Jour, nuit, jour, nuit. Les jours se suivent et se ressemblent malheureusement dans le conflit qui se passe actuellement au Moyen-Orient. En effet, en ce milieu d’après-midi caniculaire, nous assistons encore une fois à une annonce de fermeture du détroit d’Hormuz. Les déclarations de Téhéran sont contradictoires, les signaux envoyés par les USA également. Et, dans tout ça, les investisseurs surveillent les marchés.
- Le détroit d’Hormuz a été déclaré « à son état précédent », signifiant une fermeture en réponse aux opérations israéliennes au sud-Liban.
- Des divisions internes au régime iranien ont émergé, avec des messages contradictoires entre l’armée et la diplomatie concernant le statut du détroit.
Le détroit d’Hormuz revient « à son état précédent »
Alors qu’hier Donald Trump s’insurgeait contre le comportement de l’Iran, le commandement militaire conjoint iranien a donc déclaré aujourd’hui que le détroit d’Hormuz « à son état précédent ». Il faut donc comprendre qu’il ferme de nouveau. Pourquoi ? En réponse aux opérations israéliennes au sud-Liban.
Une douche froide donc pour ceux qui espéraient que le mémorandum d’entente signé mi-juin, qui prévoit 60 jours de négociations pour un accord final et la réouverture sans péage du détroit. En effet, l’information, relayée par l’agence semi-officielle Mehr et reprise par Reuters, intervient seulement deux jours après la signature du mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran.
Pourtant, et c’est bien là que Téhéran devient contradictoire, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a immédiatement nuancé. Ce dernier a affirmé que la circulation maritime se poursuit conformément à l’accord du 18 juin.
Cette cacophonie entre l’armée et la diplomatie iranienne illustre une nouvelle fois les divisions internes du régime sur la manière d’exploiter (ou non) le détroit d’Hormuz.
Cessez-le-feu entre les USA et l’Iran : Un accord fragile déjà mis à l’épreuve
A l’origine, le mémorandum signé mi-juin, prévoyait la réouverture du détroit sans péage pendant 60 jours en échange de la levée du blocus naval américain. Les données de suivi maritime avaient montré une reprise claire du trafic les 18 et 19 juin, avec jusqu’à 25 navires commerciaux en une seule journée selon AXSMarine et MarineTraffic.
L’annonce d’aujourd’hui change la donne. Selon les dernières mises à jour de la live CNN sur la situation Iran-Israël-Liban, les tensions persistent au Liban et compliquent la mise en œuvre de l’accord.
Le détroit n’est pas totalement bloqué comme en avril, mais il repasse sous un contrôle très strict iranien, avec menaces implicites et demandes d’autorisation. Un régime de « semi-fermeture » qui maintient la pression sans tout interrompre.
Tour des marchés : des signaux mixtes
Alors que Téhéran envoie des messages contradictoires sur le détroit d’Hormuz et que le régime oscille entre fermeté militaire et prudence diplomatique, les marchés financiers digèrent la séquence. La volatilité est plutôt contenue à l’heure d’écrire ces quelques lignes. Toutefois la vigilance reste de tout les instants.
D’ailleurs, les données montrent que la réouverture du détroit et l’accord de cessez-le-feu mi-juin avaient déjà provoqué une détente marquée sur le front énergétique. Le pétrole a reculé de près de 10 % sur la semaine, un repli qui a apaisé quelques peu les craintes inflationnistes.
Sur le front des actions américaines, avant la fermeture des marchés pour le Juneteenth ce 19 juin), les secteurs affichaient globalement des performances positives. La Technologie menait largement (+3,04 %), suivie par l’Énergie (+1,65 %) et les Services de Consommation Cycliques (+1,45 %). Les futures sur indices, ce week-end, restent légèrement orientés à la hausse : S&P 500 +0,08 %, Nasdaq +0,10 %, Dow +0,11 %. Un signe d’optimisme prudent avant la reprise des échanges ce lundi. Il faudra rester vigilant.
Bitcoin et les cryptomonnaies en apnée
Du côté des cryptomonnaies, qui s’échangent en continu, le ton reste mesuré. Bitcoin évolue autour de 63 100 $ (+0,78 %), Ethereum à 1 704 $ (+1,07 %), et Solana à 69,29 $ (+0,74 %). Ces actifs, souvent baromètres du sentiment de risque, n’affichent ni panique ni euphorie excessive face aux signaux géopolitiques contradictoires.
Les marchés de prédiction sur le brut (WTI pour juin 2026) reflètent néanmoins cette volatilité latente, avec une probabilité de 53 % d’un prix au-dessus de 80 dollars. Le dollar américain, quant à lui, a atteint un plus haut de 13 mois sur des signaux hawkish de la Fed, tandis que les actions européennes ont cédé du terrain alors que les discussions Washington-Téhéran semblaient marquer le pas.
En bref donc, la cacophonie entre l’armée iranienne et la diplomatie, ainsi que cette annonce de retour « à l’état précédent » du détroit, réintroduisent une prime d’incertitude. Les investisseurs restent donc en mode « wait and see », attentifs au trafic maritime réel dans le détroit et aux prochaines déclarations officielles.
Si la « semi-fermeture» actuelle évite un choc total comparable à celui de d’avril, elle est également le prétexte qui entretient la volatilité. Les marchés ont salué la détenté initiale par une baisse marquée du pétrole, ils doivent toutefois maintenant composer avec le risque d’un durcissement des contrôles iraniens.
Les yeux des traders et des investisseurs sont rivés sur Téhéran, Washington, Tel-Aviv et le détroit d’Hormuz. Une situation à suivre de très près, car comme souvent en géopolitique et sur les marchés, l’incertitude est à la fois un risque… et parfois une opportunité pour ceux qui savent la lire.
L’article Détroit d’Hormuz : L’Iran resserre son contrôle, les marchés sur le qui-vive est apparu en premier sur Journal du Coin.
