Un retour à contre-courant. Binance prépare son grand retour sur le marché britannique, cinq ans après en avoir été chassé. Selon le Telegraph, la plateforme travaille activement à redéposer une demande d’autorisation auprès de la Financial Conduct Authority (FCA), le régulateur financier britannique, avant l’entrée en vigueur du nouveau régime crypto le 25 octobre 2027. Une ambition qui tombe au pire moment : l’exchange fait simultanément face à des accusations d’avoir laissé transiter des milliards de dollars liés à l’Iran sur ses plateformes.
- Binance a préparé son retour sur le marché britannique, cinq ans après en avoir été chassé, en déposant une demande d’autorisation auprès de la FCA.
- L’exchange est confronté à des accusations de transactions liées à l’Iran, ce qui complique son retour au Royaume-Uni.
FCA : la fenêtre s’ouvre en 2026, cinq ans après l’éviction de Binance
L’autorisation de Binance avait été retirée par la FCA en juin 2021, et ses permissions inutilisées formellement annulées en juin 2023.
Depuis fin 2023, l’exchange n’accepte plus aucune nouvelle inscription britannique faute d’agrément. La fenêtre de candidature au nouveau régime crypto s’ouvrira le 30 septembre 2026, avec les premières décisions attendues courant 2027, avant l’entrée en application complète du cadre le 25 octobre 2027.
Autrement dit, Binance ne rejoue pas sa carte tout de suite. Le dossier qu’il s’apprête à déposer devra convaincre un régulateur qui, la dernière fois, avait tranché en quelques semaines à peine. Selon Crypto Briefing, qui a recueilli les informations du Telegraph, Binance nie tout manquement sur le dossier iranien et affirme prendre la conformité au sérieux.
Le dossier iranien qui plombe le retour de Binance
Environ 8 milliards de dollars de transactions liées à l’Iran auraient transité par Binance depuis 2018. Sur ce total, près de 1,7 milliard de dollars provenant de comptes liés à la plateforme ont été retracés vers des entités iraniennes, selon un état des lieux daté de février 2026. Le Wall Street Journal évoquait, lui, 850 millions de dollars de transactions liées à un financier iranien clé d’ici mai 2026.
Rien de nouveau, en réalité, dans le profil de risque de Binance sur ce terrain précis. Binance a déjà réglé, fin 2023, une amende de 4,3 milliards de dollars auprès des autorités américaines, incluant des chefs d’accusation liés à des violations de sanctions. Son fondateur Changpeng Zhao avait purgé quatre mois de prison dans le cadre de cet accord, avant d’en ressortir gracié par la présidence américaine.
Un exchange qui cherche à rentrer par une porte, chassé par une autre
Le Royaume-Uni n’est pas le seul point de friction du moment pour Binance. Depuis le 1er juillet 2026, l’exchange a suspendu ses services dans plusieurs pays de l’Union européenne après avoir retiré sa demande de licence MiCA en Grèce, le cadre réglementaire européen qui impose un agrément unique pour opérer dans les Vingt-Sept. Deux régulateurs à convaincre en même temps, et une seule réputation pour y arriver. La FCA britannique n’a montré, par le passé, aucune complaisance particulière envers l’exchange : c’est elle qui avait initié le bannissement de 2021, sur fond de manquements jugés sérieux en matière de lutte contre le blanchiment. Binance affirme de son côté qu’une revue interne complète n’a révélé aucune violation de sanctions.
Binance mise sur le temps long pour effacer ces épisodes, une stratégie déjà éprouvée sur d’autres marchés où la plateforme a fini par revenir après une traversée du désert réglementaire. Le précédent européen laisse cependant peu de doute sur la difficulté de l’exercice : entre le retrait de licences et les PSAN qui peinent à décrocher leur agrément MiCA, la conformité crypto version 2026 ne pardonne plus les zones grises d’hier.
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