Le torchon brûle. Le dimanche 11 janvier 2026, le président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell, a publié une déclaration d’une gravité sans précédent. Il y révèle que le département de la Justice (DOJ) a émis des citations à comparaître devant un grand jury, menaçant la Fed d’une inculpation pénale. Cette offensive judiciaire marque un point de rupture historique dans les relations entre la Maison-Blanche et l’institution chargée de la politique monétaire américaine.
- Jerome Powell a révélé que la Fed fait face à une menace d’inculpation pénale par le département de la Justice, marquant une rupture historique avec la Maison-Blanche.
- La situation pourrait entraîner une crise constitutionnelle majeure, remettant en cause l’indépendance de la politique monétaire américaine.
Des accusations pénales comme prétexte politique
L’enquête du département de la Justice porte officiellement sur un témoignage de Jerome Powell devant le Sénat en juin dernier, concernant un projet pluriannuel de rénovation des bâtiments historiques de la Réserve fédérale. Cependant, pour le président de la Fed, ces poursuites ne sont qu’une manœuvre de diversion. Jerome Powell affirme que les accusations de « mauvaise gestion ou de manque de transparence sur ces travaux » sont des « prétextes » destinés à masquer la véritable source du conflit.
Selon lui, cette menace d’inculpation est la conséquence directe du refus de la Fed de plier devant les exigences économiques du président Trump et il a tenu à défendre l’indépendance de son institution. Pour le patron de la Réserve fédérale, elle est le « socle de la stabilité financière du pays » :
« Il s’agit de savoir si la Fed pourra continuer à fixer les taux d’intérêt en fonction des preuves et des conditions économiques — ou si la politique monétaire sera dirigée par la pression politique ou l’intimidation »
Jerome Powell, Statement from Federal Reserve Chair – Source : Reserve fédéral US

Jerome Powell défend l’indépendance monétaire face à l’exécutif
Jerome Powell a ensuite rappelé qu’il a servi sous quatre administrations différentes, tant républicaines que démocrates, en se concentrant exclusivement sur le double mandat de la Fed : la stabilité des prix et le plein emploi. En s’adressant directement au peuple américain, il a souligné que le service public exige parfois de rester ferme face aux menaces, même lorsque celles-ci proviennent du sommet de l’État.
Cette escalade judiciaire intervient dans un climat de tension extrême, où l’administration actuelle multiplie les critiques contre la politique de taux élevés de la Fed. En brandissant la menace pénale, le pouvoir exécutif franchit une ligne rouge constitutionnelle, remettant en cause l’autonomie d’une institution qui, par la loi, doit rester à l’abri des cycles électoraux. Il a conclu en réitérant son intention de terminer son mandat avec « intégrité », malgré la pression judiciaire imminente.
La déclaration de Jerome Powell place les États-Unis au bord d’une crise constitutionnelle majeure. Si le département de la Justice met à exécution sa menace d’inculpation, les marchés mondiaux pourraient réagir violemment à cette perte d’indépendance perçue de la première banque centrale au monde. Le bras de fer entre le bâtiment de la Fed et la Maison-Blanche n’est plus seulement économique, il est désormais juridique et politique.
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