La SEC prête à autoriser le trading d’actions sur la DeFi : 5 points pour tout comprendre

Coup d’accélérateur réglementaire en vue. La tokenisation occupe désormais les agendas de Wall Street comme ceux des protocoles DeFi, avec un marché des actions tokenisées qui a franchi le milliard de dollars de valorisation dès mars 2026 et des projections à 10 000 milliards d’ici 2030. Face à cette pression, la SEC s’apprêterait à assouplir sa doctrine sur les titres tokenisés.

Les points clés de cet article :

  • La SEC a travaillé sur une « exemption d’innovation » pour les titres tokenisés, visant à autoriser la création de tokens représentant des actions cotées pour les plateformes DeFi.
  • Ce projet, bien que prometteur, a suscité des divisions au sein de la SEC et des critiques de la part d’acteurs comme Securitize, préoccupés par les risques de tokens émis sans consentement des entreprises sous-jacentes.

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C’est quoi exactement cette « exemption d’innovation » que la SEC va publier ?

Selon un article de Bloomberg publié hier, le régulateur américain travaillerait sur un sandbox réglementaire temporaire spécifiquement taillé pour les titres tokenisés. Le principe ? Autoriser des plateformes crypto, centralisées ou décentralisées, à proposer le trading de tokens représentant des actions américaines cotées, sans passer par l’enregistrement complet de broker-dealer ou de bourse réglementée.

Des garde-fous sont prévus : limites d’exposition, obligations de transparence, et durée limitée du régime pilote. La SEC indique par ailleurs avoir consulté plusieurs centaines d’acteurs du marché pour calibrer le dispositif. Ce régime s’inscrit dans le Project Crypto de Paul Atkins et prolonge l’interprétation commune SEC-CFTC de mars dernier qui a commencé à clarifier le droit applicable aux crypto-actifs.

Des DEX pourront-ils légalement lister des actions Apple, Tesla ou Nvidia tokenisées ?

C’est précisément l’enjeu central. Selon Bloomberg, le cadre couvrirait y compris les tokens émis par des tiers sans l’accord des entreprises concernées. Autrement dit, des protocoles comme Ondo Finance, qui dominent déjà le marché des actions tokenisées, pourraient opérer dans un cadre légal explicite aux États-Unis pour la première fois.

Mais il y a une condition non négociable : les tokens listés devront reproduire les droits attachés à l’action sous-jacente, dividendes et droits de vote inclus. Les plateformes qui ne peuvent pas le garantir s’exposent au délisting. C’est ce point qui distinguera les projets sérieux des montages purement synthétiques, et c’est sur lui que la SEC a été la plus ferme dans ses consultations.

Hyperliquid concerné par cette exemption d'innovation de la SEC ?
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Qu’est-ce que ça change concrètement pour les plateformes DeFi et les DEX ?

Beaucoup. Jusqu’ici, proposer des actifs synthétiques liés à des actions sur un DEX évoluait dans un vide juridique total aux États-Unis. L’exemption crée une voie de conformité formelle, ce qui change la donne pour tous les protocoles qui voulaient se développer sur ce segment sans s’exposer à des poursuites.

L’exemple le plus concret est celui d’Hyperliquid, dont le protocole HIP-3 permet déjà à des tiers de déployer des contrats perpétuels sur n’importe quel actif. Lors de la crise du détroit d’Ormuz en mars, le DEX est devenu la seule bourse mondiale ouverte sur le pétrole un week-end, ce qui lui a valu une offensive coordonnée du CME et de l’ICE auprès des régulateurs. Une exemption bien encadrée leur offrirait précisément ce qui manque à ces plateformes : une légitimité réglementaire pour opérer sur des actifs traditionnels sans pression permanente de fermeture.

Pour les CEX, le calcul est plus direct encore. Des plateformes comme Coinbase disposent déjà des infrastructures de conformité nécessaires et pourraient intégrer des actions tokenisées dans leur offre sans enregistrement complet supplémentaire, un accès à un segment massif avec un ticket d’entrée considérablement réduit.

Quels droits pour les détenteurs d’actions tokenisées — dividendes, vote ?

La réponse dépend entièrement du modèle de tokenisation. Pour les tokens émis directement dans le cadre du pilote DTCC, comme ceux déjà autorisés sur le Nasdaq depuis mars et sur le NYSE depuis avril, les droits sont préservés à l’identique : même numéro CUSIP, mêmes droits de vote, mêmes dividendes.

Pour les tokens synthétiques émis par des tiers, c’est là que l’exemption pose une exigence explicite : les plateformes devront démontrer qu’elles transmettent ces droits ou délister le token. Le texte officiel, attendu dans les prochains jours sur sec.gov, dira précisément comment ce point sera contrôlé et sanctionné. C’est le nerf de la guerre pour déterminer si ces tokens ont une valeur réelle d’investissement ou s’ils ne sont que des instruments de spéculation sur le prix.

Quels sont les risques réels — et pourquoi le projet divise jusqu’au sein de la SEC ?

Le projet ne fait pas l’unanimité, ni dans les couloirs du régulateur, ni dans le secteur lui-même. Plusieurs hauts responsables de la SEC auraient exprimé leur désaccord, redoutant les effets d’une émission de tokens par des tiers sans accord des sociétés cotées.

Paradoxalement, Securitize, l’un des émetteurs les mieux placés pour profiter de cette ouverture, partenaire de BlackRock sur le fonds BUIDL, a estimé publiquement que permettre à des tiers de créer des tokens d’actions sans la permission des entreprises sous-jacentes « serait une erreur ». Une prise de position qui dit tout des lignes de fracture du secteur.

Les risques sont documentés. En cas de faillite du tokenisateur tiers, le porteur du token peut se retrouver simple créancier sans recours direct sur le titre sous-jacent. Mirror Protocol, qui proposait des actions synthétiques sur Terra avant le crash de 2022, l’a illustré brutalement, avec 90 millions de dollars volés et dissimulés aux utilisateurs pendant sept mois.

Le sandbox est une avancée réelle. Mais tant que le texte officiel n’est pas publié, les États-Unis restent dans cette course à la tokenisation avec un avantage structurel croissant sur l’Europe, à condition que les garde-fous annoncés soient à la hauteur des risques qu’ils sont censés encadrer.

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