Coup de frein sur les flux crypto. Les entrées dans les produits d’investissement en actifs numériques ralentissent après environ 11,1 milliards de dollars collectés depuis la mi-juillet. Dans le même temps, les rendements des obligations américaines à long terme montent, malgré le recul des anticipations de hausse des taux de la Fed. Cette divergence pourrait modifier les raisons pour lesquelles les investisseurs achètent du Bitcoin.
Points clés
- Les flux vers les fonds crypto perdent de leur élan après plusieurs mois de collecte.
- Le rendement américain à 10 ans dépasse 5,3 %, tandis que celui à 30 ans atteint 5,7 %.
- La probabilité anticipée d’une hausse des taux en octobre recule de 71 % à 23 %.
- CoinShares envisage un intérêt accru pour Bitcoin face aux inquiétudes sur les finances américaines, sans confirmation claire dans les flux.
Les fonds crypto ralentissent malgré des anticipations de taux moins élevées
Dans son analyse du 8 octobre, James Butterfill, responsable de la recherche chez CoinShares, constate un ralentissement des entrées dans les fonds crypto. Il estime qu’une partie de la collecte précédente correspondait à des achats réalisés après la baisse des prix.
Cependant, l’évolution des anticipations monétaires ne suffit pas à relancer nettement la demande. Après un rapport sur l’emploi américain plus faible que prévu, les marchés attribuent désormais 23 % de probabilité à une hausse des taux en octobre, contre 71 % trois semaines auparavant.
Ce recul ne signifie pas que la Fed prépare une baisse. Il traduit surtout une moindre conviction qu’un nouveau relèvement soit nécessaire immédiatement. Pour les investisseurs, la distinction compte : une pause laisse les taux à leur niveau actuel.
Par ailleurs, les signaux économiques restent contrastés. Un emploi moins dynamique plaide pour la prudence, tandis qu’une inflation persistante limite la marge de manœuvre de la banque centrale. Dans ce contexte, le ralentissement des souscriptions ne constitue pas, à lui seul, un retournement de la demande.

Bitcoin face aux taux longs et aux inquiétudes sur la dette américaine
Le marché obligataire envoie un autre signal. Les rendements à 10 ans dépassent 5,3 % et ceux à 30 ans atteignent 5,7 %, des niveaux que situe au plus haut depuis plus de vingt ans. Le gestionnaire estime que ce marché pourrait peser davantage sur Bitcoin que les prochaines décisions de la Fed.
Une hausse des taux longs peut avoir plusieurs causes : anticipation d’inflation, perspectives de croissance ou rémunération supplémentaire exigée pour prêter sur une longue durée. Elle ne prouve donc pas automatiquement une défiance envers les finances publiques.
Habituellement, des obligations mieux rémunérées renforcent la concurrence pour les capitaux et peuvent freiner les actifs risqués. Mais CoinShares envisage une autre lecture : si les rendements montent surtout par inquiétude sur la dette américaine, Bitcoin pourrait attirer des investisseurs cherchant une alternative aux monnaies émises par les États.
Cette hypothèse ne transforme pas le BTC en valeur refuge garantie. Son cours reste volatil, et les flux observés ne montrent pas encore clairement une allocation motivée par ce risque budgétaire.
L’enjeu dépasse ainsi la prochaine réunion de la Fed. Pour Bitcoin, la hausse des taux longs représente en même temps une contrainte financière et un argument monétaire potentiel. Le fameux paradoxe du bitcoin dont nous parlions il y a peu…
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