Il faut sauver le soldat Exaion. Après les révélations d’une clause entre Mara et Bercy interdisant à EDF de miner du Bitcoin pendant deux ans, le paysage numérique et énergétique français est en ébullition. Cette autorisation confidentielle de la Direction générale du Trésor entérine le rachat de 64 % d’Exaion, la filiale blockchain d’EDF, par le géant américain Mara Holdings. Cette décision a immédiatement déclenché une « union sacrée » des oppositions, dénonçant un abandon de souveraineté stratégique au profit des intérêts d’outre-Atlantique. Qui aurait cru que ce serait Bitcoin qui unirait les extrêmes de l’échiquier politique français !
- Une clause secrète entre Mara et Bercy a interdit à EDF de miner du Bitcoin pendant deux ans, provoquant un choc dans les milieux numériques et énergétiques français.
- L’accord de vente d’Exaion à Mara a suscité une levée de boucliers politique, unissant des oppositions de tout l’échiquier français dans une dénonciation virulente.
Un accord « gagnant-perdant » et la paralysie programmée d’EDF
Si Bercy affiche une volonté de contrôle en imposant le maintien des emplois en France et la nomination d’un dirigeant garant des intérêts nationaux, les coulisses de l’accord révèlent cependant une concession de taille. L’État a validé une clause de non-concurrence de deux ans qui interdit formellement à EDF d’exercer toute activité de calcul haute performance (HPC) ou de minage de Bitcoin de manière indépendante.
Cette mise hors jeu forcée intervient alors que le réseau électrique français est en situation de surcapacité. Le minage de Bitcoin est pourtant reconnu comme un outil de flexibilité exceptionnel, capable d’absorber les surplus de production nucléaire et de s’effacer instantanément en cas de pic de demande pour stabiliser le réseau. En neutralisant son propre champion national, la France offre à Mara un « avantage concurrentiel massif » et lui laisse le champ libre pour verrouiller un marché énergétique et numérique de plus en plus crucial.

Une levée de boucliers politique sur l’ensemble de l’hémicycle à propos d’Exaion
L’autorisation du Trésor a aussitôt agi comme un détonateur, provoquant des réactions d’une virulence rare. Les réseaux sociaux sont devenus le théâtre d’une dénonciation unanime de ce qui est perçu comme un bradage de nos atouts industriels :
- LFI (Jean-Luc Mélenchon et Manuel Bompard) : Ils crient à la « trahison ». Jean-Luc Mélenchon a invoqué l’article 411-6 du Code pénal, estimant que livrer de tels fichiers et procédés informatisés à une organisation étrangère « porte atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ».
- RN (Marine Le Pen) : Elle a fustigé une « forfaiture » et le double discours des autorités qui, selon elle, « cèdent nos actifs dans l’ombre ». Elle appelle à la création urgente d’un fonds souverain pour rendre les Français actionnaires de leurs entreprises stratégiques.
- LR (David Lisnard) : Il s’insurge contre l’impossibilité pour EDF de valoriser ses surplus électriques. Il rappelle que le minage flexible est un levier de décarbonation déjà éprouvé au Texas, et regrette que la France se « lie les mains » par faiblesse diplomatique.
L’affaire Exaion marque un tournant historique : le minage de Bitcoin est désormais traité comme une infrastructure d’État hautement stratégique par l’ensemble de la classe politique. En validant cet accord contraignant, le gouvernement s’expose donc à un long procès en désindustrialisation numérique et énergétique. Reste à savoir si le droit de regard renforcé de l’État suffira à contenir les ambitions de Mara ou si la France vient de céder les clés d’une partie de son futur souverain. En tout cas, l’union sacrée autour de Bitcoin est décrétée, et ça, c’est une nouvelle aussi surprenante que réjouissante.
L’article Exaion, Mara et minage de Bitcoin : Un scandale qui met d’accord la gauche et la droite en France est apparu en premier sur Journal du Coin.
