur, selon RBC.
Autrement dit, l’ensemble du système bancaire russe se positionne au même moment, ce qui ressemble moins à une initiative isolée qu’à une réponse coordonnée à un signal réglementaire commun.
Le cadre reste toutefois strict pour les particuliers : les investisseurs non qualifiés seront soumis à des exigences de test et plafonnés à environ 300 000 roubles par an (autour de 3 800 dollars), et les acteurs du marché auront jusqu’au 1er juillet 2027 pour s’inscrire au registre officiel. Rien d’un Far West, donc, plutôt un marché sous surveillance rapprochée.
Ce virage ne doit rien à un enthousiasme soudain pour la décentralisation. Il s’inscrit dans une trajectoire déjà amorcée : minage crypto légalisé en 2024, régime expérimental de règlement transfrontalier pour contourner les sanctions, futures crypto désormais cotés sur la Bourse de Moscou. La crypto russe se construit ainsi moins comme un pari sur la liberté financière que comme une soupape technique, encadrée et surveillée, pour une économie qui cherche des portes de sortie ailleurs.
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Sberbank, la plus grande banque de Russie, prévoit de lancer un portefeuille crypto et un service de conservation d’actifs numériques d’ici décembre.
Les services seront intégrés à ses applications bancaires après l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi russe en septembre,…