Crypto : Plusieurs agressions pour un portefeuille de seulement 300 euros !

Des fortunes supposées, des violences bien réelles. En Picardie comme partout en France, des familles subissent des tentatives d’extorsion de cryptomonnaies, parfois répétées par des équipes différentes. Certaines victimes ne possèdent pourtant que quelques centaines d’euros, voire aucun actif numérique. La section de recherches d’Amiens enquête sur ces agressions, dont le ciblage repose notamment sur des données personnelles volées, revendues ou devenues obsolètes. Focus aujourd’hui sur le travail de ces enquêteurs pas comme les autres.

Les points clés de cet article :

  • En Picardie, des familles ont subi des tentatives d’extorsion de cryptomonnaies basées sur des informations erronées provenant de fichiers volés.
  • La section de recherches d’Amiens a enquêté sur ces agressions violentes, où les assaillants ont persisté malgré l’absence de butin réel.
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Extorsions crypto : Des fichiers volés exposent plusieurs fois les mêmes familles

Le reportage du Courrier Picard consacré aux cinquante ans de la section de recherches d’Amiens décrit une mécanique de ciblage persistante. Selon l’adjudant David, référent régional crypto, des fichiers contenant les coordonnées de détenteurs circulent sur des marchés clandestins. Leur revente permet à des groupes sans lien entre eux de se présenter successivement chez les mêmes personnes.

À Arvillers, une habitante a subi quatre tentatives d’intrusion entre fin décembre et mi-janvier. Des hommes encagoulés et armés étaient persuadés qu’elle détenait une fortune. Son portefeuille ne contenait pourtant que 300 euros, que les agresseurs n’ont pas récupérés. Le reportage évoque des montants artificiellement gonflés dans les fichiers pour augmenter leur valeur de revente.

Les adresses peuvent également être périmées. À Grivesnes, un couple a subi plusieurs intrusions parce qu’il occupait l’ancien domicile d’un détenteur de cryptomonnaies. Lors d’une agression, les victimes ont été frappées et attachées avant que les malfaiteurs comprennent leur erreur. Une alarme installée ensuite a fait échouer une nouvelle tentative.

Ces dossiers montrent que le danger ne dépend pas uniquement du patrimoine réel. Une information erronée suffit à désigner une cible, tandis que la circulation du fichier entretient la menace après l’échec d’une première équipe.

La gendarmerie cherche à remonter des exécutants aux donneurs d’ordre

À Revelles, le 31 octobre 2025, trois hommes ont fait irruption dans une maison familiale pour réclamer les 200 000 euros de crypto que le père était supposé détenir. Un commanditaire suivait l’opération en visioconférence. Les agresseurs ont frappé plusieurs occupants avant de fuir sans butin. La famille a ensuite mis sa maison en vente.

Selon le même reportage, les donneurs d’ordre recrutent des exécutants sur Telegram ou Snapchat, avec des promesses de rémunération. Les participants ne se connaissent pas nécessairement et peuvent perdre tout contact après l’opération. Les enquêteurs exploitent notamment les téléphones, les traces ADN, les véhicules et les passages aux péages pour reconstituer leur parcours.

Lorsqu’un transfert a lieu, l’analyse de la blockchain apporte une piste supplémentaire. Sur les réseaux publics, les mouvements restent consultables, mais une adresse ne révèle pas directement l’identité de son détenteur. Les transferts successifs et la dispersion des fonds compliquent donc les investigations.

La section de recherches combine ce suivi avec les éléments recueillis sur le terrain pour remonter vers les commanditaires. Cependant, une interpellation ne fait pas disparaître les fichiers déjà diffusés : une autre équipe peut reprendre la même cible !

Derrière les montants fantasmés, les conséquences sont durables : peur nocturne, suivi psychologique et déménagements. Dans ces affaires, l’absence de butin ne réduit ni la violence des actes ni le préjudice subi par les familles. Et la France est malheureusement le pays le plus exposé de la planète. Triste record.

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