MiCA : ces pays d’Europe qui attirent les géants de la crypto

Le registre CASP de l’ESMA, mis à jour le 21 août, permet de voir où les grands acteurs crypto ont obtenu leur agrément pour opérer en Europe. Derrière le classement des pays par nombre de licences, chaque juridiction présente un profil bien différent.

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Les grands acteurs se répartissent entre quelques juridictions

Le registre de l’ESMA compte 335 entrées. Une même entité peut apparaître plusieurs fois lorsqu’elle détient plusieurs autorisations.

Le Luxembourg rassemble un nombre important de grands noms. Coinbase et Bitstamp y ont obtenu leur agrément, aux côtés de Ripple Payments ou de Standard Chartered.

L’Irlande accueille plusieurs acteurs financiers internationaux. Kraken y détient deux entités, dont l’une dispose de l’autorisation d’exploiter une plateforme de négociation. Le courtier Interactive Brokers et le teneur de marché Virtu Financial figurent également au registre irlandais.

L’Autriche compte plusieurs plateformes connues du grand public. Bitpanda, Bybit et KuCoin y sont agréées.

Chypre accueille plusieurs acteurs du courtage en ligne, parmi lesquels eToro. Revolut y a obtenu une autorisation qui couvre l’exploitation d’une plateforme de négociation.

Binance reste absent du registre. La plateforme avait retiré le 24 juin sa demande d’agrément en Grèce et annoncé vouloir déposer un nouveau dossier dans un autre État membre. Aucun pays ni calendrier n’a été publiquement précisé depuis.

Le classement par pays ne suffit donc pas à comprendre la répartition des acteurs. L’agrément reste national alors que le marché est européen. Un prestataire autorisé dans son pays d’origine peut ensuite étendre ses services à d’autres États membres via le passeport européen. 

Un épargnant français peut utiliser les services d’une société agréée au Luxembourg, en Irlande ou à Malte, sans que celle-ci soit agréée en France.

Allemagne et France, deux profils très différents

Le registre de l’ESMA recense 70 entités en Allemagne et 34 en France, devant les Pays-Bas.

Une partie importante des agréments allemands concerne des banques régionales. Plus de 20 des autorisations délivrées par la BaFin visent des Volksbanken et Raiffeisenbanken, chacune agréée pour un service unique, l’exécution d’ordres.

En France, le registre fait apparaître plusieurs sociétés spécialisées dans la liquidité et l’exécution. Keyrock, Flowdesk, Aplo et Woorton y figurent. On y trouve également Coinhouse, SwissBorg, Deblock ou Circle.

Une seule entité française détient l’autorisation d’exploiter une plateforme de négociation, Paymium. Cela signifie qu’elle peut faire fonctionner un véritable marché où les ordres des acheteurs et des vendeurs se rencontrent directement. 

D’autres acteurs peuvent proposer l’achat et la vente de cryptoactifs en exécutant les ordres de leurs clients auprès d’autres plateformes ou des fournisseurs de liquidité

À l’échelle de l’Espace économique européen, seules 21 entités disposent de cette autorisation. 

La Pologne reste sans autorité MiCA

La Pologne n’a toujours pas désigné l’autorité nationale chargée de traiter les demandes d’agrément des prestataires crypto. 

Le président polonais Karol Nawrocki a opposé le 11 juin son troisième veto à la loi d’application. Les entreprises polonaises qui veulent poursuivre leurs activités sous MiCA doivent se tourner vers une autre juridiction européenne.

Le registre européen permet aussi de suivre les acteurs signalés comme non conformes. À la mi-août, il comptait 167 entrées. La CONSOB italienne en avait signalé 165 à elle seule. L’ESMA précise toutefois que ce registre n’est pas exhaustif. 

Lorsqu’un prestataire doit quitter le marché, ses clients doivent eux aussi trouver une nouvelle destination pour leurs cryptoactifs.

Dans sa déclaration du 23 juin, l’ESMA cite notamment le transfert vers un autre CASP autorisé ou vers un wallet auto-hébergé.

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Le registre de l’ESMA continuera d’évoluer au fil des nouvelles autorisations. Pour celui qui garde lui-même ses actifs, l’essentiel se joue ensuite dans la façon dont son capital est géré.

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