Le prix à payer. Mercredi 28 octobre, après la clôture de Wall Street, Alphabet a publié un chiffre d’affaires trimestriel de 127,6 milliards de dollars (+25 % sur un an). Son activité Google Cloud a même plus que doublé. Le titre a quand même perdu 10 % hors séance.
En cause : un bénéfice par action de 2,12 dollars contre 3,02 attendus. Et 51,4 milliards de dépenses d’investissement sur le seul trimestre. The Information ajoutait la veille qu’OpenAI compte acheter les TPU de Google plutôt que de tout miser sur Nvidia. Le lecteur crypto connaît la suite depuis le plongeon de Meta. L’IA aspire la liquidité, et le Nasdaq transmet la facture au Bitcoin.
- Alphabet a publié un chiffre d’affaires trimestriel de 127,6 milliards de dollars, avec une croissance impressionnante de Google Cloud qui a doublé ses revenus.
- Malgré ces performances, le titre d’Alphabet a chuté en raison d’un bénéfice par action inférieur aux attentes et d’investissements massifs atteignant 51,4 milliards de dollars sur le trimestre.
Alphabet, un cloud qui double et un bénéfice que SpaceX fait fondre
Commencez par ce qui va bien, il y a de quoi. Sur le trimestre clos le 30 septembre, les revenus atteignent 127,6 milliards de dollars contre 102,3 milliards un an plus tôt. Le résultat opérationnel grimpe à 40,6 milliards pour une marge de 31,8 %. Google Cloud fait mieux encore, avec 30,7 milliards de revenus (+103 %) et 11,1 milliards de résultat opérationnel. Sa marge passe de 23,7 % à 36,2 % en douze mois. Selon la directrice financière Anat Ashkenazi, le carnet de commandes du cloud atteint 561 milliards de dollars.
Le problème est plus bas. Le bénéfice net ressort à 26,2 milliards de dollars, en recul de 25 % sur un an. Le bénéfice par action tombe à 2,12 dollars, quand le consensus attendait 3,02 dollars. L’explication tient dans la ligne « autres produits et charges ». Alphabet y a logé 8,2 milliards de dollars de perte latente sur SpaceX. La perte reste comptable, sans sortie de trésorerie. La Bourse n’a pas fait le tri à 22 heures.
La recherche, cœur historique du groupe, ralentit aussi. La publicité Search rapporte 63,3 milliards de dollars (+12 %), quand le groupe entier progresse de 25 %. YouTube suit à +9 %. Le cloud fait la croissance. Mais il exige désormais plus de 50 milliards de dollars de serveurs par trimestre.
51 milliards de capex en un trimestre, le cash d’Alphabet vire au rouge
Voilà le chiffre qui a envoyé le titre à 288 dollars après la clôture. Il valait un peu plus de 320 dollars à la cloche. Alphabet a investi 51,4 milliards de dollars au troisième trimestre, contre 23,95 milliards un an plus tôt (+114 %). Résultat, le free cash flow trimestriel est négatif de 9,1 milliards. C’est l’argent qui reste une fois les serveurs et les centres de données payés. Sur douze mois glissants, il tombe à 19,7 milliards (-73 %).

Et ce n’est pas fini. Le groupe maintient son enveloppe 2026 entre 195 et 205 milliards de dollars. Il prévient aussi que 2027 sera « significativement » plus élevé, sans donner de chiffre. « Nous construisons l’inventaire avant de percevoir le flux de revenus », a justifié Anat Ashkenazi, qui évoque un marché « contraint par l’offre ». De son côté, Sundar Pichai a parlé d’une « forte demande pour nos systèmes TPU », les puces d’IA conçues en interne par Google. L’application Gemini a, elle, passé le milliard d’utilisateurs.
Les fournisseurs encaissent. Le 28 octobre, SK Hynix a annoncé un bénéfice opérationnel record de 83,3 billions de wons, environ 63 milliards de dollars. Sa marge atteint 80 %. D’après TrendForce, sa production de DRAM et de HBM est quasiment vendue jusqu’en 2029. La HBM est la mémoire rapide qui équipe les accélérateurs d’IA. Samsung Electronics a suivi ce jeudi avec 107,4 billions de wons de bénéfice opérationnel, 8,8 fois plus qu’un an plus tôt. Son action a pourtant perdu environ 5 % en matinée à Séoul et le Kospi plus de 2 %. La chaîne SBS explique la déception par un plan de retour aux actionnaires repoussé à janvier.
OpenAI lorgne les TPU de Google, Bitcoin surveille le Nasdaq
Le second coup est tombé dans la nuit du 27 au 28 octobre. D’après The Information, relayé par Yahoo Finance, OpenAI prévoit d’acheter des TPU à Google. En 2025, la société affirmait pourtant n’avoir « aucun plan précis » pour ces puces. Une seule source, et aucun montant. OpenAI a refusé de commenter. L’enjeu se lit toutefois dans les comptes de Nvidia : 89 milliards de dollars de revenus data center sur un trimestre et une marge brute de 71 %. Chaque alternative crédible la rogne. Jensen Huang se dit « très confiant » qu’OpenAI restera client « pour très longtemps ».
Pour les détenteurs de crypto, le circuit est connu. La Fed a laissé mercredi ses taux entre 3,75 % et 4 % par 10 voix contre 2, les deux dissidents réclamant une hausse. Alphabet puis Samsung ont enchaîné. Les contrats à terme sur le Nasdaq reculaient de 1,4 % pendant la séance asiatique. Dans la nuit, le Bitcoin a cassé les 80 000 dollars. Selon CoinDesk, les liquidations ont atteint 356 millions de dollars en 24 heures. Il était revenu vers 81 000 dollars à 6 heures à Paris. Quand 200 milliards de dollars par an partent dans des centres de données, ils ne vont pas dans les ETF Bitcoin.
Wall Street tranchera à l’ouverture, ce jeudi à 14 h 30, heure de Paris. Puis, vendredi 30 octobre, plus de 11 milliards de dollars d’options Bitcoin expirent sur Deribit. Les méga-introductions en Bourse de SpaceX ou d’OpenAI attendent derrière, sur la même poche de liquidité que les ETF. SpaceX a déjà coûté 8,2 milliards de dollars sur le papier à son actionnaire Google ce trimestre.
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