Tether : Comment l’Iran a injecté 500 millions $ en USDT pour contourner les sanctions

Toutes les transactions sont visibles. Qui a dit que le stablecoin n’était qu’un outil de spéculation pour traders en pyjama ? Pour la Banque Centrale d’Iran (CBI), le Tether (USDT) est devenu une question de survie nationale. Selon une enquête publiée par Elliptic ce 21 janvier 2026, le régime iranien a transformé le dollar numérique en une véritable « bouée de sauvetage » pour échapper à l’étau des sanctions américaines. On fait le point dans cet article.

Les points clés de cet article :

  • La Banque Centrale d’Iran a accumulé 507 millions de dollars en USDT pour stabiliser son économie face à la chute du Rial.
  • Un hack de l’exchange Nobitex par « Predatory Sparrow » a révélé l’ampleur du système de surveillance iranien et a forcé un changement de tactique.

Y a t-il un stablecoin pour sauver le RIAL ?

L’économie iranienne traverse une tempête sans précédent. Avec une monnaie nationale, le Rial, qui a atteint le seuil historique de 1,47 million pour un dollar en ce début d’année 2026, Téhéran a dû ruser. Entre avril et mai 2025, la CBI a discrètement acquis pour un demi-milliard de dollars d’USDT, payés en Dirhams des Émirats Arabes Unis via des brokers opaques.

En d’autres termes, la Banque centrale d’Iran utilise le Tether comme une véritable « monnaie de contrebande » numérique. Au lieu de passer par les banques traditionnelles où les États-Unis bloquent tout, le régime achète des dollars sous forme d’USDT.

Ces jetons sont ensuite injectés sur des bourses locales pour racheter massivement des rials iraniens, créant ainsi une demande artificielle pour soutenir la monnaie nationale, ou servent à payer des importations à l’étranger en contournant le réseau SWIFT.

Nobitex, Hackers et « Predatory Sparrow » : Le grain de sable

Tout semblait rodé jusqu’au 18 juin 2025. Un groupe de hackers pro-israéliens, connu sous le nom de Gonjeshke Darande (ou « Predatory Sparrow »), a frappé l’infrastructure de Nobitex. Résultat ? 90 millions de dollars en cryptomonnaies ont été siphonnés. Mais contrairement aux pirates habituels, ils n’ont pas gardé le butin : ils ont « brûlé » les fonds en les envoyant vers des adresses inaccessibles, envoyant un message politique cinglant au régime.

Ce coup de semonce a forcé la CBI à changer de tactique. Craignant de nouveaux gels ou attaques, la Banque Centrale a commencé à router ses USDT via des « ponts cross-chain » pour déplacer les actifs de la blockchain TRON vers Ethereum, utilisant des protocoles décentralisés pour masquer les flux.

La transparence : Le talon d’Achille des régimes sanctionnés

L’ironie de l’histoire, c’est que l’Iran a choisi une arme qui peut se retourner contre lui en un clic. L’USDT est un actif centralisé. Tether, son émetteur, collabore étroitement avec les autorités internationales. À ce jour, plus de 112 portefeuilles liés à l’Iran ont été gelés, bloquant des centaines de millions de dollars.

Comme le souligne Tom Robinson, cofondateur d’Elliptic, la transparence de la blockchain est le pire ennemi des flux illicites. « Toutes les transactions sont visibles », rappelle-t-il. Téhéran a beau tenter de construire un « Eurodollar numérique » hors-bilan, la traçabilité permanente permet aux analystes de mapper l’infrastructure financière du régime avec une précision chirurgicale. La révolution sera peut-être tokenisée, mais elle sera surtout scrutée en temps réel par les gendarmes financiers du monde entier.

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