Y’a pas l’feu au lac. Alors que le bitcoin a perdu près de la moitié de sa valeur depuis son pic d’octobre 2025, une inquiétude continue d’agiter les portefeuilles institutionnels : l’informatique quantique. Pourtant, selon un rapport majeur publié par CoinShares ce vendredi 6 février 2026, la menace « existentielle » souvent brandie par certains analystes serait en réalité un défi technique gérable à long terme.
- Le Bitcoin a perdu près de la moitié de sa valeur depuis son pic d’octobre 2025, ravivant les craintes autour de l’informatique quantique.
- Un rapport de CoinShares a révélé que seuls 10 200 BTC pourraient réellement secouer le marché si compromis par une attaque quantique.
Seuls 10 200 BTC pourraient réellement perturber le marché
Le rapport de CoinShares, dirigé par Christopher Bendiksen, s’attaque aux estimations alarmistes circulant depuis le début de l’année. Là où des études affirment que 20 % à 50 % des bitcoins sont vulnérables, l’analyse apporte une nuance de taille. Environ 1,6 million de BTC dorment sur des adresses « legacy » (P2PK) dont la clé publique est visible, mais sur ce montant, seuls 10 200 BTC sont détenus dans des portefeuilles assez volumineux pour provoquer une véritable onde de choc sur les cours s’ils étaient compromis.
Le reste des fonds est dispersé sur plus de 32 000 adresses contenant en moyenne 50 BTC. Pour un ordinateur quantique, « craquer » chaque adresse individuellement prendrait un temps colossal, rendant l’attaque systémique peu rentable et techniquement épuisante.

Un saut technologique encore lointain pour les attaquants au Bitcoin
Inverser une clé publique de Bitcoin en moins d’une journée nécessiterait une machine dotée de 13 millions de qubits physiques, une puissance 100 000 fois supérieure aux capacités actuelles de Google Willow. Charles Guillemet, CTO de Ledger, précise d’ailleurs que chaque qubit ajouté augmente exponentiellement la difficulté de maintenir la stabilité du système.
Le consensus scientifique place donc une menace réelle à au moins une décennie. L’adoption prématurée de solutions drastiques, comme le « burn » des pièces vulnérables ou des forks précipités, est fermement rejetée. De telles mesures violeraient le principe fondamental du droit de propriété. La stratégie recommandée reste une migration graduelle vers des signatures post-quantiques, une évolution défensive que le réseau est tout à fait capable d’absorber le moment venu.
L’analyse de CoinShares souligne enfin que le véritable danger ne réside pas dans la technologie elle-même, mais dans la réaction émotionnelle des marchés. En 2026, le Bitcoin a prouvé sa résilience face à des crises bien plus immédiates que l’ordinateur quantique. Plutôt que de céder au FUD (peur, incertitude et doute), les investisseurs institutionnels devraient voir dans ce défi une simple étape de maintenance technique à venir, comparable aux mises à jour majeures du passé comme SegWit ou Taproot.
L’article Bitcoin et menace quantique : Pourquoi le risque est largement surestimé est apparu en premier sur Journal du Coin.
