Wall Street ouvre un nouveau laboratoire. Morgan Stanley a créé une cellule interne consacrée aux actifs numériques, selon Bloomberg. Baptisée Digital Asset Lab, elle doit étudier les stablecoins, la tokenisation d’actifs et certaines applications de la finance décentralisée.
Cette structure complète une stratégie déjà engagée dans la gestion de patrimoine et le courtage en ligne. À la fin du mois de juin, la seule division Wealth Management supervisait environ 8 000 milliards de dollars d’actifs clients.
Points clés
- Morgan Stanley crée un laboratoire interne consacré aux stablecoins, à la tokenisation et à la DeFi
- La banque étudie ces technologies sans annoncer de produit ni de calendrier commercial
- E*Trade permet déjà à certains clients d’acheter du bitcoin, de l’ether et du solana avec Zerohash
- L’établissement élargit progressivement son offre crypto depuis 2021
Le Digital Asset Lab explore stablecoins, tokenisation et DeFi
Le Digital Asset Lab rejoint le réseau de laboratoires d’innovation déjà exploité par Morgan Stanley. Megan Brewer, responsable de l’innovation de marché au sein du groupe, a confirmé à Bloomberg la création de cette équipe. La banque n’a toutefois détaillé ni ses effectifs ni les expérimentations retenues.
Les trois domaines étudiés recouvrent des usages différents. Les stablecoins représentent des monnaies, généralement le dollar, sous forme de jetons échangeables sur une blockchain. Le GENIUS Act, promulgué en juillet 2025, leur donne désormais un cadre fédéral aux États-Unis, avec notamment des exigences de réserves et de supervision.
La tokenisation consiste plutôt à inscrire des droits sur des titres financiers ou d’autres actifs dans un registre blockchain. Elle peut concerner des fonds monétaires, des obligations ou des dépôts bancaires. Enfin, la DeFi automatise certains échanges et prêts grâce à des contrats informatiques, avec des risques techniques et réglementaires encore difficiles à intégrer aux procédures bancaires classiques.
Morgan Stanley rejoint un chantier déjà occupé par plusieurs concurrents. JPMorgan teste JPMD, un jeton de dépôt destiné aux clients institutionnels, sur Base. Citigroup exploite de son côté Citi Token Services pour les paiements et la gestion de liquidités, tandis que Bank of America a exprimé son intérêt pour un éventuel stablecoin bancaire.

De la gestion de patrimoine au trading crypto sur E*Trade
Morgan Stanley avance par paliers depuis 2021. La banque avait commencé par donner à certains clients fortunés accès à des fonds exposés au bitcoin. En 2024, elle a ensuite autorisé ses conseillers à proposer des ETF Bitcoin au comptant de BlackRock et Fidelity aux clients remplissant ses critères.
À l’automne 2025, l’établissement a élargi l’accès aux fonds crypto dans sa division de gestion de patrimoine. Son cadre d’allocation peut aller jusqu’à environ 4 % pour les profils les plus offensifs, sans faire de cette limite une recommandation uniforme pour tous les clients.
Le groupe a également ajouté l’achat direct de cryptomonnaies à son offre de courtage. Depuis juillet 2026, les clients éligibles d’E*Trade peuvent acheter, vendre et conserver du bitcoin, de l’ether et du solana dans un compte Zerohash relié à leur portefeuille. Les actifs apparaissent ainsi aux côtés des investissements traditionnels dans l’interface du courtier.
Morgan Stanley a enfin participé au financement de Zerohash lors d’un tour de table de 104 millions de dollars annoncé en septembre 2025. Le fournisseur assure l’infrastructure technique, tandis qu’E*Trade distribue le service à ses utilisateurs.
Le Digital Asset Lab ajoute désormais un volet de recherche interne à ces offres commerciales. À ce stade, Morgan Stanley expérimente les outils nécessaires à une éventuelle émission d’actifs onchain, mais n’a annoncé ni stablecoin maison ni produit DeFi destiné à ses clients. Pas encore.
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