La main dans le sac. L’année 2026 marque un tournant dans la lutte contre la corruption technologique en Chine. Alors que le pays maintient une position dominante dans le minage de Bitcoin, les autorités de Pékin ont dévoilé une affaire de corruption sans précédent impliquant l’usage de cryptomonnaies au sein même des instances de régulation financière. L’arrestation et la confession de Yao Qian, ancien directeur du département de supervision technologique de la Commission chinoise de réglementation des valeurs mobilières (CSRC), illustrent la fin de l’impunité pour la « corruption cachée sur la blockchain ».
- L’année 2026 a marqué une rupture historique dans la lutte contre la corruption technologique en Chine, révélant une affaire sans précédent.
- L’arrestation de Yao Qian a illustré comment la transparence de la blockchain est devenue une arme redoutable contre la corruption.
La chute d’un expert : quand la blockchain trahit son maître
Yao Qian n’était pas un cadre ordinaire : ancien directeur de l’Institut de recherche sur les monnaies numériques de la Banque populaire de Chine (PBoC), il était considéré comme l’un des cerveaux derrière le yuan numérique. En janvier 2026, un documentaire télévisé intitulé « Never stop, never back down » a révélé les détails de sa chute. Profitant de sa position, il aurait perçu des pots-de-vin massifs sous forme de cryptomonnaies, notamment 2 000 Ethereum (ETH) en 2018, pour aider une entreprise à lancer son projet de levée de fonds (ICO).
Malgré l’utilisation de portefeuilles matériels (hardware wallets) dissimulés dans ses tiroirs et de comptes bancaires « prête-noms », les enquêteurs ont utilisé la nature publique de la blockchain pour remonter la trace des fonds. En traçant le flux de 370 ETH convertis en 10 millions de yuans (environ 1,4 million de dollars) pour l’achat d’une villa de luxe à Pékin, le bureau anti-corruption a pu démontrer que la transparence du registre décentralisé est, selon leurs termes, une « arme à double tranchant » qui a fini par confondre l’expert.

La Chine entre répression et ambition : l’ombre du Bitcoin à 150 000 $
Cette affaire de corruption éclate alors que le marché des cryptomonnaies connaît un regain d’activité spectaculaire en ce début d’année 2026. Les analystes chinois, cités par le média Baidu, prévoient même un objectif de 150 000 $ d’ici la fin de l’année, stimulés par une demande institutionnelle mondiale.
Parallèlement à la lutte contre la corruption, la Chine demeure un acteur systémique du réseau. Malgré les interdictions théoriques de 2021, les mineurs chinois représentent toujours environ 20 % du hashrate mondial, après avoir connu une poussée à 35 % en septembre 2025.
Cette résilience technologique permet à la Chine de rester au centre de l’échiquier numérique mondial, oscillant entre une surveillance intérieure impitoyable des flux financiers et une exploitation pragmatique de la puissance de calcul nécessaire à la sécurisation du réseau Bitcoin.
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L’affaire Yao Qian prouve qu’en 2026, la Chine possède désormais les outils techniques pour percer l’anonymat des actifs numériques, transformant la blockchain en un outil de preuve judiciaire infaillible. Pékin envoie ainsi un message clair : le pays accompagnera l’évolution technologique de la finance mondiale, mais ne tolérera aucune zone d’ombre permettant d’échapper au contrôle de l’État.
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