Bulle IA : Pétrole, Chine et Washington menacent le marché

3 raisons que la bulle explose. Dans son essai « Reality Test », publié le 8 juin, Arthur Hayes désigne les menaces capables, selon lui, de faire éclater le boom de l’intelligence artificielle (IA) : la hausse de l’énergie, l’intervention de Washington et la concurrence de modèles chinois beaucoup moins chers. Le cofondateur de BitMEX a adapté son portefeuille à ce scénario. Maelstrom a ainsi vendu plusieurs altcoins, dont HYPE, NEAR, WLD et ZEC, tout en conservant bitcoin et ether et en renforçant son exposition aux producteurs américains d’énergie. Sa thèse reste cependant un pari macroéconomique, pas une prévision acquise.

Points clés

  • Pétrole : le Brent a touché 89 dollars le baril pendant les frappes américaines sur l’Iran, et la facture électrique des centres de données suit.
  • Le Département du Commerce a ordonné à Anthropic de couper l’accès de tout ressortissant étranger à ses modèles Mythos 5 et Fable 5.
  • Les modèles chinois open source coûtent cinq à dix fois moins cher : Lindy, DoorDash, Airbnb et Siemens ont déjà basculé.
  • Arthur Hayes situe l’éclatement de la bulle entre 2027 et 2028, garde bitcoin et ether et parque le reste en bons du Trésor.
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Pétrole et dette : Le coût caché de la course à l’IA

Pour M. Hayes, le premier danger vient du détroit d’Ormuz. La perturbation du trafic pétrolier et la guerre entre les États-Unis et l’Iran ont fait grimper le brut, renchérissant indirectement l’électricité, les matériaux et la construction des centres de données.

Le lien n’est toutefois pas mécanique : les data centers américains fonctionnent surtout à l’électricité et ne consomment pas directement de pétrole. Il raisonne plutôt en chaîne. Une énergie durablement plus chère nourrit l’inflation, maintient les taux élevés et réduit les marges d’un secteur déjà extrêmement gourmand en capitaux.

Amazon, Microsoft, Alphabet et Meta pourraient consacrer ensemble environ 725 milliards de dollars à leurs investissements en 2026, soit 77 % de plus qu’en 2025. Gartner anticipe parallèlement 2 520 milliards de dollars de dépenses mondiales liées à l’IA, en hausse de 44 %.

Arthur Hayes estime qu’environ 1 500 milliards de dollars de dette ont financé cette expansion depuis fin 2022. Si les revenus générés par l’IA ne suivent pas, le refinancement des GPU et des centres de données pourrait devenir le point de rupture. Il situe cette éventuelle correction entre 2027 et 2028.

Dans son essai « Reality Test », publié le 8 juin, Arthur Hayes désigne les menaces capables, selon lui, de faire éclater le boom de l’intelligence artificielle : la hausse de l’énergie, l’intervention de Washington et la concurrence de modèles chinois beaucoup moins chers. Le cofondateur de BitMEX a adapté son portefeuille à ce scénario. Maelstrom a ainsi vendu plusieurs altcoins, dont HYPE, NEAR, WLD et ZEC, tout en conservant bitcoin et ether et en renforçant son exposition aux producteurs américains d’énergie. Sa thèse reste cependant un pari macroéconomique, pas une prévision acquise.
Arthur Hayes détaille au micro de Bonnie Blockchain les 3 causes de l’éclatement de la bulle IA – Source : Compte X

Washington coupe l’accès, les modèles chinois cassent les prix

Le deuxième risque s’est déjà matérialisé, mais temporairement. Le 12 juin, le Département américain du Commerce a ordonné à Anthropic de suspendre l’accès à Fable 5 et Mythos 5 pour tous les ressortissants étrangers, y compris ses propres employés non américains. Incapable de vérifier la nationalité de chaque utilisateur, Anthropic avait désactivé les deux modèles pour l’ensemble de ses clients.

La restriction n’est cependant plus entièrement en vigueur. Après l’ajout d’un filtre de sécurité, Washington a levé le blocage de Fable 5 le 30 juin. Mythos 5 a retrouvé un accès limité auprès de partenaires américains. Il serait donc inexact d’écrire que les deux modèles restent aujourd’hui coupés.

L’épisode a néanmoins démontré qu’une entreprise étrangère pouvait perdre brutalement l’accès à un modèle américain pour une décision administrative. Cette incertitude renforce le troisième risque identifié par le boss de Maelstrom : les solutions chinoises open source ou à poids ouverts, généralement facturées bien moins cher.

La start-up Lindy affirme ainsi avoir transféré tout son trafic de Claude vers DeepSeek, avec plusieurs millions de dollars d’économies attendus. DoorDash, Airbnb et Siemens testent ou adoptent également des modèles chinois, mais parler d’une migration intégrale serait excessif.

Pour Arthur Hayes, la bulle cédera lorsque la dette, l’énergie et la baisse des prix de l’inférence se rencontreront. La crypto chuterait d’abord avec les valeurs technologiques, avant de profiter des nouvelles injections de liquidités des banques centrales. Une conviction qui explique son repli tactique, tout en laissant son exposition à Bitcoin intacte.

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