L’économie à la loupe. La Réserve fédérale a publié en janvier 2026 son dernier Beige Book, un document de référence qui synthétise la santé économique des douze districts américains. Ce rapport, préparé cette fois par la Fed de Richmond, révèle une amélioration de l’activité globale, bien que le paysage reste marqué par des disparités sociales et de nouveaux défis liés aux coûts d’importation. En voici les grandes lignes.
- La Réserve fédérale a publié en janvier 2026 son dernier Beige Book, révélant une amélioration de l’activité économique malgré des disparités sociales et des défis liés aux coûts d’importation.
- L’activité économique a progressé dans huit districts sur douze, soutenue par la consommation haut de gamme, mais a révélé un fossé de consommation croissant entre les ménages à hauts et bas revenus.
Comprendre le Beige Book et le système de la Fed
Le Beige Book est bien plus qu’un simple rapport statistique, c’est un outil qualitatif essentiel pour la politique monétaire américaine. Publié huit fois par an, il regroupe des témoignages directs de dirigeants d’entreprises et de leaders communautaires. Contrairement aux données brutes souvent décalées, ce rapport permet d’identifier les tendances émergentes « du terrain vers le sommet ».
Cette structure s’appuie sur l’organisation unique de la Fed :
- Le Conseil des gouverneurs à Washington définit les grandes orientations.
- 12 banques de Réserve (Boston, New York, San Francisco, etc.) prennent le pouls de leurs régions respectives.
- Le FOMC utilise ces données pour ajuster les taux d’intérêt, visant le plein emploi et la stabilité des prix.

Économie : : Une croissance portée par la consommation haut de gamme
En janvier 2026, l’activité a progressé dans huit districts sur douze, marquant un net progrès par rapport aux cycles précédents de stagnation. Ce dynamisme a été largement porté par la période des fêtes, mais révèle un « fossé de consommation » croissant. Les ménages à hauts revenus ont soutenu les secteurs du luxe, du voyage et du tourisme, tandis que les ménages à revenus faibles et modérés, « de plus en plus sensibles aux prix », ont restreint leurs dépenses au strict nécessaire.
Cette dualité se retrouve dans les autres secteurs : l’immobilier résidentiel et les ventes automobiles s’essoufflent dans la majorité des régions. En revanche, le secteur bancaire montre des signes de stabilité, porté par une demande accrue de crédits à la consommation et de prêts commerciaux. L’industrie manufacturière, quant à elle, reste très hétérogène, avec une contraction notée dans six districts (notamment Chicago et Minneapolis) et une croissance dans cinq autres.

Travail, intelligence artificielle et pressions sur les prix
Le marché de l’emploi est resté stable, mais la gestion de la main-d’œuvre évolue. Les entreprises privilégient le remplacement des postes vacants plutôt que la création de nouvelles positions. Pour maintenir leur flexibilité, de nombreux employeurs rapportent un recours accru aux travailleurs temporaires. Les salaires, après des périodes de forte hausse, semblent être revenus à des niveaux de croissance jugés « normaux ».
Deux thématiques majeures dominent enfin ce rapport :
- L’émergence de l’IA : Les entreprises commencent sérieusement à explorer l’intelligence artificielle pour améliorer la productivité. Si l’impact sur l’emploi est pour l’instant limité, les acteurs économiques prévoient des changements structurels profonds dans les années à venir.
- L’impact des droits de douane supplémentaires : Un thème récurrent dans tous les districts est la pression sur les coûts due aux « tarifs douaniers ». Alors que les stocks anciens s’épuisent, les entreprises commencent à répercuter ces coûts sur les clients pour préserver leurs marges. Les secteurs de la restauration et du détail sont les plus hésitants, craignant de perdre une clientèle déjà fragilisée.
Le rapport de janvier 2026 dépeint une Amérique résiliente mais prudente. Si l’activité s’améliore, l’inflation persistante des coûts (énergie, assurances, tarifs) et la sensibilité accrue des consommateurs modestes créent une incertitude. Les dirigeants restent « modérément optimistes », mais l’évolution de la consommation et la gestion des nouveaux coûts d’importation seront les variables clés à surveiller pour le prochain cycle. Rendez-vous en mars pour le prochain Beige Book.
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