Minuit, une porte fracturée, un couteau. Quatre personnes ont été mises en examen, soupçonnées d’avoir séquestré et agressé une femme à Taninges, en Haute-Savoie, pour lui dérober des biens et des cryptoactifs. Trois d’entre elles ont été placées en détention provisoire. La victime, qui avait réussi à échapper à ses agresseurs, souffre toujours de graves blessures six mois après les faits.
Points clés
- Quatre mises en examen, dont trois placées en détention provisoire, après la séquestration d’une habitante de Taninges le 14 mars
- Cinq interpellations menées les 7 et 8 septembre par une soixantaine de gendarmes en Île-de-France, en Isère et en Bretagne
- La France figure parmi les pays les plus touchés par les attaques physiques visant des détenteurs de cryptomonnaies
- Multisig, wallets leurres et discrétion sur son patrimoine restent les seules parades réelles à ce type d’agression
Haute-Savoie : Une femme agressée pour sa crypto
Selon les sources journalistiques, les faits se sont produits le 14 mars 2026, vers minuit. Deux individus masqués, dont l’un armé d’un couteau, se sont introduits par effraction au domicile d’une habitante de Taninges.
Ils l’ont frappée et ligotée avant de tenter de l’emmener de force dans son propre véhicule. La victime est néanmoins parvenue à s’échapper et à se réfugier chez un voisin, qui a prévenu les forces de l’ordre.
Selon la gendarmerie, elle souffrait encore de graves blessures au moment de l’annonce des interpellations, le 14 septembre. Aucun renseignement n’a été communiqué sur son identité, le montant des cryptoactifs recherchés ou l’éventuel butin emporté par les agresseurs.
Après plusieurs mois d’enquête, une opération simultanée a été menée les 7 et 8 septembre en région parisienne, en Isère et en Bretagne. Une soixantaine de gendarmes ont été mobilisés et cinq personnes interpellées.
À l’issue des gardes à vue, quatre suspects ont été mis en examen. Trois ont été placés en détention provisoire. Les autorités n’ont précisé ni leur identité ni leur rôle présumé dans l’agression.

Les agressions liées aux cryptomonnaies se multiplient
Cette affaire s’inscrit dans une progression des enlèvements, séquestrations et extorsions visant des détenteurs de cryptomonnaies ou leurs proches. Plus de 70 faits auraient été recensés en France durant les huit premiers mois de 2026 par le Parquet national anticriminalité organisée (PNACO).
En avril, le PNACO faisait déjà état de 135 faits depuis 2023, dont 47 enregistrés depuis le début de 2026. La Gendarmerie nationale souligne que ce phénomène s’est fortement développé depuis la fin de 2024, souvent avec un niveau de violence élevé. Elle évoque notamment le rôle possible de fuites de données ayant révélé l’identité et l’adresse de détenteurs de cryptoactifs.
L’enquête sur l’agression de Taninges se poursuit désormais sous l’autorité de la justice. À ce stade, aucun lien avec d’autres affaires de « cryptorapt » n’a été annoncé et le rôle précis des quatre personnes mises en examen reste inconnu. Cette nouvelle affaire confirme néanmoins que les violences liées aux cryptoactifs ne concernent plus seulement leurs détenteurs les plus visibles : leurs proches et toute personne supposée posséder des actifs numériques peuvent également devenir des cibles. Et malgré tous les efforts des forces de l’ordre, le risque n’a jamais été aussi grand.
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