La licence n’était que le ticket d’entrée. Depuis le 1er juillet, les prestataires qui servent des clients européens doivent disposer d’un agrément MiCA ou organiser leur retrait du marché. Pour les entreprises autorisées, une nouvelle épreuve commence désormais : financer durablement la gouvernance, les fonds propres, les audits et le reporting exigés par le règlement. Une facture susceptible d’accélérer les fusions et les rachats dans toute la crypto européenne.
Points clés
- La dernière période transitoire de MiCA s’est achevée le 1er juillet 2026.
- Le coût permanent de la conformité pousse les petites structures vers la vente ou la fusion, la mutualisation des coûts fixes devenant un argument décisif
- Les banques accélèrent : CACEIS négocie le rachat de Meria, Standard Chartered décroche sa licence MiCA, Cecabank et Bison Bank étendent leurs services crypto
- Le régime britannique finalisé par la FCA entrera en vigueur le 25 octobre 2027, avec un guichet de candidatures ouvert du 30 septembre au 28 février 2027
Après les licences MiCA, le choc des coûts permanents
L’ESMA demande désormais aux prestataires non agréés de cesser leurs activités européennes et d’organiser le transfert des avoirs de leurs clients. Début juillet, son registre comptait environ 280 entreprises autorisées, dont Standard Chartered, FalconX et Sygnum Europe.
Décrocher l’agrément ne constitue pourtant que la première étape. MiCA impose ensuite des obligations continues en matière de fonds propres, de gouvernance, de conservation des actifs, de lutte contre le blanchiment, d’audit et de transmission d’informations aux régulateurs.
Ces coûts sont en grande partie fixes. Une petite plateforme comptant quelques milliers de clients doit financer des dispositifs proches de ceux d’un concurrent beaucoup plus important. La vente, la fusion ou le partage d’infrastructures deviennent alors des solutions logiques pour répartir la facture sur une base d’utilisateurs plus large.
Cette mécanique pourrait favoriser les acteurs capables d’opérer dans plusieurs pays grâce au passeport européen de MiCA. Elle pourrait aussi entraîner une migration des clients vers un nombre plus réduit de plateformes réglementées. L’ESMA rappelle d’ailleurs que les sociétés sans licence devaient engager immédiatement leur retrait après le 1ᵉʳ juillet.

Les banques en position de racheter les spécialistes crypto
Les banques partent dinc avec un avantage évident : elles disposent déjà des équipes juridiques, des procédures de contrôle et du capital réglementaire nécessaires. Selon Simon Schneider, directeur général de Sygnum Europe cité par CoinDesk, moins de 20 % des banques européennes proposent encore des services crypto. MiCA leur apporte désormais la sécurité juridique qui leur manquait pour avancer.
Elles ne développeront pas nécessairement chaque technologie en interne. Certaines pourront racheter ou sélectionner des spécialistes réglementés dans la conservation, le staking, la tokenisation ou l’exécution des transactions. CACEIS, filiale du Crédit Agricole, serait ainsi en négociations exclusives pour acquérir une plateforme française bien connue. Mais l’opération n’est toutefois pas encore officiellement confirmée.
D’autres établissements avancent directement. Standard Chartered a obtenu ses agréments MiCA et d’établissement de monnaie électronique au Luxembourg. Le consortium Qivalis réunit désormais 37 banques de 15 pays autour d’un futur stablecoin en euros.
Le Royaume-Uni pourrait accentuer ce mouvement. Son futur régime intégrera les entreprises crypto au cadre financier existant, avec notamment des règles exigeantes sur la ségrégation et la protection des actifs des clients. Les candidatures seront ouvertes du 30 septembre 2026 au 28 février 2027, avant une entrée en vigueur prévue le 25 octobre 2027.
La régulation européenne ne devrait donc pas faire disparaître l’industrie crypto, mais modifier ses propriétaires. Après l’époque des startups indépendantes financées par leurs tokens, pourrait venir celle des spécialistes agréés, des rapprochements et des filiales bancaires. L’avantage concurrentiel ne repose plus seulement sur la vitesse d’innovation : il dépend désormais de la capacité à supporter durablement le prix de la conformité.
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