Il est urgent que rien ne change. Dans un fil de neuf messages publié mardi sur X, le président exécutif de Strategy présente les règles de consensus de Bitcoin comme une « constitution » et accuse les factions cherchant à les modifier d’imposer leurs préférences à tous les utilisateurs. Son attaque ne vise plus seulement BIP-110, le soft fork temporaire destiné à limiter le stockage de données non financières. Michael Saylor range désormais les covenants et l’augmentation de la taille des blocs parmi les atteintes possibles aux droits économiques des détenteurs de bitcoins.
Points clés
- Michael Saylor assimile les règles de consensus de Bitcoin à une constitution.
- BIP-110 limiterait pendant environ un an certaines données utilisées par Ordinals et d’autres protocoles.
- Le signalement des mineurs atteignait seulement 2,64 %, contre un seuil de verrouillage fixé à 55 %.
- La période de signalement obligatoire doit commencer au bloc 961 632, attendu autour du 9 août.
Michael Saylor défend la « constitution » de Bitcoin
« Bitcoin a gagné. Il doit maintenant survivre à la victoire », lance tout d’abord Michael Saylor. Selon lui, la principale menace ne vient plus des gouvernements ou des banques, mais de groupes internes qui voudraient réécrire les règles du réseau pour servir leurs propres objectifs.
Le dirigeant de Strategy place dans cette catégorie BIP-110, les propositions de covenants et les projets d’augmentation de la taille des blocs, même si ces évolutions poursuivent pourtant des objectifs différents.
Les covenants permettraient notamment de programmer certaines conditions futures de dépense, tandis que des blocs plus grands augmenteraient la capacité du réseau au prix d’exigences matérielles supérieures.
Pour M. Saylor, le point commun demeure la modification des règles imposées aux participants. Il estime que les changements doivent rester rares, prudents et justifiés par une nécessité largement reconnue.
Sa position ne signifie toutefois pas littéralement que Bitcoin ne devrait jamais évoluer : le protocole a déjà connu plusieurs soft forks. Son argument porte plutôt sur le niveau de consensus nécessaire avant toute modification.

BIP-110 approche de son échéance avec très peu de soutien
Rédigé par le développeur pseudonyme Dathon Ohm, avec une contribution initiale de Luke Dashjr, BIP-110 limiterait temporairement plusieurs méthodes permettant d’inscrire des données arbitraires sur Bitcoin.
Les UTXO créés avant son activation resteraient exemptés des nouvelles règles. Ses défenseurs veulent préserver Bitcoin comme réseau monétaire et réduire les coûts de stockage, de bande passante et de validation supportés durablement par les opérateurs de nœuds.
Ses adversaires y voient une forme de censure de transactions aujourd’hui valides et payant leurs frais. Le mécanisme d’activation est d’ailleurs particulièrement contesté. BIP-110 réclame 1 109 blocs favorables sur une période de 2 016, soit 55 %, contre 95 % dans le modèle BIP9 classique.
Faute de verrouillage anticipé, une période de signalement obligatoire doit débuter au bloc 961 632. Les nœuds appliquant la proposition rejetteront alors les blocs non signalants, ce qui pourrait créer une chaîne minoritaire si les principaux mineurs ne suivent pas.
Avec seulement 2,64 % de signalement, BIP-110 reste très loin d’un consensus économique. L’échéance d’août ne décidera donc pas seulement du sort des données inscrites sur Bitcoin : elle mesurera surtout combien d’utilisateurs et de mineurs sont réellement prêts à suivre ces nouvelles règles. Ce qui est sûr, M. Saylor est contre et il compte bien peser de tout son poids dans cette bataille du code.
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