Un choc géopolitique de plus, un haussement d’épaules crypto. Lundi, l’armée américaine a de nouveau frappé des positions iraniennes du côté du détroit d’Ormuz, ravivant une tension que les marchés n’avaient jamais vraiment digérée. Le baril s’est envolé, les indices actions ont plongé dans le rouge. Bitcoin, lui, a à peine bronché : la première cryptomonnaie évoluait toujours au-dessus de 78 000 dollars ce lundi matin, en repli de seulement 0,7 % sur 24 heures. Vous vous souvenez peut-être des précédents épisodes, ceux qui faisaient plonger les cours en quelques minutes. Un sang-froid qui commence presque à devenir une habitude.
- Bitcoin a démontré une remarquable résilience face aux nouvelles frappes américaines sur des positions iraniennes, contrastant avec la volatilité des marchés traditionnels.
- La tension géopolitique dans le détroit d’Ormuz pourrait influencer les coûts énergétiques, un enjeu majeur pour les mineurs de Bitcoin déjà sous pression.
Bitcoin encaisse les frappes en Iran, la maison tient bon
Selon CoinDesk du 31 août, le baril de WTI a grimpé de près de 2 % à 85,10 dollars, pendant que le Brent avançait de 1,9 % à 92,39 dollars. Wall Street, elle, a plongé. Bitcoin a tenu la ligne à 78 623 dollars. Pas de vente panique, pas de liquidations en cascade. Rien à voir avec les précédents épisodes de tension avec Téhéran, ceux de juillet et du début août, quand chaque escalade rimait avec correction sèche sur les cryptos. Cette fois, le marché a fait autre chose. Il a attendu.
Ce n’est pas un hasard de calendrier. Après un mois d’août à encaisser coup sur coup Jackson Hole, les tensions sur les taux longs et une demi-douzaine d’épisodes Iran/Ormuz, les traders semblent avoir arrêté de traiter chaque frappe comme un événement inédit. La nouveauté du choc s’est en quelque sorte usée.

Le pétrole s’embrase à Ormuz, Bitcoin regarde ailleurs
Comprenons bien. Le détroit d’Ormuz reste le goulot d’étranglement du pétrole mondial : environ 20 millions de barils y transitent chaque jour, un cinquième de la consommation planétaire. Chaque frappe dans la zone remet ce chiffre sur toutes les lèvres des traders pétroliers. Sauf que le marché crypto, lui, a arrêté de trembler au moindre missile. Ce détachement a quelque chose de nouveau.
Il y a quand même un revers à la médaille : un baril durablement au-dessus de 90 dollars renchérit l’électricité, et donc les coûts de minage, un sujet que Bitcoin ne pourra pas ignorer indéfiniment si la tension s’installe dans la durée. Les mineurs américains, déjà sous pression depuis le dernier halving, surveillent cette facture de près. Un cessez-le-feu des nerfs, pas des prix de l’énergie.
Warsh et Trump se disputent les taux, Bitcoin fait le dos rond
Decrypt rapportait le 31 août que les probabilités d’une hausse de taux dès septembre grimpaient à environ 58 %, portées par le ton nettement hawkish de Kevin Warsh à Jackson Hole. Donald Trump, lui, pousse dans le sens inverse. Il presse la Fed de baisser ses taux, quitte à contredire publiquement l’homme qu’il a lui-même choisi pour la diriger. Une drôle de situation, merci pour eux.
Deux visions inconciliables du même problème. Un marché qui doit trancher sans attendre leur accord, et qui pour l’instant choisit de ne pas choisir. L’indépendance de la Fed, déjà écornée depuis le départ de Jerome Powell, s’invite ainsi dans l’équation crypto par la petite porte. Ce n’est plus seulement une question de politique monétaire, c’est devenu un bras de fer public entre un président et son propre choix pour diriger l’institution.
Bitcoin a bouclé le mois d’août sur un gain de plus de 24 %, son meilleur mois d’août depuis 2017. La résilience du jour n’est donc pas un coup de chance isolé : c’est la continuité d’une dynamique entamée depuis des semaines. La vraie inconnue n’est plus Téhéran. Elle est à Washington, entre un pétrole qui pourrait flirter avec les 95 dollars en cas de nouvelle escalade et une Fed sous une pression politique inédite.
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