Scandale au fisc. L’administration fiscale est au cœur d’une affaire de compromission grave touchant la sécurité de plusieurs citoyens et investisseurs. Une ancienne employée du centre des impôts de Bobigny, Ghalia C., est accusée d’avoir mis ses accès professionnels au service du crime organisé. L’enquête révèle que ses recherches ne se limitaient pas à des règlements de comptes privés, mais visaient également des profils financiers spécifiques, notamment dans le secteur des actifs numériques.
- L’administration fiscale a été compromise par une ancienne employée, utilisant ses accès pour servir le crime organisé.
- Ghalia C. a été impliquée dans un réseau ciblant des investisseurs en cryptomonnaie et des personnalités publiques, mettant en lumière la vulnérabilité des données étatiques.
Un système de renseignement au profit de malfaiteurs
L’affaire a débuté après l’agression violente d’un surveillant de la prison de la Santé à son domicile de Montreuil, en septembre 2024. Les investigations ont rapidement démontré que les agresseurs disposaient de l’adresse précise de la victime, obtenue grâce à une consultation illicite du logiciel de l’administration fiscale baptisé « Mira ». Ghalia C., qui travaillait alors à la fiscalité des entreprises, est identifiée comme l‘auteure de ces recherches.
Le profil de l’agente a d’ailleurs immédiatement alerté les enquêteurs du service départemental de police judiciaire de Seine-Saint-Denis, nous raconte Le Parisien. Déjà condamnée pour avoir remis des stupéfiants à des détenus par le passé, elle entretenait des liens étroits avec le milieu carcéral. En examinant son matériel informatique et ses comptes bancaires, les policiers ont découvert des dépôts de fortes sommes en numéraire et des transferts via Western Union, suggérant une rémunération pour la transmission d’informations confidentielles à un tiers resté anonyme.

Le ciblage spécifique des investisseurs en cryptomonnaie
L’analyse de l’historique de recherche de la fonctionnaire a révélé une dimension plus large du réseau. Sur son poste de travail, les enquêteurs ont retrouvé des traces de consultations concernant des personnalités publiques, dont le milliardaire Vincent Bolloré, mais surtout des « spécialistes et investisseurs en cryptomonnaie ». Ce type de profil intéresse particulièrement le crime organisé pour des opérations d’extorsion ou de vol de clés privées, souvent qualifiées d’attaques « au marteau » (agressions physiques visant à obtenir des codes d’accès).
Lors de son audience devant la chambre de l’instruction de Paris ce lundi, l’agente a reconnu « avoir transmis des informations », tout en niant connaître les intentions violentes du commanditaire. Cependant, son refus de livrer les codes de son téléphone et l’identité de ses contacts a conduit la justice à prolonger son incarcération. Elle est également mise en cause dans une procédure similaire à Nancy, impliquant d’autres intimidations de fonctionnaires, confirmant ainsi l’existence d’un réseau structuré exploitant les failles humaines de l’administration fiscale.
Cette affaire souligne la vulnérabilité des données personnelles détenues par l’État face aux méthodes de l’ingénierie sociale et de la corruption. Pour les investisseurs en cryptomonnaie, ce précédent illustre un risque nouveau : celui d’un ciblage physique facilité par des accès frauduleux aux fichiers régaliens. La justice tente désormais de déterminer si d’autres agents ont pu être corrompus par le même commanditaire pour alimenter ce répertoire de cibles potentielles.
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