Près de dix ans après les transactions, les BTC n’avaient pas disparu. La police d’Avon et Somerset, dans le sud-ouest de l’Angleterre, a obtenu la confiscation de 20,21 BTC, d’autres cryptoactifs et de fonds bancaires liés à des marchés du darknet actifs entre 2016 et 2019. L’ensemble était valorisé à 1,03 million de livres, soit environ 1,4 million de dollars, au moment de l’évaluation retenue par les autorités.
- La police d’Avon et Somerset a confisqué 20,21 BTC et d’autres cryptoactifs d’une valeur de 1,03 million de livres, liés à des marchés du darknet.
- Cette saisie a été rendue possible grâce à de nouvelles ordonnances permettant de geler les portefeuilles crypto, démontrant que Bitcoin n’offre pas un anonymat absolu.
Bitcoin : Des transactions retrouvées plusieurs années après
L’unité d’enquête financière de la police, assistée par son équipe spécialisée dans la cybercriminalité, a donc retracé le parcours des fonds jusqu’à plusieurs marchés clandestins aujourd’hui fermés. Ces plateformes, dont les noms n’ont pas été communiqués, facilitaient notamment le trafic de stupéfiants et la traite des êtres humains.
La personne visée par l’enquête avait déjà été condamnée pour blanchiment d’argent, mais elle est décédée avant la fin de la procédure de confiscation, comme nous l’explique Decrypt dans son article.
Les enquêteurs se sont appuyés sur l’historique public de la blockchain Bitcoin. Chaque transaction y demeure enregistrée avec les montants transférés, les adresses utilisées et les horaires. Ces informations ne révèlent pas directement l’identité des utilisateurs, mais elles permettent de suivre les mouvements de fonds et de les rapprocher d’autres éléments recueillis pendant une enquête.
« Beaucoup pensent que les cryptomonnaies placent les actifs hors de portée des forces de l’ordre », a déclaré l’enquêteur Anthony Davis. Selon lui, la permanence des données inscrites sur la blockchain constitue au contraire une source de preuves particulièrement précieuse.
La valorisation annoncée par la police peut surprendre : avec un bitcoin proche de 80 000 dollars, les seuls 20,21 BTC vaudraient aujourd’hui environ 1,6 million de dollars. Les autorités n’ont pas précisé à quelle date le montant de 1,4 million avait été calculé, mais on n’en voudra pas aux forces de l’ordre de ne pas actualiser leurs données à chaque mouvement du bitcoin !

De nouveaux pouvoirs de confiscation pour la police britannique
Cette affaire constitue la plus importante saisie réalisée par la police d’Avon et Somerset depuis l’entrée en vigueur, en avril 2024, de nouvelles ordonnances permettant de geler les portefeuilles crypto.
Ces dispositions autorisent les forces de l’ordre britanniques, sous certaines conditions, à immobiliser puis saisir des cryptoactifs sans devoir procéder préalablement à une arrestation. Elles peuvent également transférer les fonds vers des portefeuilles contrôlés par la police et confisquer les appareils ou informations permettant d’y accéder.
La confiscation définitive a été prononcée plus tôt cette année dans le cadre du Proceeds of Crime Act, la loi britannique consacrée aux produits d’activités criminelles. Un tribunal a estimé que les avoirs concernés provenaient d’activités illégales.
Les sommes récupérées doivent désormais être réaffectées à des programmes communautaires et au financement des services de police.
Cette saisie rappelle surtout que Bitcoin n’offre pas un anonymat absolu. Son registre public ne permet pas toujours d’identifier immédiatement le propriétaire d’une adresse, mais il conserve durablement les traces financières. Des mouvements effectués en 2016 peuvent ainsi encore servir de preuves dix ans plus tard.
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