Police d’assurance. Eigen Labs, la société derrière le protocole de restaking (ou rejalonnement, qui permet de réutiliser des ETH déjà mis en jalonnement pour sécuriser d’autres services) EigenLayer, a annoncé le 17 juin 2025 une nouvelle injection de 70 millions de dollars menée par a16z crypto, le fonds spécialisé d’Andreessen Horowitz. Cette opération finance le lancement d’EigenCloud, une plateforme qui promet d’étendre les garanties de vérification propres à la blockchain à des applications qui tournent en dehors de la blockchain. Cible affichée : l’intelligence artificielle, la finance traditionnelle, les marchés de prédiction et même les dossiers médicaux. Pour les lecteurs qui découvrent tout juste cet univers, notre guide sur comment acheter des cryptos reste la meilleure porte d’entrée avant de s’intéresser à des jetons plus techniques comme EIGEN.
- Eigen Labs a annoncé une injection de 70 millions de dollars pour le lancement d’EigenCloud, une plateforme révolutionnaire visant à étendre la vérification blockchain à d’autres domaines.
- Le protocole EigenLayer a perdu près de la moitié de sa valeur totale verrouillée en un an, mais cherche à se revitaliser en élargissant son champ d’application au-delà du restaking d’ETH.
a16z remet 70 millions sur la table : générosité ou pari calculé ?
Contrairement à une levée de fonds classique, l’opération est un achat direct de jetons EIGEN auprès de l’Eigen Foundation, et non une prise de participation au capital d’Eigen Labs. Une nuance qui compte : a16z ne mise pas sur une prise de participation classique, mais sur l’usage futur du jeton EIGEN comme carburant du réseau. Comme le rapportait Decrypt le 17 juin 2025, cet investissement vient s’ajouter aux 100 millions de dollars déjà injectés par le fonds lors du tour de Série B en février 2024 : a16z crypto est donc, et de loin, le soutien financier le plus constant du projet.
« EigenLayer est en train de faire sauter les verrous techniques des blockchains pour permettre l’émergence d’une nouvelle catégorie d’applications », résumait Ali Yahya, l’associé d’a16z qui a piloté l’opération, cité par Decrypt. Une déclaration qui sonne comme un communiqué de presse, certes, mais qui pose clairement l’ambition : sortir la vérification cryptographique du seul périmètre de la blockchain pour l’appliquer à peu près à tout. Pour les investisseurs qui souhaitent malgré tout s’exposer à ce type de jetons, encore faut-il savoir où les stocker en sécurité : notre comparatif des meilleurs wallets crypto 2026 détaille les options selon le profil de risque.

EigenCloud : le chaînon qui manquait entre la blockchain et le reste du monde
Concrètement, EigenCloud s’articule autour de trois briques : EigenDA pour la disponibilité des données, EigenVerify pour la résolution des litiges, et EigenCompute pour l’exécution des calculs hors chaîne. L’ensemble s’appuie sur le réseau de services vérifiables autonomes (Autonomous Verifiable Services, ou AVS) d’EigenLayer, dont plus de 200 sont déjà en production ou en développement.
« EigenCloud transforme cette dynamique en une plateforme unifiée, expliquait Sreeram Kannan, le PDG d’Eigen Labs, à Decrypt. N’importe qui, en construisant sur n’importe quelle blockchain, peut déployer des applications vérifiables sans avoir besoin d’être un expert de la blockchain. » Nader Dabit, directeur des relations développeurs chez EigenLayer, précisait de son côté que la logique du jeton reste on-chain pour la sécurité, tandis que la logique applicative, elle, tourne dans des conteneurs vérifiables hors chaîne. En clair : le compte en banque reste sous surveillance blockchain, mais le travail de fond peut se faire ailleurs, sans perdre les garanties de preuve.
Premier cas d’usage concret et pas des moindres : Securitize compte utiliser EigenCloud pour vérifier les données de valorisation du fonds tokenisé BUIDL de BlackRock, qui pèse environ 2 milliards de dollars. Un partenariat qui donne d’un coup beaucoup plus de crédibilité au discours marketing, et qui explique sans doute pourquoi a16z a remis au pot. En Europe, ce type de convergence entre finance traditionnelle et crypto s’accompagne d’un encadrement de plus en plus strict : notre point sur les plateformes crypto régulées MiCA/PSAN fait le tour des acteurs conformes en France.
Un protocole encore dominant, mais sous tension
EigenLayer reste le premier protocole de restaking sur Ethereum, avec environ 12 milliards de dollars de valeur totale verrouillée (TVL), l’ensemble des actifs déposés dans le protocole. Un chiffre impressionnant, mais qui doit être relativisé : il est en net repli par rapport au pic de plus de 20 milliards de dollars atteint en juin 2024. Autrement dit, le protocole a perdu près de la moitié de sa TVL en un an, pendant que son fondateur promet une nouvelle ère de vérifiabilité universelle. Le pari d’EigenCloud consiste précisément à relancer la machine en élargissant le terrain de jeu au-delà du seul restaking d’ETH.
Reste une question de fond, qui dépasse EigenLayer : si la vérifiabilité devient une commodité que n’importe quel développeur peut brancher sur son application, la frontière entre le monde on-chain et le reste d’Internet devient de plus en plus poreuse. C’est une promesse séduisante pour l’IA, la finance ou les données médicales, mais aussi un terrain que Chainlink et d’autres oracles surveillent de très près. La bataille de la confiance vérifiable ne fait que commencer, et 70 millions de dollars d’a16z ne suffiront pas à la trancher seuls. Pour suivre l’évolution du jeton EIGEN et des autres actifs de cet écosystème, notre comparatif des meilleurs exchanges crypto reste à jour.
L’article EigenLayer lève 70 millions de dollars avec a16z pour sécuriser l’IA et la finance hors blockchain est apparu en premier sur Journal du Coin.
