Sanctions OFAC. La guerre économique de Washington contre Téhéran change de calibre. Le Trésor américain vient de braquer son viseur sur quatre nouvelles plateformes crypto, désormais clouées sur la liste noire de l’OFAC dans le cadre de la campagne « Economic Fury » lancée par l’administration Trump. Sur la ligne de front, un nom qui domine le marché iranien : Nobitex, soupçonné de canaliser plus de 50 % des flux crypto en provenance d’Iran.
- Washington a braqué son viseur sur des plateformes crypto iraniennes, dont Nobitex, dans le cadre de sa campagne « Economic Fury ».
- Les États-Unis ont accusé Nobitex de faciliter les transactions pour le Corps des gardiens de la révolution islamique, aggravant ainsi la guerre économique contre l’Iran.
Le leader crypto iranien Nobitex sur la liste noire de l’OFAC
La liste noire de l’OFAC (Office of Foreign Assets Control) est l’une des armes économiques préférées des États-Unis. Son rôle : bloquer les activités numériques des adversaires que Washington a officiellement désignés.
La procédure vise au premier chef la Russie. Mais l’Iran y occupe une place croissante, ses activités numériques figurant au cœur de la campagne « Economic Fury » conduite par le Trésor.
En parallèle, les États-Unis cherchent à saisir les fonds numériques iraniens. Le bilan, estimé à 500 millions de dollars fin avril, a été réévalué à 1 milliard de dollars quelques jours plus tard.
C’est dans ce climat que le Trésor a frappé fort, en ajoutant quatre plateformes crypto iraniennes à sa liste noire. Et Nobitex, leader incontesté du marché local, figure en tête de liste, comme l’explique le Secrétaire au Trésor des États-Unis, Scott Bessent.
« Nobitex a traité plus de 50 % de tous les flux entrants d’actifs numériques iraniens en 2025. Il s’agit d’un acteur clé dans l’évasion des sanctions, le financement du terrorisme et les transactions liées au Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne.»

Une « économie en chute libre »
Concrètement, le Trésor reproche à ces plateformes de « faciliter les transactions vers le CGRI et d’autres entités sanctionnées ». Le CGRI, c’est le Corps des gardiens de la révolution islamique, le bras armé idéologique du régime. Dans le cas précis de Nobitex, Washington accuse la plateforme d’avoir « coopté les technologies d’actifs numériques pour son propre programme corrompu ».
La décision frappe aussi deux hommes. Le président et co-fondateur de Nobitex, Amir Hossein Rad, ainsi que son PDG actuel Seyed Ali Khoee. Tous deux seraient impliqués dans « l’évasion des sanctions et le transfert de richesse hors du pays ».
« Alors que l’économie iranienne est en chute libre, le régime a choisi de s’approprier les technologies d’actifs numériques pour son propre programme corrompu, y compris l’évasion des sanctions et le transfert de richesse hors du pays.»
Scott Bessent
Les cryptomonnaies sont devenues un terrain d’affrontement de choix pour le Trésor américain. Elles servent à la fois de levier pour asphyxier les circuits financiers adverses et de cible à saisir. À mesure que les sanctions se multiplient, les exchanges des États placés sous pression devront choisir entre conformité occidentale et clientèle locale, un dilemme qui redessine peu à peu la carte des plateformes accessibles à l’échelle mondiale.
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