Le futur d’Ethereum en question. Le cofondateur d’Ethereum, Vitalik Buterin, a jeté un pavé dans la mare ce dimanche 11 janvier 2026 en avertissant que les stablecoins décentralisés actuels ne sont pas assez résilients pour soutenir la vision à long terme de l’industrie. Selon lui, le secteur a besoin de nouveaux modèles moins dépendants du dollar américain et moins vulnérables à la capture par les acteurs financiers puissants.
Ces déclarations interviennent alors que le marché des stablecoins a connu une année 2025 historique, avec une capitalisation totale ayant bondi de 49 % pour atteindre 306 milliards de dollars en décembre dernier. Cette croissance a été largement propulsée par le GENIUS Act aux États-Unis, une législation majeure signée par le président Trump en juillet 2025, qui a clarifié le cadre des jetons adossés au dollar.
- Vitalik Buterin a critiqué la résilience des stablecoins décentralisés actuels, soulignant leur dépendance excessive au dollar américain et leur vulnérabilité aux manipulations financières.
- Il a proposé un concept novateur, le « Walkaway Test », pour rendre Ethereum autonome et résistant aux menaces quantiques, malgré les débats sur les implications techniques.
Les trois failles structurelles du modèle actuel selon Vitalik Buterin
Dans une série de messages sur X, Vitalik Buterin a identifié trois obstacles fondamentaux qui, selon lui, empêchent les stablecoins de devenir une infrastructure mondiale véritablement robuste.
Pour lui, la dépendance au prix du dollar est une faiblesse structurelle sur une échelle de 20 ans. Il s’interroge sur la viabilité d’un système lié à une monnaie fiat qui pourrait subir une hyperinflation, même modérée. Il appelle à la création d’index alternatifs ou de paniers d’actifs plus représentatifs de la valeur réelle. Georgii Verbitskii, fondateur de TYMIO, soutient cette vision dans la presse en affirmant que « l’inflation et le contrôle politique finissent inévitablement par déteindre sur le système ».
Ensuite, la plupart des stablecoins décentralisés reposent sur des oracles (des flux de données externes) qui peuvent être manipulés par de larges pools de capitaux. Sans une conception plus sécurisée, les protocoles sont forcés d’extraire une valeur excessive de leurs utilisateurs pour se protéger, rendant les systèmes moins équitables. Boris Bohrer-Bilowitzki, PDG de Concordium, insiste sur le fait que la décentralisation des oracles nécessite un travail d’infrastructure réel et non du « théâtre de gouvernance ».
Le troisième problème est économique : si un utilisateur gagne un rendement faible sur ses stablecoins alors que le staking d’ETH propose des retours bien plus élevés, le stablecoin devient structurellement moins compétitif. Vitalik propose plusieurs pistes de réflexion, comme la création de nouvelles catégories de staking avec des risques de pénalité (slashing) réduits ou plus compatibles avec l’utilisation de collatéral.

Vers un Ethereum ossifié et résistant au quantique
Parallèlement à ses critiques sur les stablecoins, Vitalik Buterin a introduit ce lundi un nouveau concept technique majeur : le « Walkaway Test » (le test de l’abandon). L’idée est qu’Ethereum doit devenir un outil si fini et robuste qu’il pourrait fonctionner de manière autonome pendant des décennies, même si ses développeurs principaux venaient à disparaître.
Cette vision d’une « ossification » du protocole s’accompagne d’un sentiment d’urgence concernant la menace quantique. Le cofondateur d’Ethereum exhorte la communauté à ne pas attendre que les ordinateurs quantiques soient une réalité pour agir. Il préconise l’adoption immédiate d’une cryptographie capable de résister à ces machines, affirmant que le protocole de base doit être « cryptographiquement sûr pour les cent prochaines années ».
Cependant, cette accélération technique fait débat. Charles Hoskinson, fondateur de Cardano, a averti que la cryptographie post-quantique est souvent dix fois plus lente et inefficace, ce qui pourrait drastiquement réduire les performances du réseau. Pour Vitalik Buterin, c’est un prix nécessaire à payer pour garantir que le réseau ne se transforme pas en une course contre la montre qu’il ne pourrait pas gagner au dernier moment.
La rapidité de l’institutionnalisation des stablecoins, symbolisée par le succès du USD1 (qui a dépassé les 3,3 milliards de dollars en circulation en un an), ravive une tension interne au monde crypto. D’un côté, une évolution vers une extension régulée du système financier traditionnel ; de l’autre, la recherche d’une alternative décentralisée et souveraine prônée notamment par Vitalik Buterin. En 2026, Ethereum semble se préparer à un avenir où sa survie dépendra de sa capacité à se détacher totalement des structures de pouvoir centralisées.
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