Entre la révélation d’une attaque à Juilly et les interpellations à Lyon, qui auraient visé, selon les dernières informations, le PDG de Binance France, la vague de violences liées aux cryptomonnaies ne s’apaise pas, amplifiée par DAC8 et les fuites de données récurrentes.
L’époque où le risque pour un détenteur de Bitcoin se résumait à une bougie rouge sur un graphique semble appartenir au passé.En effet, les faits survenus ces dernières 48 heures, entre la révélation d’une séquestration traumatisante en Seine-et-Marne et une arrestation musclée par la BRI à Lyon, confirment une tendance lourde.
Avec plus de 30 cas recensés depuis 2017, dont plus de 20 pour la seule année 2025, la France est désormais qualifiée d’« épicentre » des rapts crypto. Cette crise sécuritaire unique est le fruit d’un cocktail explosif. La perte d’anonymat imposée par la directive DAC8 et des fuites de données à répétition désignent les cibles aux « crypto-braqueurs ».
- La menace sur les détenteurs de Bitcoin en France a pris une tournure violente et physique avec une série de rapts inquiétants, dont un home-jacking traumatisant en Seine-et-Marne.
- L’arrestation de jeunes « crypto-braqueurs » à Lyon, en possession d’armes, met en lumière l’attrait du grand banditisme pour les investisseurs crypto, exacerbée par des fuites de données et une nouvelle législation fiscale.
Juilly : une famille victime d’une séquestration
La nouvelle, révélée par RTL le 10 février, illustre le modus operandi désormais classique des commandos crypto. Le vendredi 6 février 2026, au petit matin, au moins cinq individus cagoulés et gantés sont entrés par effraction dans un pavillon à Juilly, en Seine-et-Marne.
D’après les informations confirmées par le procureur de Meaux, les agresseurs n’étaient pas là pour les bijoux ou l’argenterie. La cible était clairement identifiée : le père de famille, détenteur de crypto-actifs. Pendant que la mère était maintenue au sol par le cou et que leur fille de 20 ans était isolée dans une autre pièce, le quinquagénaire a subi des menaces directes avec une clé et un tournevis.
L’objectif ? Obtenir les codes de sa clé sécurisée Ledger pour un virement immédiat. « Rien ne semble pouvoir arrêter la vague de kidnappings », note d’ailleurs RTL. Dans ce cas précis, le home-jacking a partiellement échoué. Les malfaiteurs sont repartis avec des ordinateurs et des téléphones, la transaction n’a pu être finalisé. L’enquête, confiée à la police judiciaire de Villeparisis, tente de déterminer comment ce profil a été identifié.
Arrestations à Lyon : La BRI Intercepte un commando de « Crypto-Braqueurs »
En parallèle, le 12 février 2026, la tension est montée d’un cran à la gare de Lyon Part-Dieu. Selon Le Progrès, trois jeunes hommes âgés de 18, 20 et 21 ans y ont été interpellés par la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI).
Le trio était suivi depuis Paris par la Brigade de Répression du Banditisme (BRB). Quelques heures plus tôt, ils auraient tenté d’enlever des cibles à Saint-Mandé (Val-de-Marne) et Vaucresson (Hauts-de-Seine). L’un des suspects dissimulait un pistolet automatique de calibre 7.65 dans sa chaussette, chargé mais non armé.
L’amateurisme apparent des agresseurs n’enlève rien à la gravité du choc : selon les dernières informations de RTL, le commando interpellé à Lyon visait potentiellement le PDG de Binance France. Jeudi 12 février, vers 7h du matin, les trois hommes armés ont fait irruption dans un immeuble du Val-de-Marne, se trompant d’étage et séquestrant un voisin pour tenter de localiser l’appartement du dirigeant. Malgré l’absence de la cible, ils ont fouillé le domicile avant de prendre la fuite, prouvant que même les figures de proue du secteur ne sont plus à l’abri dans leur intimité.
La traque ne s’est pas arrêtée là. Moins de deux heures après l’intrusion chez le patron de Binance, le trio frappait à Vaucresson (Hauts-de-Seine), assénant des coups de crosse à une habitante. Là encore, une erreur d’adresse grotesque a sauvé la mise à leur véritable cible : un entrepreneur crypto local nommé « Stéphane ».
Recrudescence des rapts : Un problème systémique Français
Il ne s’agira pas ici de lister de manière sordide les différentes attaques qui ont eu lieu récemment. Mais plutôt de comprendre pourquoi la France est devenue première en la matière. L’argument numéro un étant que le passage à l’acte des criminels est facilité par une visibilité sans précédent sur le patrimoine des Français.
Le Rôle de DAC8 : Le danger européen face aux agressions crypto
La directive européenne DAC8, effective depuis le 1er janvier 2026, impose désormais aux plateformes (CASP/PSAN) de rapporter automatiquement l’identité, les soldes et les transactions aux fiscs nationaux. Si l’objectif affiché est la lutte contre la fraude, cette mesure crée une vulnérabilité inédite. De fait, la centralisation de listes précises de « riches crypto » accessibles à des milliers d’agents.
D’ailleurs, l’actualité récente a prouvé que l’administration elle-même peut être poreuse. Une ancienne employée du centre des impôts de Bobigny a été mise en examen pour avoir vendu des informations confidentielles au crime organisé au début de l’année 2026. En utilisant ses accès professionnels, elle ciblait spécifiquement des investisseurs en actifs numériques pour le compte de commanditaires cherchant à orchestrer des extorsions physiques.
Et c’est là tout le paradoxe actuel. Plus l’État exige de transparence pour sécuriser les recettes fiscales, plus il expose les citoyens à des attaques physiques.

Fuites de données :le fléau français
Si Waltio a cristallisé l’attention médiatique en janvier 2026 suite à l’exposition de 50 000 bilans fiscaux par le groupe ShinyHunters, il n’est que la partie émergée d’un iceberg bien plus vaste. Le véritable danger pour l’investisseur français réside dans le recoupement de fuites massives et répétées qui, mises bout à bout, agissent comme un véritable radar pour le crime organisé.
Un catalogue alimenté par tous les secteurs :
- Les piliers de l’écosystème : Du breach historique de Ledger en 2020 (1 million d’emails et téléphones) à celui de Bybit en 2025, les coordonnées des détenteurs circulent sur le Dark Web depuis des années. Et nombreux sont les acteurs tiers qui se sont fait hacker dans ce sens.
- La porosité des institutions et services : Les récents leaks massifs touchant des géants comme Free, mais aussi des organismes régaliens tels que l’Urssaf, le Ministère des Sports permettent aux malfaiteurs de lier une identité numérique à une adresse physique réelle.
L’appel à l’action est double : Il est Institutionnel. Le Pnaco et le Ministère de l’Intérieur doivent démanteler ces réseaux organisés avant que la « psychose » ne provoque un exode massif des talents et des capitaux. Il est aussi individuel : La vigilance doit être absolue. Utilisation de multisig, discrétion sociale totale (OpSec), et recours à des solutions d’anonymisation légales pour protéger sa vie privée.
SEAL 911, le SAMU des cryptomonnaies
Face à cette menace qui franchit désormais le seuil de l’intimité, la communauté crypto s’organise. Si les mesures d’hygiène numérique (clés Ledger, anonymisation, discrétion) sont indispensables, elles ne suffisent pas toujours face à l’imprévu.
C’est ici qu’interviennent des initiatives de sécurité solidaire comme SEAL 911. Conçu par des experts en sécurité blockchain (dont des figures de chez Paradigm et MetaMask), SEAL 911 est un protocole d’urgence qui permet à n’importe quel utilisateur, victime d’un hack imminent ou d’une menace sur ses fonds, d’entrer en contact direct et immédiat avec des « white-hats » (hackers éthiques).
Contrairement aux services clients classiques, SEAL 911 fonctionne comme un véritable SAMU de la crypto. En cas de situation critique, ces experts peuvent vous aider à sécuriser vos actifs en temps réel ou à neutraliser une attaque en cours.
L’article Patron de Binance France visé, 3 arrestations musclées : La série noire des crypto agressions continue en France est apparu en premier sur Journal du Coin.

Une famille a été violemment séquestrée le 6 février à Juilly en Seine-et-Marne par des malfaiteurs cherchant à extorquer des bitcoins au père, avant de repartir sans crypto mais avec du matériel électronique.