Une adoption crypto qui dérange. Le Fonds Monétaire International (FMI) vient de publier un rapport sur le Népal qui ne cache pas ses craintes : la croissance de l’adoption des cryptomonnaies dans ce pays d’Asie du Sud agace l’institution. Et pour cause, malgré une interdiction officielle des transactions crypto depuis 2017, les Népalais n’ont visiblement jamais cessé d’utiliser ces technologies financières.
Points clés
- Le FMI s’inquiète de l’adoption crypto au Népal malgré son interdiction depuis 2017
- Les flux crypto ont atteint près de 8 % du PIB népalais en 2024
- Le FMI réclame un cadre réglementaire conforme aux normes internationales et la sortie de la liste grise du GAFI
Le FMI exhorte le Népal à surveiller les cryptos, malgré l’interdiction
Dans son rapport publié le 5 juin 2026, le Fonds Monétaire International a affiché son malaise face à l’adoption croissante des cryptomonnaies, pourtant frappées d’une interdiction légale. L’institution a appelé les autorités népalaises à renforcer leur surveillance du secteur pour protéger la stabilité financière et lutter contre les flux illicites.
« Les flux de stablecoins et de cryptomonnaies non adossées [à des actifs] ont considérablement augmenté entre 2019 et 2024, bien que l’adoption reste modeste par rapport à d’autres pays, malgré l’interdiction légale des transactions en cryptomonnaies. »
Rapport du FMI sur le Népal paru le 5 juin 2026

Les flux cryptos représentent 8 % du PIB du Népal
Les chiffres avancés par le FMI ont de quoi nourrir son inquiétude. Les flux crypto entrants au Népal ont atteint un sommet de 2,6 milliards de dollars en 2021, dépassant brièvement les 13 % du produit intérieur brut (PIB) du pays. Ces volumes ont ensuite reflué autour de 4 % du PIB en 2023, avant de repartir à la hausse pour frôler les 8 % du PIB en 2024.
Au début de 2025, les flux transfrontaliers liés aux cryptomonnaies pesaient encore environ 5 % du PIB népalais. De quoi placer le pays devant le Bangladesh et le Myanmar, mais derrière le Vietnam.
Le FMI demande la mise en place d’une régulation
Face à cette progression, le FMI réclame la mise en place d’un cadre réglementaire conforme aux normes internationales, censé protéger la stabilité financière, l’intégrité du système et les consommateurs, tout en limitant le contournement des contrôles des capitaux. L’institution presse également Katmandou d’achever son plan d’action auprès du Groupe d’action financière (GAFI), l’organisme international de lutte contre le blanchiment, pour sortir de sa liste grise.
Le Fonds a précisé qu’il poursuivrait son dialogue avec le Népal lors de ses consultations annuelles dites de l’article IV, avec la surveillance des cryptomonnaies clairement inscrite à l’ordre du jour.
Si l’adoption népalaise donne déjà des sueurs froides au FMI, on imagine son état devant le cas du Salvador. Là-bas, Bitcoin est carrément devenu monnaie nationale en septembre 2021. Et le président Nayib Bukele n’a aucune intention de rassurer l’institution : il vient de confirmer que son pays continue d’acheter 1 BTC par jour. Entre l’interdiction qui peine à contenir les flux au Népal et l’accumulation assumée au Salvador, le FMI découvre une réalité difficile à ignorer : prohiber les cryptos ne suffit pas à les faire disparaître.
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