Les prix s’effondrent, mais les usages tiennent. Entre juillet 2025 et juin 2026, la capitalisation totale du marché crypto a été divisée par deux, soit 2 100 milliards de dollars évaporés. Pour autant, l’écosystème était loin d’être mort. Une récente étude de Chainalysis chiffre le recul de l’activité économique mesurée à 1,6% seulement.
Le marché baissier le plus sévère depuis 2022 a donc lessivé les valorisations sans pour autant effacer l’usage et les flux de valeur.
Points clés
- L’activité économique crypto mesurée par Chainalysis atteint 9 400 milliards de dollars, en baisse de seulement 1,6 % malgré une capitalisation divisée par deux
- Les transferts pair-à-pair domestiques bondissent de 302,9 % à 228,7 milliards de dollars, les flux transfrontaliers en stablecoins de 77,5 % à 220,3 milliards
- La part des stablecoins dans la valeur stockée on-chain a doublé, passant de 11 % à près de 25 % entre septembre 2025 et juin 2026
- Le Brésil se classe cinquième mondial de l’indice d’adoption avec 318,8 milliards de dollars reçus, l’Inde conserve la première place
Crypto : les stablecoins tiennent la barre pendant la chute
Sans la septième édition de son rapport annuel Geography of Cryptocurrency, l’entreprise Chainalysis revient sur les activités on-chain entre juillet 2025 et juin 2026. Au total, l’entreprise a enregistré une activité économique de 9 400 milliards de dollars sur les douze mois écoulés, contre 9 500 milliards un an plus tôt.
De son côté, la capitalisation totale du marché crypto a été divisée par deux, enregistrant une différence de 2 100 milliards de dollars entre les deux années. Une centaine de milliards de dollars s’est volatilisée d’un côté du bilan, vingt fois plus de l’autre.
Toutefois, lorsqu’on regarde chaque sous-secteur, tous n’ont pas enregistrés une année égale. En effet, les montants dirigés vers les exchanges, les protocoles DeFi et les autres services crypto ont reculé de 4,3 %. À l’inverse, les transferts pair-à-pair domestiques bondissent de 302,9 %, atteignant les 228,7 milliards. Des envois qui circulent directement d’un portefeuille à un autre, entre particuliers d’un même pays, sans plateforme intermédiaire.
Pour ce qui est des flux transfrontaliers en stablecoins, ces derniers ont progressé de 77,5 %, passant de 124,2 à 220,3 milliards de dollars. À noter que Chainalysis présente cette mesure comme volontairement prudente. En effet, sa méthodologie écarte tous les transferts dont le pays émetteur et le pays destinataire ne peuvent être identifiés avec certitude. Le chiffre réel est donc très probablement supérieur.
Selon les analystes, la clé de lecture se situe dans les montants moyens de ces paiements.
« Cette croissance transfrontalière provient de paiements dont le montant moyen tourne autour de 3 000 dollars : une taille de transaction bien trop faible pour être institutionnelle. Elle correspond au contraire à des usages quotidiens : une personne qui paie un fournisseur, qui envoie de l’argent au pays, ou qui sort son épargne d’une devise à laquelle elle ne fait plus confiance. »
Chainalysis, rapport annuel « Geography of Cryptocurrency »
Sans grande surprise, les stablecoins semble tirer leur épingle du jeu. L’ensemble des fonds détenus en stablecoins par ce qui semble être des particuliers (hors dépôts DeFi, wallets d’institutions, etc) sont quant à eux resté relativement stables entre 98 et 109 milliards de dollars. Leur poids relatif dans l’ensemble de la valeur stockée sur les blockchains a quant à lui plus que doublé, passant de 11 % à près de 25 %.
Cette bascule vers le dollar tokenisé s’appuie sur un socle réglementaire désormais installé. Le GENIUS Act, promulgué aux États-Unis à l’été 2025, a doté les stablecoins de paiement d’un régime fédéral avec réserves adossées et audits obligatoires. Le règlement européen MiCA impose de son côté ses propres exigences aux émetteurs depuis fin 2024.
Adoption crypto : le Brésil cinquième mondial, l’Inde garde la couronne
Chainalysis accompagne son rapport d’un indice mondial d’adoption, construit sur la base de quatre sous-indices : l’activité sur les services centralisés, les transactions de détail, l’usage de la DeFi et les transferts institutionnels. L’Inde conserve la première place, devant les États-Unis, le Pakistan et le Vietnam. Le pays maintient cette domination malgré une fiscalité parmi les plus hostiles au monde, avec 30 % d’imposition sur les plus-values et 1 % de retenue à la source prélevée sur chaque transaction.
Le Brésil se hisse au cinquième rang mondial et prend la tête de l’Amérique latine avec 318,8 milliards de dollars de valeur crypto reçue. Le pays capte à lui seul près d’un tiers des montants de la région, dont l’activité progresse de 63 % sur la période. La banque centrale brésilienne a encadré les opérations sur stablecoins et les transferts vers des portefeuilles auto-hébergés par des règles entrées en vigueur début 2026, sans freiner les volumes.
L’Argentine complète le podium régional avec 93,9 milliards de dollars reçus. Le pays reste un laboratoire grandeur nature de la dollarisation par les stablecoins, l’USDT et l’USDC y servant depuis des années de substitut au peso pour l’épargne des ménages et le règlement entre commerçants.
Les 8 900 milliards de dollars qui transitent encore par les exchanges et la DeFi pèsent vingt fois les flux pair-à-pair et les paiements transfrontaliers en stablecoins réunis. Ces deux canaux affichent pourtant les seules courbes ascendantes du rapport, à trois chiffres pour le premier et à deux chiffres pour le second, pendant que la capitalisation du marché perdait la moitié de sa valeur.
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