Crypto is politic. Le bras de fer entre Moscou et les plateformes crypto s’intensifie sur fond de conflit armé. Le bureau du procureur général de Russie a officiellement désigné WhiteBIT comme une organisation « indésirable ». Cette mesure radicale interdit de fait toute activité de la plateforme sur le territoire russe, l’accusant de fournir un soutien financier et technique direct aux forces armées ukrainiennes.
- Le conflit entre Moscou et les plateformes de cryptomonnaies a atteint un nouveau sommet avec la désignation de WhiteBIT comme organisation « indésirable » par la Russie.
- WhiteBIT, malgré cette sanction, a transformé ce bannissement en un atout stratégique, en renforçant sa position pro-occidentale et accélérant sa croissance internationale.
Une rupture totale consommée depuis le début de l’invasion
Pour la Russie, le grief est clair : WhiteBIT aurait transféré environ 11 millions de dollars pour financer la défense de l’Ukraine, notamment pour l’achat de drones. Ces chiffres coïncident avec les données publiques de l’échange, basé en Lituanie, qui affiche son soutien à Kiev depuis 2022. La plateforme a notamment fourni l’infrastructure technique de United24, l’initiative de collecte de fonds lancée par le président Volodymyr Zelensky.
Toutefois, cette annonce russe ressemble davantage à une formalité politique qu’à un choc économique réel pour l’entreprise. Dès le début du conflit, WhiteBIT avait pris les devants en coupant tout lien avec la Russie et la Biélorussie, supprimant les paires de trading en rouble. Cette décision radicale avait entraîné à l’époque la perte de 30 % de sa base d’utilisateurs, mais aujourd’hui, la direction affirme ne plus avoir aucune activité commerciale ni aucun client sur le sol russe.

Une expansion mondiale de la plateforme crypto par un positionnement pro-occidental
Loin d’être affaiblie par les sanctions du Kremlin, WhiteBIT utilise ce bannissement comme un gage de transparence et de conformité auprès des régulateurs mondiaux. Un porte-parole de l’échange a déclaré que cette décision de la Russie était la « confirmation la plus évidente de la position pro-ukrainienne claire et constante de l’entreprise », transformant une sanction politique en un coup de pub sur les marchés occidentaux.
L’année 2025 a d’ailleurs marqué une accélération du déploiement international de la plateforme, avec un lancement réussi sur le marché des États-Unis et une expansion en Australie, en Argentine et au Brésil. En parallèle, WhiteBIT a consolidé son rôle diplomatique en signant un mémorandum avec le ministère ukrainien des Affaires étrangères pour soutenir les services consulaires à l’étranger, prouvant que la crypto-finance est désormais un outil de souveraineté à part entière.
Le bannissement de WhiteBIT illustre la fragmentation croissante de l’écosystème crypto mondial, désormais aligné sur les blocs géopolitiques. En choisissant son camp dès 2022 au prix d’une part importante de son chiffre d’affaires, l’échange a réussi son pari : s’éloigner d’un marché russe isolé pour devenir un acteur majeur des marchés régulés. Cette affaire souligne que dans le Web3 de 2026, la neutralité est devenue une option de plus en plus difficile à tenir pour les grandes plateformes.
L’article La Russie bannit la plateforme crypto WhiteBIT : Moscou sanctionne le soutien à l’Ukraine est apparu en premier sur Journal du Coin.
