Faux conseiller, vraie condamnation. Ronald Spektor, un habitant de Brooklyn âgé de 23 ans, a été condamné à une peine de quatre à douze ans de prison pour avoir détourné près de 16 millions de dollars auprès d’une centaine d’utilisateurs de Coinbase. En se faisant passer pour un employé de la plateforme, il convainquait ses victimes de transférer elles-mêmes leurs cryptomonnaies vers des wallets qu’il contrôlait.
Le parquet de Brooklyn réclamait une peine de sept à vingt et un ans. Le mis en cause a finalement plaidé coupable aux 31 chefs d’accusation en échange de la peine promise par le tribunal, malgré l’opposition des procureurs.
Points clés
- Ronald Spektor a été condamné à une peine de quatre à douze ans de prison après avoir plaidé coupable à 31 chefs d’accusation
- Près de 16 millions de dollars ont été dérobés à environ 100 utilisateurs de Coinbase, dont certains ont perdu plus d’un million
- L’analyse de la blockchain, les preuves numériques et l’adresse IP de son domicile ont permis de l’identifier
- Coinbase a versé 311,2 millions de dollars en 2025 après une autre campagne d’ingénierie sociale liée au vol de données clients
Coinbase : Un faux service client détourne près de 16 millions de dollars
Ronald Spektor a notamment reconnu des faits de blanchiment d’argent, de vol aggravé et de recel au premier degré. Son mode opératoire reposait sur un message simple : un prétendu conseiller Coinbase avertissait la victime qu’un pirate menaçait son compte et lui proposait de mettre ses fonds en sécurité.
L’utilisateur transférait alors ses cryptomonnaies vers un nouveau wallet qu’il croyait être seul à contrôler. Ronald Spektor disposait pourtant d’un accès à cette adresse et vidait ensuite le portefeuille.
Les fonds passaient par plusieurs plateformes, services d’échange et sites de jeux avant leur conversion en espèces, cartes cadeaux ou autres actifs numériques. Une part importante a notamment rejoint des services de paris en ligne.
Les enquêteurs ont croisé les transactions enregistrées sur les blockchains, les éléments saisis pendant plusieurs perquisitions et les données numériques du suspect. L’adresse IP de son domicile était liée à plusieurs wallets utilisés dans le détournement. Sur Telegram, il animait également un canal baptisé « Blockchain enemies » sous le pseudonyme @lolimfeelingevil, où il se vantait de ses escroqueries et affirmait avoir perdu six millions de dollars en jouant.
La justice a ordonné la confiscation de plus de 500 000 dollars en espèces, cryptomonnaies et biens personnels. Il doit aussi restituer près de 16 millions de dollars, mais le communiqué du procureur de Brooklyn ne précise pas quelle part pourra effectivement revenir aux victimes.

Ingénierie sociale : Coinbase régulièrement utilisé comme couverture
L’affaire Spektor ne paraît pas liée à la fuite de données révélée par Coinbase en mai 2025. Elle illustre néanmoins la même méthode : usurper l’identité de la plateforme et créer un sentiment d’urgence pour pousser les clients à déplacer eux-mêmes leurs actifs.
Dans cet autre dossier, des criminels avaient corrompu plusieurs agents de support employés par un prestataire étranger. Ils avaient obtenu les coordonnées, des documents d’identité, des historiques de transactions et des aperçus de soldes concernant moins de 1 % des utilisateurs mensuels actifs. En revanche, aucun mot de passe, code de double authentification ou clé privée n’avait été compromis.
Les fraudeurs avaient ensuite réclamé 20 millions de dollars à Coinbase. La plateforme avait refusé de payer et proposé la même somme en récompense contre des informations permettant leur arrestation. Elle évaluait initialement les frais de remédiation et d’indemnisation entre 180 et 400 millions de dollars. Son rapport annuel indique finalement 311,2 millions de dollars versés en 2025 au titre des remboursements volontaires et des frais juridiques directement liés à l’incident.
Aucune protection cryptographique n’a été forcée dans le dossier Spektor. Les victimes ont validé elles-mêmes les transferts, persuadées de protéger leur épargne. Coinbase rappelle que ses employés ne demandent jamais de déplacer des fonds vers un « wallet sécurisé » et que le principal red flag reste donc la pression exercée pour effectuer immédiatement une transaction irréversible. En gros, si c’est flou, c’est qu’il y a un loup.
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