Hyperliquid dans le viseur de Wall Street. En moins de trois ans, Hyperliquid a grimpé jusqu’à la 7ᵉ place mondiale en volume quotidien. Une ascension qui agace : CME Group et Intercontinental Exchange (ICE), deux mastodontes des marchés à terme sur les matières premières, viennent de demander à Washington de freiner ses activités.
- Hyperliquid a été propulsée à la 7ᵉ place mondiale en volume quotidien en moins de trois ans, suscitant l’irritation de certains géants des marchés à terme.
- CME Group et Intercontinental Exchange ont sollicité une intervention de Washington pour freiner Hyperliquid, citant des risques de manipulation de marché et de contournement des sanctions internationales.
Hyperliquid, la plateforme crypto qui dérange
Lancée en 2023 et basée à Singapour, Hyperliquid s’est rapidement imposée comme une référence du trading on-chain. Son atout : une latence d’exécution annoncée à 5 ms, contre une vingtaine pour la plupart de ses concurrentes. De quoi séduire les traders les plus exigeants en perpetual futures.
La plateforme ne propose pas uniquement de trader des cryptomonnaies. Elle propose aussi des contrats à terme sur le pétrole et le gaz naturel, marchant ouvertement sur les plates-bandes des places traditionnelles. Et cette incursion ne passe pas.
Selon Bloomberg, CME Group et ICE ont alerté la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), le régulateur américain des dérivés, ainsi que plusieurs élus du Capitole. Les deux groupes pointent les risques liés à un environnement de trading anonyme : possibilité de manipulation des cours par des initiés, et porte dérobée pour des acteurs étatiques cherchant à esquiver les sanctions internationales.

Un environnement de trading à risque ?
Les arguments avancés par les deux opérateurs tiennent en trois points :
- Manipulation des cours : l’anonymat sur Hyperliquid offrirait un terrain de jeu à des acteurs malveillants pour influencer les prix du pétrole et du gaz.
- Contournement des sanctions : des pays sous embargo pourraient continuer à négocier des matières premières via la plateforme.
- Absence de régulation : contrairement aux bourses américaines, Hyperliquid n’est pas soumise aux mêmes obligations de transparence et de surveillance.
Du côté de Hyperliquid, on conteste cette lecture. La plateforme rappelle qu’elle dispose de mécanismes internes de détection et de prévention des manipulations de marché. Elle assure également respecter le cadre réglementaire singapourien et coopérer avec les autorités locales.
Wall Street souffle le chaud et le froid sur Hyperliquid
Reste à voir si la CFTC donnera suite à cette offensive coordonnée, ou si Hyperliquid continuera d’opérer sans encombre. Cette pression réglementaire intervient pourtant au moment même où Wall Street souffle le chaud et le froid avec la plateforme.
En effet, alors que CME Group et ICE alertent sur les risques liés à ses marchés de pétrole et de gaz, des acteurs institutionnels traditionnels comme 21Shares viennent de lancer le premier ETF offrant une exposition directe au token HYPE (symbole THYP), avec un volume de 1,8 million de dollars dès la première journée de cotation.
Bitwise, de son côté, finalise également son propre dossier pour un ETF HYPE aux États-Unis. Un paradoxe qui illustre parfaitement les tensions actuelles : la plateforme décentralisée dérange les géants des matières premières tout en attirant l’intérêt croissant des gestionnaires d’actifs traditionnels. Pour l’industrie crypto, l’enjeu dépasse largement le seul cas Hyperliquid : il s’agit de savoir jusqu’où une plateforme on-chain peut empiéter sur le territoire des marchés régulés sans déclencher une riposte législative, au moment précis où elle séduit aussi les acteurs qu’elle perturbe.
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