88 % des investisseurs aisés avouent manquer de repères en crypto

Ils ont du patrimoine, de la crypto et un aveu à faire. Dans une enquête publiée ce 5 octobre, CoinShares a interrogé 2 230 investisseurs de 7 pays, dont la France, disposant chacun d’au moins 500 000 dollars à placer hors immobilier. 88 % estiment ne pas en savoir assez pour investir en crypto en toute confiance. Leur premier réflexe est de se tourner vers leur conseiller en gestion de patrimoine, qui bien souvent ne peut pas leur répondre.

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Le bitcoin s’invite au bilan patrimonial

Vous avez 700 000 € de patrimoine financier. Une dizaine de pourcents est en bitcoin et en ether, achetés au fil des années. Rien d’exotique : en France, 2 investisseurs aisés sur 3 détiennent de la crypto. 

Dans les 7 pays étudiés, cette poche pèse en moyenne autour de 10 % du portefeuille, autant que le private equity.

Arrive le rendez-vous annuel avec votre conseiller. Entre l’assurance-vie et la SCPI, vous lui demandez s’il faut renforcer le bitcoin ou passer sur l’ether. Silence poli.

S’il exerce sous le seul statut de conseiller en investissements financiers (CIF), comme beaucoup de CGP indépendants, il n’a plus le droit de trancher. La période de transition du règlement européen MiCA a pris fin le 1er juillet. Depuis, une recommandation personnalisée sur une crypto est réservée aux prestataires agréés (PSCA), y compris pour le choix d’une plateforme.

Le 27 juillet, l’AMF a confirmé que les CIF n’avaient droit à aucun raccourci : sans agrément, pas de conseil crypto.

Votre conseiller garde une marge étroite. Il peut fixer la taille de votre poche crypto, « sans entrer dans le détail des actifs », résume Anne Raoul-Tardieu, juriste à la Banque Delubac & Cie. Il peut aussi vous proposer un produit coté indexé sur le bitcoin.

En bref, votre conseiller peut vous dire combien investir en crypto. Il n’a plus le droit de vous dire quelle crypto acheter. 

Chacun croit que l’autre a peur

Le blocage existait déjà avant juillet, et pas seulement en France. Au premier trimestre, CoinShares avait sondé l’autre côté du bureau : des professionnels du patrimoine de 5 pays européens, dont la France. Selon eux, les clients hésitent surtout à cause de la volatilité et du caractère spéculatif de la crypto.

Le conseiller pense donc parler à un spéculateur nerveux. 

Les investisseurs décrivent un tout autre profil. À peine 6 % se voient en traders de court terme. En France, près de 8 investisseurs sondés sur 10 se disent à l’aise avec le risque crypto.

La chute de février, la plus brutale depuis plusieurs années, a même donné envie d’acheter à près de la moitié des Français interrogés.

Vu du fauteuil client, la peur a changé de camp. Parmi les investisseurs suivis par un gestionnaire de patrimoine, près de 4 sur 10 le jugent trop prudent sur la crypto, en France comme en Allemagne ou aux États-Unis.

Graphique en barres : 39 % des investisseurs aisés français suivis par un conseiller le jugent trop prudent sur la crypto, contre 41 % en Suisse et 31 % en Suède.
Part des investisseurs suivis par un gestionnaire de patrimoine qui le jugent trop prudent sur les cryptomonnaies. Source : CoinShares, Affluent Investor Crypto Report 2026.

Le conseiller, souvent, n’a pas le choix. En Europe, dans les cabinets qui interdisent explicitement la crypto, 1 conseiller sur 100 la recommande. Dans ceux qui la soutiennent, près d’1 sur 2.

Les bitcoins quittent le cabinet

Les clients n’attendent pas que leur cabinet change de politique. En Europe, 1 conseiller sur 4 reconnaît que la majorité des cryptos de ses clients lui échappe. Elles se trouvent sur des exchanges ou dans des wallets personnels qu’il n’a jamais vus.

« Les clients n’ont pas attendu la permission », a résumé en juin Jean-Marie Mognetti, directeur général de CoinShares. Le groupe vend lui-même des produits crypto cotés aux conseillers, et il a tout intérêt à voir les cabinets se réveiller.

Avec ou sans conseiller, ces investisseurs avancent à tâtons : 88 % admettent manquer de connaissances pour investir sereinement. Ce manque ne freine personne. Dans chacun des 7 pays, au moins 7 détenteurs sur 10 comptent augmenter leur exposition en 2026.

Le panier reste à remplir

Retour à votre poche crypto de 70 000 €. Si le bitcoin perd la moitié de sa valeur, comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises, 35 000 € s’envolent.

Une partie de la crypto échappe pourtant à ces secousses. Plus de la moitié des détenteurs de crypto interrogés possèdent aussi des stablecoins, dont le cours reste aligné sur le dollar quand le bitcoin plonge.

Laissés dans un wallet, ces stablecoins ne rapportent rien. Prêtés sur des protocoles DeFi, ils permettent de viser un rendement payé par les emprunteurs, indépendant de la direction du marché. Encore faut-il savoir où les placer et quels risques accepter.

Pour ce genre de choix, les sondés savent quel guide ils veulent. Ils font d’abord confiance à quelqu’un qui a investi son propre argent. Ce critère arrive premier ou deuxième dans tous les pays sauf la Suède, devant les certifications.

Le Club 25% fonctionne sur ce principe : ses stratégies en stablecoins sont d’abord appliquées à un capital réel, engagé et visible de tous.

Le Club 25%, c’est un club privé de plus de 150 investisseurs qui gèrent leur épargne en stablecoins via la DeFi, avec un objectif de 15 à 25 % par an, sans exposition directionnelle, en y consacrant quelques heures par trimestre.

Comment ça marche concrètement :

  • Un portefeuille réel de 100 000 $ géré en public : toutes les décisions sont documentées et expliquées.
  • Des opportunités DeFi analysées : vous suivez des guides vidéo étape par étape pour investir sur des protocoles sélectionnés pour leur robustesse.
  • Le contrôle de vos fonds : vous restez maître de votre capital, aucune entité tierce n’a accès à votre wallet.

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D’ici le prochain bilan patrimonial, 87 % des détenteurs français interrogés comptent renforcer leur poche crypto, avec ou sans l’avis de leur conseiller.

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