Plancher inédit. Seuls 32% des Américains approuvent la gestion économique de Donald Trump, un niveau qu’il n’avait jamais touché lors de son premier mandat. Pendant que la Maison-Blanche encaisse, un autre thermomètre s’affole ailleurs. Sur Polymarket, la plateforme de paris construite sur la blockchain, les traders misent chaque jour un peu plus gros sur un Congrès entièrement démocrate en 2026. Deux baromètres, une même tendance de fond.
Points clés
- L’approbation de Trump sur l’économie tombe à 32%, contre 40% au début de son second mandat
- Sur Polymarket, la probabilité d’un Congrès entièrement démocrate grimpe à 45%
- Des élus américains enquêtent déjà sur d’éventuels délits d’initiés autour de ces marchés prédictifs
32%, le chiffre qui hante la Maison-Blanche
Le sondage AP-NORC, relayé par Fortune le 2 août, ne fait pas dans la nuance. Seuls trois Américains sur dix approuvent la gestion économique du président, contre 40% au début de son second mandat. Même chez les Républicains, le soutien s’effrite : 69% aujourd’hui, contre 78% en janvier 2025.
Un sympathisant interrogé par l’agence résume l’ambiance mieux qu’aucune statistique. Il dit devoir « emprunter avant d’aller faire les courses ». Voilà qui ne ressemble à aucune promesse de campagne.
Sur Polymarket, les Démocrates rient jaune, mais rient quand même
Les cotes ne mentent pas, du moins pas de la même façon qu’un sondage téléphonique. Sur le marché « Balance of Power: 2026 Midterms », près de 7,6 millions de dollars ont déjà changé de mains.
À l’heure d’écrire ces lignes (le 3 août 2026 à 12h15), un raz-de-marée démocrate, Chambre et Sénat réunis, culmine à 45% de probabilité implicite, loin devant un Congrès partagé (Sénat républicain, Chambre démocrate) à 37%, un raz-de-marée républicain réduit à 18%, et un scénario inverse (Sénat démocrate, Chambre républicaine) quasi nul à 1,8%. Ce n’est pas un institut qui fixe ce prix. Ce sont des milliers d’inconnus qui misent leur propre argent sur ce qu’ils pensent vraiment voir arriver en novembre.
Polymarket et Kalshi, un thermomètre crypto que Washington regarde de très près
Ces plateformes n’ont rien d’un pari de comptoir. Polymarket règle ses positions en USDC (un stablecoin, une cryptomonnaie censée valoir un dollar en permanence) sur la blockchain Polygon, ce qui rend chaque transaction traçable et chaque cote vérifiable en temps réel, sans attendre le prochain coup de fil d’un institut de sondage. Kalshi, son grand rival régulé par la CFTC (le gendarme américain des marchés à terme), propose un contrat quasi identique et affiche des chiffres du même ordre.
Le Congrès s’y intéresse, et pas vraiment pour applaudir : des élus ont ouvert une enquête sur d’éventuels délits d’initiés autour de ces marchés, soupçonnant que certains parieurs en savent plus que le grand public avant même que l’information ne sorte.

Reste que sondage et marché prédictif racontent, chacun à sa façon, la même histoire. L’un capture l’humeur des ménages face aux prix à la pompe et aux courses. L’autre capture l’argent, celui que des inconnus sont prêts à risquer sur un résultat électoral encore loin d’être joué. Quand les deux pointent dans la même direction, ça vaut sans doute mieux qu’une simple coïncidence statistique. La bataille réglementaire autour des marchés prédictifs ne fait que commencer, et elle promet d’occuper Washington bien au-delà du scrutin de novembre.
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