Donnez-moi un point d’appui et je soulèverai le monde. Un bon point d’appui, justement, c’est tout ce qu’il faut à une petite structure pour peser lourd. L’écart entre Strategy et BitMine illustrait déjà cette divergence au sein même des géants du secteur. Mais ce sont des noms bien moins connus qui dament le pion aux poids lourds : selon les données publiées le 1er septembre par The Block, la capitalisation cumulée des entreprises cotées détenant des cryptomonnaies en trésorerie (DAT, pour Digital Asset Treasury) atteint désormais 340 milliards de dollars, en hausse de 10 % depuis la mi-août. Un rebond réel, mais qui reste loin des 490 milliards atteints en octobre-novembre dernier, au sommet historique de Bitcoin autour de 126 000 dollars.
- La capitalisation des entreprises détenant des cryptomonnaies en trésorerie a atteint 340 milliards de dollars, en hausse de 10 % depuis mi-août.
- Des structures moins connues comme CYPH et PURR ont affiché des rendements impressionnants grâce à une participation active dans l’écosystème, dépassant largement les performances de Bitcoin.
Strategy et BitMine tiennent le rythme, les petites structures le pulvérisent
Le principe d’une DAT : acheter et conserver des cryptomonnaies pour lever des capitaux à prime, puis utiliser cet effet de levier pour acheter encore plus de jetons. Les investisseurs achètent les actions de ces sociétés en pariant que l’effet de levier amplifiera les rendements de l’actif sous-jacent. Sur ce terrain, Strategy (MSTR) et BitMine (BMNR) tiennent leur rang, en hausse respective de 30 % et 27 %, à peu près en ligne avec l’appréciation du Bitcoin et de l’Ether qu’elles détiennent. Strategy a même fait mieux que le BTC de 10 % depuis le 17 août.
Sauf que ce sont des acronymes bien moins familiers qui truste le haut du classement. CYPH, adossée au Zcash (ZEC), et PURR, adossée à l’Hyperliquid (HYPE), affichent des rendements de 142 % et 62 % quand leurs jetons sous-jacents ont grimpé de 56 % et 36 %. Un effet de levier qui, cette fois, joue à plein régime.

Un actif « productif » que Bitcoin ne peut pas offrir
La différence ne tient pas qu’au choix du jeton. Contrairement à Bitcoin, un actif que Strategy ne peut qu’accumuler passivement, certaines de ces nouvelles trésoreries participent activement à l’écosystème qu’elles financent : PURR fait tourner un validateur Hyperliquid pour peser sur la gouvernance du réseau, CYPH exploite une opération de minage qui contribue au hashrate de Zcash, et les DAT Ethereum mettent leurs jetons en staking pour sécuriser le réseau. Ce supplément de rendement, impossible à répliquer avec du Bitcoin pur, aide ces structures à faire grimper leur mNAV (la valeur de marché rapportée à la valeur nette des actifs détenus) au-dessus du pair. Une prime qui, à son tour, alimente ce que les analystes appellent un cercle vertueux d’accrétion : plus d’actions émises, plus de jetons achetés, plus de valeur créée pour l’actionnaire existant.
Reste que ce mécanisme fonctionne dans les deux sens. Zcash avait déjà affolé les marchés cette année avec un bond de près de 1 200 % en un an, porté par un engouement spéculatif que rien ne garantit de voir durer. Le jour où la marée redescendra, ce sont ces mêmes DAT à effet de levier qui encaisseront le choc le plus violemment.
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