Piège en haute mer. Le détroit d’Ormuz, corridor vital par lequel transite habituellement un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié, fait face à une nouvelle forme d’insécurité. La société grecque de gestion des risques maritimes MARISKS a diffusé une alerte ce lundi 20 avril concernant des tentatives de fraude sophistiquées ciblant les compagnies de transport. Des acteurs inconnus, usurpant l’identité des autorités iraniennes, exigent des paiements en bitcoins ou en USDT pour autoriser le passage des navires immobilisés. Cette situation intervient alors que des centaines de bâtiments et environ 20 000 marins se trouvent bloqués dans le Golfe en raison du blocus américain et des fermetures successives du détroit par l’Iran.
- Le détroit d’Ormuz a été le théâtre d’une fraude sophistiquée, exploitant les tensions géopolitiques pour extorquer des paiements en cryptomonnaies aux compagnies maritimes.
- Des acteurs inconnus ont usurpé l’identité des autorités iraniennes, promettant un passage sécurisé en échange de paiements numériques, tout en profitant du blocus américain et des fermetures du détroit par l’Iran.
Un mécanisme de fraude au Bitcoin calqué sur les tensions géopolitiques
Selon Reuters, les fraudeurs s’appuient sur le contexte diplomatique actuel pour rendre leurs demandes crédibles. Les messages envoyés aux armateurs exigent la soumission de « documents aux services de sécurité iraniens pour examen », après quoi une « taxe de transit » en actifs numériques est fixée.
Les émetteurs de ces courriels promettent un passage sans encombre à une heure convenue une fois le règlement effectué. Cette escroquerie tire profit d’une proposition réelle émise par Téhéran le 8 avril dernier, visant à instaurer un droit de passage officiel pouvant atteindre deux millions de dollars par pétrolier, payable notamment en Bitcoin.
L’efficacité de cette fraude repose évidemment sur la confusion régnant autour des négociations de cessez-le-feu. Tandis que les pourparlers en cours évoquent la mise en place de péages réglementés, les acteurs frauduleux saturent les canaux de communication des compagnies maritimes.
MARISKS souligne que cette pratique dépasse le stade de la simple extorsion financière. L’entreprise lie notamment l’attaque par tirs d’un navire le 18 avril à un possible échec de ces transactions frauduleuses, suggérant que les navires tentant de franchir le détroit sous la foi de ces accords factices s’exposent à des représailles physiques des forces navales régionales. À peine croyable…

Une navigation dans le détroit d’Ormuz entravée par les restrictions internationales
La pérennité de ces réseaux de fraude dépend par ailleurs étroitement du maintien du blocus des ports iraniens par les États-Unis. Le président Donald Trump a récemment confirmé que les restrictions ne feraient l’objet d’aucune levée avant la conclusion d’un accord définitif avec Téhéran.
L’accord de cessez-le-feu temporaire entre les deux nations doit expirer le 23 avril 2026, créant une incertitude notable sur la reprise des discussions prévues au Pakistan. Cette instabilité incite donc les transporteurs à chercher des solutions rapides pour dégager leurs navires, les rendant plus vulnérables aux propositions d’intermédiaires frauduleux.
Le recours aux cryptomonnaies pour ces extorsions permet aux auteurs de contourner les circuits financiers traditionnels, lesquels sont strictement surveillés dans le cadre des sanctions internationales. La rapidité et la nature irréversible de ces transferts compliquent bien sûr la tâche des services de renseignement maritime pour identifier les bénéficiaires finaux.
En attendant une clarification des règles de navigation, les risques de dommages collatéraux pour les équipages augmentent. Les autorités maritimes recommandent désormais une vigilance accrue et une vérification systématique des ordres de transit via les canaux diplomatiques officiels plutôt que par des communications électroniques non sécurisées.
L’émergence de ces fraudes illustre la transformation des risques de guerre en opportunités pour la cybercriminalité organisée. La convergence entre les menaces cinétiques sur l’eau et les escroqueries numériques crée un environnement opérationnel complexe pour le commerce mondial. Si le détroit d’Ormuz reste un enjeu de souveraineté et de sécurité énergétique, il devient également un terrain d’expérimentation pour de nouvelles méthodes d’extorsion. La résolution de cette crise sécuritaire dépendra autant de l’issue des négociations politiques à Islamabad que de la capacité des armateurs à sécuriser leurs communications face à des acteurs opportunistes exploitant les failles du droit maritime international.
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