Cette fois, l’exception ne tient pas. Le Department of Justice américain scrute depuis près d’un an les pratiques du fonds de capital-risque Andreessen Horowitz, l’un des plus proches soutiens financiers de Donald Trump. L’affaire ne concerne ni la crypto ni l’IA générative en tant que telle. Elle porte sur deux sièges au conseil d’administration jugés incompatibles, un dossier presque technique qui touche pourtant un homme qui conseille le président sur la science, la technologie et jusqu’à la défense.
- Le Department of Justice américain a scruté les pratiques du fonds Andreessen Horowitz, en lien avec deux sièges jugés incompatibles au conseil d’administration.
- Marc Andreessen, proche allié de Trump, se trouve impliqué dans cette enquête, touchant aux relations entre a16z et l’administration américaine.
Section 8 du Clayton Act, la faille qui met a16z dans le viseur
Le texte visé date de 1914. La Section 8 du Clayton Act interdit à un même administrateur de siéger simultanément aux conseils de deux entreprises concurrentes dépassant certains seuils de taille, sauf exceptions limitées.
Or, Ben Horowitz, cofondateur d’a16z, siège chez Databricks. Martin Casado, partner du fonds, siège chez Fivetran. Celui-ci vient de racheter dbt Labs en juin 2026, une entreprise où Casado occupait déjà un fauteuil. Databricks vend une plateforme d’ingénierie de données et d’IA. Fivetran, lui, déplace et connecte ces mêmes données entre systèmes. Deux métiers voisins, un seul bailleur de fonds, deux administrateurs issus de la même maison. C’est ce chevauchement que le DOJ examine depuis le rachat de dbt Labs, d’après Bloomberg, qui a sorti l’information le 17 août.

Marc Andreessen, l’allié de Trump qui tombe sous la même loupe
Par ailleurs, Marc Andreessen n’est pas un investisseur ordinaire pour cette administration. Nommé au President’s Council of Advisors on Science and Technology en mars, puis au Defense Policy Board du Pentagone par le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth en juin, il affirme avoir consacré la moitié de son temps depuis 2024 à conseiller Trump, rapporte Forbes.
De fait, Bloomberg décrit a16z comme la caisse de résonance de la Maison-Blanche sur l’IA, son premier appel extérieur sur ces questions. Deux autres anciens du fonds occupent des postes stratégiques dans l’administration : Sriram Krishnan a été conseiller IA senior de la Maison-Blanche jusqu’en juin, et Scott Kupor dirige l’Office of Personnel Management, où il a œuvré aux côtés de DOGE pour réduire les effectifs fédéraux. a16z figure aussi parmi les plus gros donateurs des élections de mi-mandat. Une coïncidence bureaucratique ? Difficile à croire.
Andreessen Horowitz, une enquête qui pourrait finir en simple mise en conformité
Rien n’indique pour l’instant que ce dossier ira jusqu’aux poursuites, et les précédentes affaires ouvertes sur le fondement de la Section 8 se règlent le plus souvent par le départ discret d’un administrateur de l’un des deux conseils, sans amende ni scandale associé.
Le DOJ n’a pris aucune décision définitive. Le dossier pourrait se clore sans suite, comme la plupart de ses prédécesseurs. Mais l’ouverture même de cette enquête sur un allié aussi visible du président tranche avec l’image d’une administration qui protégerait ses proches sans exception.
a16z reste l’un des poids lourds historiques du capital-risque crypto, avec des paris de longue date sur Coinbase, Uniswap ou Solana. Rien d’anodin, dans ce secteur qu’il a largement contribué à façonner. Le fonds pèse aussi dans la bataille en cours autour du Clarity Act, la loi censée fixer qui, de la SEC ou de la CFTC, régule les actifs numériques aux États-Unis. Une enquête antitrust sur ses administrateurs IA n’aide pas Marc Andreessen à faire oublier le poids que son fonds exerce déjà sur la régulation crypto du pays.
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