Frappes américaines, sanction immédiate sur les marchés. Dans la nuit du 27 au 28 mai, le cours de Bitcoin a perdu plus de 3 %, glissant de 75 000 à 72 800 $ en quelques heures. La cause est désormais identifiée par la plupart des analystes : les frappes aériennes conduites par les États-Unis contre un site militaire iranien proche du détroit d’Ormuz. Le calendrier est cruel pour les traders, alors que les signaux d’apaisement diplomatique entre Washington et Téhéran semblaient enfin se multiplier ces derniers jours.
- Les frappes aériennes américaines contre un site militaire iranien ont provoqué un choc immédiat sur les marchés, entraînant une chute brutale du Bitcoin de plus de 3 %.
- Plus de 700 millions de $ de positions à effet de levier ont été liquidées, mettant en lumière la vulnérabilité des marchés crypto face aux tensions géopolitiques.
Les frappes américaines contre l’Iran font plonger Bitcoin
L’onde de choc s’est propagée en quelques minutes aux marchés crypto, déclenchant une vague de liquidations brutales. Selon les données de Coinglass, près d’un milliard de dollars de positions à effet de levier ont été effacés en moins de douze heures, dont 386 millions rien que sur Bitcoin. Les traders positionnés à la hausse, persuadés que la reprise enclenchée la semaine précédente allait tenir, ont été cueillis à froid.
Le déséquilibre des positions raconte d’ailleurs une bonne partie de l’histoire : 93 % des liquidations concernaient des longs. Autrement dit, le marché tablait massivement sur la poursuite du mouvement haussier, sans véritable couverture contre un retour du risque géopolitique.
Résultat, une cascade classique de ventes forcées, où chaque liquidation alimente la suivante en pesant un peu plus sur le carnet d’ordres.

Bitcoin entre liquidations massives et incertitude géopolitique
Bitcoin n’a pas été le seul à encaisser. Ethereum, Solana et XRP ont également décroché, dans des proportions parfois plus marquées que le BTC lui-même. Le schéma est connu : sur un choc exogène, les altcoins amplifient toujours le mouvement du leader, en raison d’une liquidité plus fine et de positions à effet de levier généralement plus agressives.
Reste une question, plus structurelle celle-là, que ce nouvel épisode pose avec insistance : Bitcoin peut-il encore prétendre au statut d’actif refuge ? La théorie veut qu’il se comporte comme de l’or numérique en période de tension internationale. La pratique, depuis 2022, montre régulièrement l’inverse. Sur des chocs géopolitiques courts, le BTC corrèle davantage avec les actifs risqués qu’avec l’or physique, qui a d’ailleurs progressé dans le même temps.
À court terme, les opérateurs surveillent deux variables. D’abord, la réponse iranienne, qui conditionnera l’ampleur de la prime de risque sur les marchés. Ensuite, la capacité de Bitcoin à défendre le support des 72 000 $, dont la cassure ouvrirait techniquement la voie à un retour vers les 68 000 $. Pour l’heure, le cours tente de se stabiliser au-dessus de 73 000 $, sans franche conviction acheteuse.
Près d’un milliard de dollars de liquidations en une nuit, voilà qui rappelle, si besoin était, que les marchés crypto restent un terrain particulièrement réactif aux soubresauts diplomatiques. Les semaines à venir diront si l’épisode reste un trou d’air, ou s’il marque le début d’une phase de volatilité plus durable.
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