La vérité est fille du temps. Le dossier Coldcard n’en finit plus de rebondir. Trois semaines après la première vague de vols exploitant une faiblesse dans la génération de clés de certains portefeuilles matériels, Block affirme avoir transmis aux autorités une piste solide sur l’identité de l’attaquant. Selon Clay Garrett, responsable ingénierie chez Block sur le projet Bitkey, l’attaquant de cette toute première vague, celle qui a siphonné 1 082,65 BTC et qui reste à ce jour entièrement intouchée, aurait pu être retracé grâce à un rapprochement entre les mouvements on-chain et les journaux internes d’un fournisseur de données blockchain.
- Block a transmis aux autorités une piste sur l’identité de l’attaquant après une vague de vols exploitant une faiblesse dans la génération de clés des portefeuilles matériels.
- Les 1 082,65 BTC volés lors de la première vague n’ont pas bougé, ouvrant la possibilité d’une récupération judiciaire des fonds volés.
Une enquête bâtie sur les logs d’un fournisseur de données
Souvenez vous. Le 31 juillet, Clay Garrett publiait les conclusions de l’enquête menée par Block. Selon lui, l’équipe a retracé les mouvements de l’attaquant jusqu’à un compte payant chez un fournisseur de données blockchain, dont les journaux internes correspondraient « avec une précision extraordinaire » au schéma du vol.
Une piste solide, donc, mais pas encore une certitude judiciaire. Block affirme avoir partagé ces éléments avec les autorités compétentes. Pas d’inculpation à ce stade, ni de confirmation publique d’une identité précise. Rien n’indique qu’une procédure ait été formellement engagée.
De son côté, Alex Thorn, chez Galaxy Research, continue de son côté de suivre l’ensemble des vagues par analyse de motifs on-chain et signalements volontaires de victimes. Il tempère toutefois l’estimation la plus large : les 1 816 BTC (environ 116 millions de dollars, plus de 5 200 adresses touchées depuis le 30 juillet) relèvent d’un scénario haut, contre 450 BTC directement confirmés par des déclarations de victimes et 730 BTC supplémentaires recoupés par d’autres indices.

Pourquoi cette première vague compte plus que les autres
Il faut bien comprendre que les 1 082,65 BTC de la vague 1 dorment toujours sur l’adresse de l’attaquant. Rien n’a bougé depuis. Cette immobilité ouvre une possibilité rare dans ce genre d’affaire : un clawback, c’est-à-dire une récupération judiciaire des fonds volés, encore envisageable tant que l’argent reste traçable et non blanchi.
C’est ce qui distingue ce dossier des vagues suivantes, où les BTC dérobés ont déjà commencé à circuler. Le Journal du Coin racontait début août comment la faille RNG du firmware avait permis de reconstituer hors ligne des graines insuffisamment aléatoires, vidant certaines adresses en quelques minutes à peine.
Gardons la tête sur les épaules. En effet, c’est une piste qui ne fait pas tout. Remonter jusqu’à un compte ne veut pas dire récupérer les fonds, et encore moins obtenir une condamnation. Mais pour les victimes de la vague 1, c’est la première lueur d’espoir concrète depuis fin juillet, et un signal envoyé à l’ensemble de l’écosystème des portefeuilles matériels : même une génération de clés jugée robuste peut laisser une trace exploitable, des mois plus tard, par les enquêteurs.
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