Un trésor de guerre en Bitcoin. La campagne présidentielle de Donald Trump avait été marquée par la promesse d’une réserve stratégique de Bitcoin pour les États-Unis. Une fois élu, le président a signé un décret en ce sens. Mais le tempo ne convient pas à tout le monde au Capitole : certains législateurs ont déposé hier un projet de loi baptisé ARMA, qui veut graver cette réserve dans le marbre législatif et forcer le Trésor à passer commande. Direction Washington pour faire le point.
- Donald Trump a signé un décret pour une réserve stratégique de Bitcoin, mais aucun achat n’a été réalisé depuis plus d’un an.
- Le projet de loi ARMA vise à contraindre le Trésor à créer et maintenir une réserve de Bitcoin, centralisant les actifs numériques saisis par le gouvernement.
- Le débat au Congrès reste vif, certains élus s’opposant à l’idée en raison de la volatilité et de la nature non essentielle de la cryptomonnaie.
ARMA, ou comment forcer la main du Trésor américain sur le Bitcoin
En mars 2025, Donald Trump signait un décret ordonnant au Trésor américain de constituer une réserve stratégique de Bitcoin. Plus d’un an plus tard, le dossier patine : aucun achat de BTC n’a été annoncé par le gouvernement fédéral. C’est précisément ce qui a motivé le représentant républicain de l’Alaska, Nick Begich, à déposer un texte baptisé American Reserve Modernization Act (ARMA). Son ambition : inscrire la réserve dans la loi et obliger le Trésor à agir.
Concrètement, le texte impose au département du Trésor de créer et de maintenir une réserve de Bitcoin pendant au moins 20 ans, avec la même obligation pour les autres cryptomonnaies détenues par le gouvernement. Le projet prévoit aussi de centraliser l’ensemble des actifs numériques saisis ou confisqués par les différentes agences fédérales, et d’en publier un rapport public.
Pour le co-auteur démocrate du projet, Jared Golden, l’enjeu est clair : donner du poids à la décision de Donald Trump et protéger la réserve stratégique des « caprices du Congrès ou des futures administrations ».
Une réserve qui peine à exister, et des élus qui s’impatientent
Car depuis l’annonce, le compteur d’achats reste désespérément à zéro. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a même déclaré que son administration n’avait pas l’intention d’acheter du Bitcoin sur le marché. De quoi agacer les partisans de la cryptomonnaie, qui voient dans cette réserve un rempart contre l’inflation et le poids de la dette américaine.
Selon Nick Begich, ARMA vise à : « fournir la flexibilité nécessaire pour élargir le portefeuille d’actifs de réserve de l’Amérique, qui sert effectivement de police d’assurance », et à « protéger la cryptomonnaie des caprices du Congrès ou des futures administrations ».
L’unanimité est cependant loin d’être acquise. La démocrate de Californie Maxine Waters dénonce une mesure taillée pour profiter aux proches du président. Elle estime que « lorsque le gouvernement détient des réserves stratégiques, c’est généralement pour un intrant essentiel qui alimente l’économie américaine et la vie quotidienne des familles américaines. La cryptomonnaie, cependant, ne rentre pas dans ces catégories, car elle n’a aucune valeur intrinsèque ».
Le texte devra encore franchir les étapes du débat et du vote au Congrès avant d’atterrir éventuellement sur le bureau présidentiel. En attendant, les États-Unis détiennent toujours une quantité non négligeable de Bitcoin, estimée à plus de 200 000 BTC issus essentiellement de saisies judiciaires.
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