Agressions crypto : La gendarmerie détaille sa stratégie face à l’explosion des enlèvements

Touchez pas au grisbi. Le grisbi tient aujourd’hui dans un portefeuille numérique. Et les malfaiteurs ne se contentent plus d’y toucher : ils enlèvent son propriétaire pour l’obtenir. Ce sont des commandos armés et cagoulés. Certains sont briefés à des milliers de kilomètres de leur cible, en France, depuis l’affaire Ledger qui a ouvert cette série noire en janvier 2025. La gendarmerie nationale documente aujourd’hui, dans deux articles Gendinfo signés par la commandante Céline Morin, toute l’architecture montée pour y répondre. Du relevé d’ADN sur les lieux d’un enlèvement jusqu’au gel de la rançon quelques heures après son versement.

Les points clés de cet article :

  • Les cryptorapts ont explosé en France, en partie à cause d’une fuite de données chez Waltio, exposant des milliers de détenteurs de cryptomonnaies.
  • La gendarmerie française a mis en place une réponse coordonnée impliquant des unités spécialisées pour contrer ces enlèvements, avec des opérations souvent comparées à des raids militaires.

Bybit EU, la puissance d’un géant du trading, désormais agréé en Europe. Transférez vos cryptos et recevez jusqu’à 85 € en BTC !

<strong>Profiter de l'offre</strong>
Profiter de l’offre

Les cryptorapts, un phénomène qui explose depuis la fuite Waltio

Le mot est apparu en 2017. Il a fallu attendre fin 2024 pour qu’il devienne un problème d’ordre public. Le Parquet national anticriminalité organisée recense 135 faits liés à des enlèvements ou tentatives depuis 2023, dont 47 dossiers ouverts depuis janvier 2026 seulement. Un événement lié à la détention de cryptomonnaies survient désormais tous les deux ou trois jours.

La cause tient en grande partie à une fuite de données chez Waltio, société française d’aide à la déclaration fiscale des cryptoactifs. En effet, noms et adresses de dizaines de milliers de clients se sont retrouvés exposés du jour au lendemain. Ajoutez des recrutements low-cost sur Snapchat et Telegram, des commanditaires basés à l’étranger et des exécutants sans expérience qui servent de simple main-d’œuvre. Vous obtenez une industrie criminelle qui tourne à plein régime. Le colonel Patrick Pegeot, chef de la division des opérations de l’Unité nationale de police judiciaire (UNPJ), résume le problème d’une phrase :

« la détention de cryptomonnaies revient à posséder une banque chez soi, mais sans aucune sécurité physique. ».

UNPJ, GIGN, UNCyber : l’arsenal de la gendarmerie contre les cryptorapts

Face à ce déluge de dossiers, la gendarmerie a construit une chaîne de commandement qui ressemble à celle d’un raid militaire. Le Centre national des opérations coordonne. Le Groupe de suivi et de conduite des opérations réunit les unités spécialisées. Le Poste de commandement opérationnel bâtit la stratégie propre à chaque enlèvement. Sur le terrain, la Force observation recherche du GIGN surveille le ravisseur et reconnaît les lieux au drone thermique, avant que la Force intervention n’agisse, souvent sur plusieurs sites au même moment pour éviter qu’une fuite d’information fasse tout capoter. Le GIGN déploie en moyenne 50 militaires par enlèvement, appuyé par 14 antennes territoriales.

Le lieutenant-colonel Bastien commande la Force intervention. Il résume l’objectif sans détour : « le point majeur reste le même : localiser le plus rapidement les malfaiteurs et les otages, puis intervenir très rapidement. » Il décrit lui-même l’assaut comme « un rouleau compresseur », pensé pour sidérer les ravisseurs avant qu’ils ne s’en prennent à l’otage. Pendant que le GIGN neutralise, un enquêteur du groupe cryptoactifs de l’UNCyber reste posté au poste de commandement. Un second, basé à Pontoise, trace la rançon en temps réel sur la blockchain. Il coordonne son blocage avec les plateformes d’échange. Le groupe pratique aussi le démixing, une technique qui consiste à percer les mixeurs censés brouiller l’origine des fonds volés.

Le cas de l’Yonne : quand le GIGN neutralise un cryptorapt en moins de 24 heures

Le 13 avril 2026, une mère et son fils sont enlevés dans l’Yonne contre une rançon de 400 000 euros en cryptomonnaies. Le père de famille détenait environ 450 000 dollars en staking, des fonds bloqués pour en tirer des rendements. Le commanditaire force leur déblocage et s’empare de la seed. Le groupe cryptoactifs réussit malgré tout à bloquer les droits de gestion du wallet. Une manœuvre technique jamais réalisée jusque-là, y compris par Europol.

Les otages sont libérés en moins de 24 heures. Huit personnes sont interpellées, les fonds restent entravés. Le lieutenant Julien, qui dirige le groupe cryptoactifs, précise d’ailleurs que des antennes UNCyber sont aussi implantées au sein de certaines sections de recherches locales, avec lesquelles son équipe garde un lien constant. La coopération internationale, elle, reste le maillon le plus fragile. La plupart des commanditaires opèrent depuis l’étranger, hors de portée immédiate de la gendarmerie française.

Dans l’Yonne, la bataille ne s’est donc pas jouée que dans la rue, au moment de l’assaut. Elle s’est jouée sur la blockchain, dans les minutes qui ont suivi le versement de la rançon. Le ministre de l’Intérieur en a tiré sa propre conclusion politique en lançant une riposte sécuritaire. À la gendarmerie, désormais, de prouver dossier après dossier que détenir des cryptomonnaies chez soi n’a plus besoin de virer au cauchemar.

Bybit EU déroule le tapis rouge : jusqu’à 85 € en BTC en cumulant le bonus de bienvenue et le parrainage. Déposez 100 €, recevez jusqu’à 60 € en BTC, et 25 € de plus par ami parrainé. Ouvrez votre compte et lancez-vous.

<strong>Créez mon compte Bybit</strong>
Créez mon compte Bybit

L’article Agressions crypto : La gendarmerie détaille sa stratégie face à l’explosion des enlèvements est apparu en premier sur Journal du Coin.

0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x