Quatrième report, même refrain. Mt. Gox a de nouveau décalé d’un an la date limite de remboursement de ses créanciers, désormais fixée au 31 octobre 2027. Les victimes de l’effondrement de 2014 attendent toujours les bitcoins que la justice japonaise leur a reconnus.
L’essentiel du magot a pourtant changé de mains depuis l’été 2024. Il reste une poche de quelques dizaines de milliers de bitcoins que le marché surveille à chaque mouvement de wallet.
Points clés
- Nouvelle date butoir fixée au 31 octobre 2027, soit douze mois supplémentaires pour clore les dossiers
- Quatrième prolongation annuelle demandée par l’administrateur judiciaire depuis la première échéance de 2023
- Formalités inachevées et contrôles d’identité bloquent une partie des 127 000 ayants droit recensés
- Environ 34 000 bitcoins dorment encore sur les adresses attribuées à la succession, sur 141 686 au départ
Mt. Gox : Un quatrième report consécutif pour les créanciers
Le plan validé en 2021 fixait pourtant l’échéance au 31 octobre 2023. Depuis, elle glisse d’un automne à l’autre, 2024, 2025, 2026 et maintenant 31 octobre 2027. Cette procédure de réhabilitation civile (dont on rappellera qu’elle a imposé un remboursement en bitcoins plutôt qu’en yens au cours de 2014, décision qui a multiplié par plus de cent la valeur des créances) concerne environ 127 000 ayants droit répartis sur toute la planète.
On saluera (si l’on peut dire) la constance de l’exercice, quatre prolongations d’un an réclamées coup sur coup par le même administrateur. Nobuaki Kobayashi, nommé par le tribunal de Tokyo, affirme que les versements ont bien été menés à leur terme pour les créanciers en règle.
« Les remboursements ont été effectués auprès des créanciers qui ont accompli les procédures nécessaires, à l’exception de ceux pour lesquels les paiements n’ont pas abouti, en raison notamment de démarches inachevées. »
Nobuaki Kobayashi, administrateur judiciaire de Mt. Gox – Source : Communiqué de presse
Derrière cette formule se cache un embouteillage administratif très ordinaire : comptes bancaires clos depuis une décennie, contrôles d’identité refusés par les exchanges partenaires, successions ouvertes au décès du titulaire et créances revendues à des fonds qui doivent encore prouver leur titre.
Les versements transitent en plus par cinq intermédiaires agréés, Kraken, Bitstamp, Bitbank, SBI VC Trade et BitGo. Chacun appliquant ses propres contrôles.

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Or le stock que l’administrateur doit encore écouler a nettement fondu. Les adresses attribuées à la succession par Arkham Intelligence contiennent environ 34 000 BTC, contre 141 686 BTC au démarrage des distributions. La plateforme avait perdu quelque 850 000 bitcoins en 2014, dont 200 000 retrouvés quelques mois plus tard dans un vieux portefeuille oublié par ses propres équipes.
En juillet 2024, les premiers transferts vers Kraken et Bitstamp ont déclenché une vague de ventes anticipées qui a fait passer le bitcoin de 66 000 à 53 500 dollars en moins de deux semaines. Le scénario catastrophe s’est arrêté là. Cinq mois plus tard, le cours franchissait pour la première fois la barre des 100 000 dollars.
Une partie des créanciers a conservé ses bitcoins au lieu de les liquider, et les ETF spot américains ont absorbé sur la même période plusieurs centaines de milliers de BTC. Les 34 000 bitcoins encore immobilisés par la procédure pèsent aujourd’hui moins de 0,2 % de l’offre en circulation.
D’ici au 31 octobre 2027, Nobuaki Kobayashi devra solder les dossiers bloqués ou retourner devant le tribunal de Tokyo pour un cinquième sursis. Les créanciers servis en 2024 ont récupéré des bitcoins valorisés plus de cent fois le cours de 483 dollars retenu en 2014 pour chiffrer leurs pertes.
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