Tout ne tient qu’à un fil. Hier, en marge du sommet de l’OTAN organisé en Turquie, Donald Trump a lâché le mot qui manquait depuis des jours : la trêve avec l’Iran est « terminée ». Quelques heures plus tard, dans la nuit du 8 au 9 juillet, l’US Central Command a lancé une seconde vague de frappes, visant cette fois environ 90 cibles : sites de stockage de missiles et de drones, systèmes de défense aérienne, réseaux de commandement et installations dans le sud de l’Iran, notamment à Bushehr et sur des îles du golfe Persique. Autant dire que cette fois, l’onde de choc ne s’est pas arrêtée aux frontières iraniennes.
- Donald Trump a déclaré la fin de la trêve avec l’Iran, menant à une vague de frappes américaines sur des cibles iraniennes stratégiques.
- Les marchés financiers ont réagi avec une hausse des prix du pétrole et une chute des indices boursiers américains, tandis que Bitcoin n’a pas joué son rôle de valeur refuge.
Le détroit d’Ormuz en Iran : un enjeu politique et économique
Cette seconde salve fait suite à une première vague, déjà frappée par plus de 80 cibles et 60 vedettes rapides des Gardiens de la révolution (IRGC) le 7 juillet, en représailles aux attaques iraniennes contre des pétroliers civils dans le détroit d’Ormuz. Pour rappel, le détroit d’Ormuz est corridor par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial. C’est le point le plus étroit de la chaîne d’approvisionnement énergétique mondiale, celui que tout trader pétrolier surveille du coin de l’œil depuis des décennies.
Résultat immédiat : le Brent a clôturé à 78,19 dollars (+5,43%), le WTI américain à 73,52 dollars (+4,37%). Comme le rapportait CBS News dans son suivi en direct du 8 juillet 2026, cette seconde salve intervient après plusieurs jours déjà tendus, marqués par la première vague de frappes du 7 juillet et des menaces iraniennes de représailles visant des bases US au Bahreïn et au Koweït. Sauf que jusque-là, l’escalade restait militaire. Elle touche désormais directement le flux physique de l’or noir. Et ça, les marchés détestent.

Wall Street encaisse, le Nasdaq fait de la résistance
Sans surprise, la Bourse américaine a plongé à l’ouverture. Le Dow Jones a terminé la séance du 8 juillet en baisse de 1,09%, à 52 348,39 points.
Le S&P 500 a limité la casse à -0,28%, autour de 7 482,71 points. Le Nasdaq Composite, lui, a carrément terminé dans le vert : +0,2%, à 25 870,65 points. Étonnant ? Pas tant que ça. La tech pèse lourd dans cet indice, et la tech n’a que faire du prix du baril tant que les data centers tournent.
Sur le terrain, les compagnies aériennes ont payé l’addition la plus salée : American Airlines a chuté de près de 4%, United Airlines d’environ 2,5%, Delta, Southwest et JetBlue ont perdu autour de 2% chacune. Logique, le kérosène suit le pétrole.
À l’inverse, le secteur énergie a fait figure de refuge : le fonds coté XLE, qui regroupe les valeurs pétrolières du S&P 500, a bondi de plus de 2% dès le pré-marché. Selon Bloomberg, qui suivait en temps réel la réaction des contrats à terme dès l’annonce de Trump, les investisseurs ont d’abord vendu massivement avant de réajuster leurs positions secteur par secteur dans la matinée.
Bitcoin, ou l’illusion de l’actif refuge qui s’effondre à nouveau
Et pendant ce temps, du côté de la crypto ? Le cours du bitcoin a glissé sous les 62 000 dollars, autour de 61 700 à 62 900 dollars selon les plateformes, soit environ 2% de recul sur 24 heures. Rien d’un krach donc.
Mais un signal net : dès que l’indice de la peur (VIX) grimpe sur les marchés actions, bitcoin suit. Pas l’inverse. L’idée d’un bitcoin « or numérique » qui se découplerait des indices en période de tension géopolitique reste, pour l’instant, un vœu pieux plus qu’une réalité de marché ,un constat déjà posé la semaine dernière dans notre analyse sur les anticipations d’inflation américaines et bitcoin.
Reste une question qui ne se réglera pas en une journée : jusqu’où l’Iran ira-t-il dans sa réponse ? Le pays a déjà promis, ces derniers jours, une riposte « écrasante » contre les intérêts américains dans la région. Si Téhéran venait à perturber durablement le trafic maritime dans le détroit, le baril pourrait grimper bien au-delà des niveaux actuels, avec un effet domino difficile à contenir sur toutes les classes d’actifs, bitcoin compris. Pour l’instant, les marchés naviguent à vue. Et cette nuit-là, tout le monde a payé le prix de l’incertitude, du pétrolier au détenteur de satoshis.
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Donald Trump déclare ne plus être certain de vouloir un accord avec l’Iran, ajoutant vouloir « terminer le travail ».