Wrench attacks. La section de recherches de la gendarmerie de Nantes a démantelé un réseau structuré de vol de véhicules lié à la recrudescence des extorsions de cryptomonnaies en Europe. Cette organisation logistique fournissait des véhicules à des groupes criminels de grande envergure pour la réalisation d’enlèvements et d’infractions violentes depuis l’été 2025. Les investigations mettent en lumière une professionnalisation notable de cette activité, gérée à distance par un donneur d’ordres incarcéré. Le préjudice total estimé s’élève à plus de 2 millions d’euros, illustrant l’ampleur de cette filière d’approvisionnement clandestin qui alimentait directement la criminalité financière moderne.
- La gendarmerie de Nantes a démantelé un réseau de vol de véhicules lié à des extorsions de cryptomonnaies en Europe, dirigé par un détenu depuis sa cellule.
- Ce réseau structuré fournissait des véhicules pour des crimes violents, illustrant une professionnalisation inquiétante et un préjudice de plus de 2 millions d’euros.
Une organisation rigoureuse centrée sur le vol par effraction
Selon Ouest-France, l’organisation reposait sur un commanditaire de 25 ans qui dirigeait l’ensemble des opérations depuis sa cellule de la prison de la Santé à Paris. Ce dernier recrutait de jeunes exécutants, parfois mineurs, par le biais de messageries cryptées et de réseaux sociaux, avant de leur dispenser une formation technique.
Les équipes ciblaient des habitations durant la nuit afin de pratiquer des intrusions rapides, consistant à fracturer les portes ou à arracher les barillets pour s’emparer des clés des véhicules. Les militaires ont interpellé seize exécutants au cours de plusieurs vagues d’arrestations entre août 2025 et juin 2026.
Le chef du réseau a donc subi une extraction de cellule le 16 juin pour faire l’objet d’une nouvelle mise en examen à Nantes. La gendarmerie recense au moins une soixantaine de faits imputables à ce groupement criminel.
Le commanditaire centralisait les demandes, orientait les voleurs vers des modèles précis et gérait les relations commerciales avec les acheteurs finaux. Le réseau modifiait ensuite l’immatriculation des voitures afin de les intégrer immédiatement dans des circuits clandestins.
Les malfaiteurs n’opéraient pas pour la revente de pièces détachées, mais se positionnaient comme de véritables prestataires logistiques au service du grand banditisme. Cette spécialisation garantissait aux acheteurs une disponibilité rapide de véhicules d’origine illicite pour commettre des délits complexes.

Approvisionnement du crime organisé et extorsions de cryptomonnaies
Les véhicules volés servaient de support logistique à des actions criminelles violentes en France et dans les pays limitrophes. Les enquêteurs ont ainsi retracé la trajectoire d’une automobile dérobée en Loire-Atlantique, acheminée vers le nord de la France, puis identifiée lors d’une fusillade survenue en Belgique en janvier 2026.
L’organisation fournissait également ces moyens de transport pour des opérations de séquestration et d’enlèvement. Cette polyvalence logistique permettait aux équipes de terrain de disposer de moyens mobiles difficilement traçables par les forces de l’ordre lors de la commission de leurs méfaits.
L’instruction révèle un lien direct entre ces vols et la recrudescence des extorsions ciblant les détenteurs de cryptomonnaies. Plusieurs voitures ont participé à des rapts à domicile visant des spécialistes et des investisseurs de ce secteur technologique.
Les agresseurs utilisaient ces véhicules pour enlever et séquestrer leurs victimes afin de s’emparer de leurs portefeuilles numériques sous la menace. Cette convergence entre la délinquance traditionnelle et la criminalité « technologique » démontre une interdépendance forte au sein des réseaux criminels.
La maîtrise de la chaîne logistique demeure en effet le facteur clé pour l’exécution – et la réussite – de ces nouvelles formes de criminalité baptisées tristement wrench attacks par nos amis anglo-saxons.
Le démantèlement de cette filière nantaise confirme la mutation profonde des structures criminelles, qui s’organisent désormais en réseaux de sous-traitance spécialisés. L’intégration de compétences techniques traditionnelles au profit d’infractions liées à la crypto illustre une adaptation rapide aux nouvelles technologies. La surveillance des flux logistiques physiques, tels que les parcs automobiles clandestins, s’avère indispensable pour neutraliser les réseaux d’extorsion violente qui se multiplient en France ces derniers mois.
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