Dix-sept ans et déjà ennemi du Kremlin. Le 2 juin dernier, le ministère russe des Affaires étrangères a publié une liste de cinq personnes désormais interdites d’entrée sur le territoire russe, leurs éventuels avoirs financiers étant par ailleurs gelés. Les autorités russes accusent quatre ressortissants britanniques et la journaliste du Washington Post, Catherine Belton, d’avoir diffusé de fausses informations sur la Russie, notamment au sujet de l’utilisation du stablecoin A7A5 dans le cadre de la guerre en Ukraine. Parmi eux, un adolescent : Alexander Browder, auteur d’un rapport pour le think tank The Henry Jackson Society.
- La Russie a interdit d’entrée Alexander Browder, 17 ans, auteur d’un rapport controversé sur le stablecoin A7A5, l’accusant de diffuser de fausses informations sur son utilisation dans la guerre en Ukraine.
- Le rapport de Browder, fils du critique notoire de Poutine, Bill Browder, a été considéré comme une menace par Moscou, entraînant des sanctions et soulignant son impact potentiellement dérangeant.
Un rapport d’adolescent, une réponse de chancellerie
Moscou a donc décidé de viser plusieurs personnes pour leur rôle présumé dans la diffusion de ce que la diplomatie russe qualifie de « spéculations diffamatoires et fausses informations » au sujet du financement de l’effort de guerre contre l’Ukraine via les actifs numériques.
Au cœur du dossier, le document signé par Alexander Browder, 17 ans, pour ce think tank spécialisé dans la politique étrangère et la sécurité nationale. Le rapport accuse la Russie d’utiliser le stablecoin A7A5 pour contourner les sanctions économiques occidentales et alimenter ses opérations militaires.
Adossé au rouble russe (et donc à la portée de Moscou, là où les stablecoins dollar comme l’USDT peuvent être gelés par leurs émetteurs), l’A7A5 a été conçu pour permettre à la Russie de continuer à commercer avec ses partenaires malgré les sanctions internationales. Selon le rapport, ce dispositif servirait notamment à acheter des armes et à financer des opérations en Ukraine.

Le fils d’un célèbre opposant à la Russie de Vladimir Poutine
Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié le rapport de « spéculations diffamatoires » et annoncé des sanctions contre le jeune Browder ainsi que contre trois autres ressortissants britanniques et la journaliste Catherine Belton. Les autorités russes interdisent désormais l’accès à leur territoire à toutes ces personnes et gèlent leurs éventuels avoirs présents dans le pays.
Le nom de famille n’est évidemment pas anodin. Alexander Browder est le fils de Bill Browder, financier américano-britannique devenu l’un des critiques les plus virulents de Vladimir Poutine après l’affaire Magnitsky. Les autorités russes ont sanctionné Bill Browder à plusieurs reprises en raison de ses activités de dénonciation de la corruption et des violations des droits humains.
Sur le réseau social X, le jeune homme a réagi en qualifiant ces sanctions de « badge d’honneur » et a réaffirmé son intention de continuer à documenter les actions russes en Ukraine.
Reste un fait brut : Moscou a jugé suffisamment menaçant le travail d’un lycéen britannique pour le placer sur sa liste noire, aux côtés d’une journaliste chevronnée du Washington Post. La preuve, sans doute, que le rapport sur l’A7A5 a touché un point sensible.
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