L’histoire bégaye en Pologne et le dénouement ressemble de plus en plus à un mauvais « remake » de l’éternelle impasse politique. Vendredi dernier, le Parlement polonais a une nouvelle fois échoué à renverser le veto du président Karol Nawrocki concernant le projet de loi sur la régulation des crypto-actifs. Avec seulement 243 voix contre le veto, les députés sont restés loin du seuil fatidique des 263 suffrages nécessaires. Ce bras de fer musclé entre le Premier ministre Donald Tusk, partisan d’un encadrement strict, et un Président Nawrocki inflexible, laisse la Pologne dans une position inconfortable : elle demeure le seul État membre de l’UE à ne pas appliquer le règlement MiCA.
- L’histoire politique en Pologne a une nouvelle fois bégayé avec l’échec du Parlement à renverser le veto présidentiel sur la régulation des crypto-actifs.
- Un veto présidentiel persistant bloque l’application du règlement MiCA en Pologne, isolant le pays au sein de l’UE.
Un veto présidentiel qui bloque MiCA en Pologne
C’est un véritable dialogue de sourds qui s’est installé au sommet de l’État. Après un premier rejet cinglant en décembre, puis un second en février, ce troisième échec confirme que la « force tranquille » de Karol Nawrocki ne flanchera pas.
Le Président justifie son obstination par une volonté de protéger les PME d’une charge administrative qu’il juge « excessive » et dénonce un manque de transparence flagrant dans le texte. « Une mauvaise loi reste une mauvaise loi, même votée cent fois », a-t-il martelé, selon les rapports de TVP World. De son côté, le gouvernement Tusk crie au loup et s’alarme de voir le pays se transformer en un « El Dorado pour les fraudeurs », laissant les investisseurs locaux sans aucun filet de sécurité juridique.
La Pologne, isolée face à MiCA
Pendant que Varsovie se dispute, l’horloge européenne tourne. Le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets), entré en vigueur en 2024, impose pourtant une harmonisation stricte pour garantir la stabilité financière et la protection des consommateurs. En restant ainsi sur le banc de touche, la Pologne crée un vide juridique dangereux.
Selon Cointelegraph, cette incertitude réglementaire commence à peser lourd sur l’attractivité du pays. Les entreprises polonaises de la blockchain, lassées de vivre dans le flou, commencent déjà à regarder ailleurs pour obtenir leurs licences, menaçant de délocaliser leurs capitaux et leurs talents vers des cieux européens plus prévisibles.

L’exchange Zonda au milieu de la tempête
Au milieu de ce chaos législatif, la plateforme crypto Zonda, leader du marché local, se retrouve sous les projecteurs pour les mauvaises raisons. Donald Tusk a jeté un pavé dans la mare en accusant la plateforme de liens troubles avec des réseaux criminels russes et des financements illicites.
Le CEO, Przemysław Kral, dément fermement ces « absurdités politiques » et menace de poursuites judiciaires pour protéger l’honneur de son entreprise. L’affaire est d’autant plus épineuse que Zonda fait face à une crise opérationnelle majeure : un wallet contenant environ 4 500 BTC (soit 330 millions de dollars) est inaccessible, suite à la disparition mystérieuse de l’ancien PDG en 2022. Une situation qui illustre parfaitement l’urgence d’une régulation pour clarifier ces zones d’ombre.
À court terme, les investisseurs restent vulnérables face aux arnaques et aux défaillances techniques, tandis que la méfiance des institutions financières grandit. À moyen terme, l’innovation risque de s’étouffer si le pays ne parvient pas à s’aligner sur les standards de l’UE. Pourtant, cette crise pourrait être le catalyseur d’un compromis plus robuste, forçant les acteurs à bâtir un cadre qui protège sans étouffer.
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