Ethereum vaut-il beaucoup moins que sa valeur réelle ? C’est en tout cas la conviction de Tom Lee, cofondateur de Fundstrat et président de la société de trésorerie BitMine, exprimée lors du New Era Finance Podcast à Paris. Alors que la deuxième blockchain mondiale affiche une capitalisation d’environ 300 milliards de dollars, l’investisseur estime qu’elle pourrait valoir entre 1 000 et 5 000 milliards de dollars dans les prochaines années, portée par la tokenisation des actifs et l’essor de l’intelligence artificielle.
Points clés
- Tom Lee juge Ethereum « grossièrement sous-évalué » à sa valorisation actuelle
- Il estime que le réseau pourrait atteindre entre 1 000 et 5 000 milliards de dollars
- L’IA, les stablecoins et la tokenisation devraient progressivement renforcer le rôle d’Ethereum
- BitMine, présidé par Tom Lee, accumule de l’ETH dans sa trésorerie
Quand les actifs traditionnels migrent onchain
Pour Tom Lee, le marché sous-estime encore le rôle qu’occupera Ethereum dans l’économie numérique. Selon lui, la tokenisation des actions, obligations, fonds, stablecoins ou encore de l’immobilier ne fait désormais plus débat : ce n’est plus une question de savoir si elle aura lieu, mais à quel rythme.
Aujourd’hui, les banques et les gestionnaires d’actifs expérimentent déjà ces infrastructures, tandis que les stablecoins connaissent une adoption record. En revanche, le véritable basculement des services financiers vers la blockchain reste encore à venir, ce qui explique en partie, selon lui, la faiblesse actuelle du cours de l’ETH.
L’investisseur estime également que le développement de l’intelligence artificielle renforcera cette tendance. Les futurs agents IA, capables de réaliser des paiements, de signer des contrats ou d’interagir entre eux, auront besoin d’une couche de confiance neutre et décentralisée. Pour Tom Lee, la blockchain constitue aujourd’hui la seule technologie capable d’assurer ce rôle à grande échelle.
Il considère d’ailleurs que la sous-performance récente d’Ethereum provient davantage d’un décalage entre les fondamentaux et le calendrier d’adoption que d’une dégradation du réseau lui-même.

Ethereum, le foncier du monde numérique
Pour illustrer sa vision, Tom Lee compare Ethereum au terrain sur lequel se construit une ville. Les applications, les protocoles ou les actifs tokenisés seraient les bâtiments ; Ethereum représente le foncier qui prend naturellement de la valeur à mesure que l’activité économique s’y développe.
Si une partie significative des marchés financiers finit par migrer sur blockchain, Ethereum deviendrait selon lui l’infrastructure de référence sur laquelle reposeraient ces nouveaux échanges. C’est ce raisonnement qui l’amène à évoquer une valorisation comprise entre 1 000 et 5 000 milliards de dollars, très supérieure aux quelque 300 milliards actuels.
Tom Lee avance également un autre argument : Ethereum bénéficie d’un avantage de maturité difficile à reproduire. Après plus de dix ans d’existence, il demeure l’une des blockchains les plus décentralisées, les plus sécurisées et les plus utilisées par les institutions financières.
Cette analyse mérite toutefois d’être nuancée. Tom Lee n’est pas un observateur neutre : il préside BitMine, une société qui accumule de l’ether dans sa trésorerie. Une forte appréciation de l’ETH profiterait donc directement à son entreprise. Reste que sa thèse dépasse son seul intérêt financier. Des acteurs comme BlackRock, Franklin Templeton ou JPMorgan multiplient déjà les expérimentations autour de la tokenisation sur Ethereum, confortant l’idée que le réseau pourrait devenir l’une des principales infrastructures de la finance numérique.
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